Yellow birds – Kevin Powers

Kevin Powers - Yellow birds - Livre de poche Coup de coeur !

Yellow birds, ou la vie détruite de deux jeunes américains. Kevin Powers raconte l’histoire de Bartle et Murph, qui se sont engagés jeunes dans l’armée, sans vraiment réfléchir, sans vraiment croire qu’ils se battraient un jour, sans vraiment croire qu’ils partirait au Moyen-Orient. L’un d’entre eux ne reviendra pas d’Irak, l’autre tentera de survivre, fantôme vivant dans une réalité qui n’est plus la sienne.

L’impression de réalité et de sincérité qui se dégage de Yellow Birds n’est pas factice. Kevin Powers est un ancien soldat, il a connu la guerre, ses traumatismes, il sait exactement de quoi il parle. Derrière Bartle, son alter ego en quelque sorte, il nous confie une partie de son être le plus profond, le plus abimé, le plus fragile. Jamais la rancœur ne prendra le dessus, mais le besoin de comprendre et de retrouver une communion avec la vie, la nature, la terre, loin des hommes et de leur trahison.

J’ai été profondément touchée par l’expérience de Bartle, par la franchise avec laquelle il se dévoile, se souvient, s’interroge sur le bien-fondé de cette guerre, de cette violence, sur l’humanité. Trop jeune pour vivre une telle expérience, il n’arrive pas à se raccrocher au quotidien, qui lui semble tellement vide et vain.

La force qui se dégage du texte est perturbante. L’émotion est présente, la violence également, mais Kevin Powers réussit à manier subtilement les mots pour que cette dernière soit rendue plus acceptable grâce à la beauté de ses phrases et de son style. Extrêmement bien écrit, derrière un roman, un témoignage poignant. Le ventre se serre, les larmes affleurent.

Pas d’excuse, même si vous n’aimez pas les romans sur la guerre, sur l’Irak, sur les soldats, il faut IMPERATIVEMENT lire ce premier roman. Vous allez le dévorer !

Prix Littéraires National Book Award 2012 – Finaliste
Prix Littéraire Le Monde 2013
Meilleur livre étranger Magazine Lire 2013


Le Mois americain

Lu dans le cadre du mois américain organisé par Martine.




Kevin Powers - Yellow birds - StockLes premières lignes :
(ou lire un extrait plus long)

La guerre essaya de nous tuer durant le printemps. L’herbe verdissait les plaines de Ninawa, le temps s’adoucissait, et nous patrouillions à travers les collines qui s’étendaient autour des villes. Nous parcourions les herbes hautes avec une confiance fabriquée de toutes pièces, nous frayant, tels des pionniers, un chemin dans la végétation balayée par le vent.

La présentation des éditions Stock :

Bartle, 21 ans, est soldat en Irak, à Al Tafar. Depuis l’entraînement, lui et Murph, 18 ans, sont inséparables. Bartle a fait la promesse de le ramener vivant au pays. Une promesse qu’il ne pourra pas tenir… Murphy mourra sous ses yeux et hantera ses rêves de soldat et, plus tard, de vétéran.
Yellow birds nous plonge au coeur des batailles où se déroule la vie du régiment conduit par le sergent Sterling. On découvre alors les dangers auxquels les soldats sont exposés quotidiennement. Et le retour impossible à la vie civile.
Kevin Powers livre un roman fascinant sur l’absurdité de la guerre, avec une force aussi réaliste que poétique.


Kevin POWERS
Yellow Birds
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par par Emmanuelle et Philippe Aronson
Stock, février 2013, 264 p.
Livre de poche, avril 2014, 240 p.
VO : 2012, The Yellow Birds

24 réflexions au sujet de « Yellow birds – Kevin Powers »

  1. En train de le lire, et en effet, ce livre est très bien ! Je ne suis également pas fan des livres sur la guerre, mais celui-ci est très enrichissant, et actuel. Quelle sensibilité, et quelle analyse des émotions de la part de l’auteur !
    Pour son deuxième roman, je suis curieuse de savoir sur quel sujet il portera (s’il en écrit un autre).

    • Kevin Powers était au Festival America et j’ai eu la chance de pouvoir l’entendre. Il est très affecté par son expérience de la guerre, mais on sent très bien sa retenue et sa grande sensibilité. Il a indiqué ne pas en avoir totalement terminé avec le sujet. Est-ce que ça veut dire que son prochain livre sera sur le même thème … A voir !

  2. Il y a longtemps que je veux le lire. En revanche j’ai été surprise quand ma nièce m’a appris que son prof l’avait choisi comme lecture obligatoire pour le bac français.

    • An bon ?! Je suis aussi surprise que toi. Pour le bac de français, on n’est pas supposé lire des livres écrits en français … ? Peut-être qu’en fait, ta nièce, elle avait juste très envie de le lire, et elle a trouvé ce stratagème ;-)

      • Non, dans le programme du prof il y a La religieuse de Diderot, Réparer les vivants de Kerangal et Yellow birds. Diderot c’est logique mais les deux autres m’ont surprise. Je ne comprends pas trop l’intérêt de ces deux romans dans le cadre du programme. Et même s’ils sont plutôt bons (d’après les critiques), je pense qu’il y a des œuvres littéraires plus intéressantes à étudier.

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