Yeruldelgger – Ian Manook

Ian Manook - Yeruldelgger - Albin Michel

Yeruldelgger …? C’est le nom du héros, un commissaire violent au coeur tendre, qui va devoir résoudre avec sa rage et ses poings deux enquêtes, qui se déroulent entre la ville d’Oulan-Bator et les steppes étendues et mystérieuses de Mongolie.

La première enquête de Yeruldelgger concerne le corps d’une jeune enfant, enfoui à la va-vite dans la terre depuis cinq ans, à des kilomètres de la capitale mongole. La deuxième enquête semble être à connotation raciste : plusieurs chinois sont retrouvés émasculés, leurs testicules dans la bouche de prostituées locales, qui ont elles été pendues.

Difficile de se tromper, il ne s’agit pas d’un roman policier tendre ; âmes sensibles s’abstenir. La violence est présente dès les premières pages, et va s’accentuer au fur et à mesure. Et ce n’est pas seulement violent, c’est aussi dur et sanglant.

Au départ, ce polar est plein de promesses. Le personnage de Yeruldelgger est fascinant : homme blessé à vif depuis la mort de sa première fille, taiseux et empli d’une rage débordante, il entretient des rapports difficiles avec ses collègues, et plus que conflictuelles avec sa seconde fille. Ce personnage solitaire, compliqué et mystérieux, est un point fort de ce roman.

L’ambiance est également étonnante ; on y croise des personnages ancestraux qui parlent aux esprits, des yourtes dignes d’un livre de conte, des traditions irréelles qui enveloppent ce livre d’une atmosphère mystique, qui séduit.

Malheureusement, l’intrigue en elle-même ne tient pas vraiment la route, manque de crédibilité et les ficelles choisies par Ian Manook pour donner une cohérence à l’ensemble semblent exagérées et vraiment tirées par les cheveux. De ce point de vue, la fin est décevante. On oscille entre irréalisme et excès de créativité. L’excès de violence et d’action, assez proche d’un film d’action à l’américaine, au lieu de rattraper l’incohérence latente du roman, l’appuie et la renforce

Il n’en demeure pas moins que ce roman policier se lit facilement et très bien, et que les personnages, bien qu’un peu trop caricaturaux pour certains, restent plaisants et intéressants.

Aussi : l’avis d’Eva

Grand Prix des lectrices EllePrix SNCF du polar Grand Prix des lectrices ELLE 2014, Catégorie Policier
Prix SNCF 2014, catégorie Polar, et pleins d’autres prix …




Les premières lignes de Yeruldelgger :

Yeruldelgger observait l’objet sans comprendre. D’abord il avait regardé, incrédule, toute l’immensité des steppes de Delgerkhann. Elles les entouraient comme des océans d’herbe folle sous la houle irisée du vent. Un long moment, silencieux, il avait cherché à se convaincre qu’il était bien là où il se trouvait, et il y était bien.

La présentation de Yeruldelgger par l’éditeur Albin Michel :

Le corps enfoui d’une enfant, découvert dans la steppe par des nomades mongols, réveille chez le commissaire Yeruldelgger le cauchemar de l’assassinat jamais élucidé de sa propre fille. Peu à peu, ce qui pourrait lier ces deux crimes avec d’autres plus atroces encore, va le forcer à affronter la terrible vérité. Il n’y a pas que les tombes qui soient sauvages en Mongolie. Pour certains hommes, le trafic des précieuses « terres rares » vaut largement le prix de plusieurs vies. Innocentes ou pas.

Dans ce thriller d’une maîtrise époustouflante, Ian Manook nous entraine sur un rythme effréné des déserts balayés par les vents de l’Asie Centrale jusqu’à l’enfer des bas-fonds d’Oulan-Bator. Il y avait la Suède de Mankell, l’Islande d’Indridason, l’Ecosse de Rankin, il y a désormais la Mongolie de Ian Manook !

Nouveau ! En audio :

Ian MANOOK, Yeruldelgger
Parution : Septembre 2013 par Albin Michel

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(Dernière mise à jour : 06/06/2014)

10 réflexions au sujet de « Yeruldelgger – Ian Manook »

  1. J’ai failli être tentée après ton article sur la version audio, mais cette violence assumée ne m’inspire vraiment pas…. ô âme sensible que je suis !

    • C’est vrai que ce n’est pas la violence en tant que telle qui m’a dérangée, même si elle n’est pas toujours nécessaire. Mais je suis une âme (très) sensible aussi ;-)

  2. « incohérent » : tu as dit le mot! je n’ai pas aimé ce polar et je n’ai même pas été charmée par la Mongolie car j’ai trouvé que ça sonnait faux aussi… Dommage de finir sur ce roman ;-)

  3. la violence est là, d’ordinaire elle me gêne, mais là c’était tellement prenant que j’ai tout avalé d’un coup! Il y aura une suite d’ailleurs.
    Et puis j’aime bien la Mongolie…

  4. dommage, car comme tu le dis, il était plein de promesses…il ne me laissera pas un souvenir impérissable, même si j’ai aimé l’originalité du lieu d’action et l’atmosphère très particulière qui règne dans ce polar.

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