Watertown – Jean-Claude Götting

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Avec Watertown, vous entrez dans une bande dessinée enquête à la Götting, entourée d’un mystère extrêmement présent et sacrément bien rendu, qui vous tiendra jusqu’à la dernière page.

D’autant que l’ambiance étrange et le suspens s’installent dès les premières pages. Une disparition étrange à Watertown, Massachussetts. Lorsque Philip, assureur, va acheter son muffin quotidien, Maggie Laeger lui répond que « Non, demain, je ne serai plus là ». Le lendemain, Maggie a disparu, son mari M. Clarke est retrouvé mort dans sa cuisine.

Deux ans plus tard, par hasard, Philip croise Marie, qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Maggie … S’ensuit une succession de questions, de disparitions, de décès qui se regroupent tous autour de Maggie / Marie. Le doute grandit à chaque page et Philip ne peut s’empêcher de mener sa petite enquête.

Un scénario digne des meilleurs thrillers, des dialogues courts et percutants, Götting instaure une atmosphère inquiétante et mystérieuse de manière hyper efficace autour de cette disparition. Pourtant, l’action est presque absente. La narration est beaucoup axée sur les doutes, l’introspection, les ressentis et il s’en dégage une atmosphère vraiment flippante. Les personnages sont par ailleurs peu souriants, les regards sont souvent de biais, les échanges rarement sympathiques, on se dit que Philip ferait mieux de rester tranquille s’il ne veut pas que quelque chose lui arrive …

Et ce n’est pas tout. Les dessins aux couleurs grisâtres et bleutés, sur lesquels semble avoir été saupoudrés des grains de poussière ou de la cendre, comme de la saleté pas très nette, renforcent vraiment l’impression que cette histoire n’est pas claire du tout. La forme sert le fond de manière magistrale.

Sans oublier la beauté de cette Amérique qui semble sortie tout droit des années 1950/1960, avec une certaine classe dans la mise des personnages, dans les tenues, dans les échanges. Chaque page fouille dans l’intime avec un côté artistique très marqué. Cette histoire est presque une succession de tableaux. C’est beau, c’est simple, assez froid et distingué, sans surdose, mais avec la pudeur qui donne à cette atmosphère inquiétante un côté également un peu triste et mélancolique.

Pour ceux qui ont découvert Jean-Claude Götting à travers ses illustrations de certaines couvertures des traductions françaises de Harry Potter, n’hésitez vraiment pas à le découvrir dans son autre univers graphique policier, ça fonctionne à la perfection.

Bravo Götting, une belle réussite !

Prix Littéraire :
Sélectionné pour le Prix SNCF Polar 2017 – Catégorie BD


jean-claude-gotting-watertown-casterman-extrait-p-3La première page et la présentation de Watertown par Casterman :

La dernière fois que je vis Maggie Laeger, c’était un lundi matin. Je passais comme à mon habitude dans la pâtisserie de Monsieur Clarke pour y acheter un muffin que je mangerais sur le chemin du bureau. Lorsqu’en payant, je lançai « A demain, Maggie », elle répondit :
« Non. »
Demain, je ne serai plus là.


Jean-Claude GÖTTING
Watertown
Casterman, Janvier 2016, 96 pages.

12 réflexions au sujet de « Watertown – Jean-Claude Götting »

    • Je viens de lire ton avis. Oui, je comprends ce que tu dis du personnage, il a un côté un peu « mou ». C’est peut-être bien pour ça que cette BD n’a pas été un coup de coeur, car le reste m’a vraiment plu.

    • Je l’ai pris à la médiathèque également, et j’ai bien l’intention de découvrir ses premiers albums aussi, qui doivent également être disponibles.

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