Voici venir les rêveurs – Imbolo Mbue

imbolo-mbue-voici-venir-les-reveurs-belfond

Voici venus les rêveurs, directement du Cameroun, pour vivre dans l’Amérique et le New York de tous les possibles. Une famille aimante, pauvre et joyeuse, vite sans papier, tente le rêve américain et une vie nouvelle.

Le rêveurs, ce sont Jende, sa femme Neni et leur fils Liomi. Barack Obama n’est pas encore Président, Lehman Brothers ne s’est pas encore écroulé. Mais nous sommes au milieu des années 2000 et les changements sont en cours. Jende devient le chauffeur de Clark, l’un de directeur de Lehman Brothers, alors que Neni tente d’étudier en travaillant, notamment pour Cindy, la femme de Clark. Deux mondes opposés qui se cotoyent et vont tenter de se comprendre et de s’aider.

Très vite est apparue la crainte de lire un roman beaucoup trop édulcoré entre les gentils pauvres compréhensifs d’un côté, et les méchants riches indifférents de l’autre. Il faut dire que les personnages – comme certaines situations ou dénouements – sont très caricaturaux. Jende est noir, pauvre, sans culture et travaille pour un richissime américain sans peur et sans scrupule (du moins, c’est l’image initiale). Le début pouvait donc laisser craindre le pire.

Mais la crainte était infondée. Même si ce roman ressemble bien plus à une fable contemporaine qu’à un roman réaliste, Imbolo Mbue réussit à sortir de son schéma stéréotypé, à créer des relations humaines qui sont simplement belles et fortes, entre les deux hommes, mais aussi entre les deux femmes, entre les hommes simplement. Ce livre dégage une grande générosité, une grande pudeur, ainsi qu’une grande humanité, même si parfois, elle en fait un peu trop.

Plein de bons sentiments certes (mais pas que), ce premier roman au style fluide et accessible, sans être simpliste, est lumineux, rempli d’énergie positive, d’optimisme sur la vie, de joie de vivre, sur les hommes, sur tous les possibles. Parce que finalement, l’effondrement de la banque Lehman Brothers n’est pas un conte, pas plus que l’accession au pouvoir d’un homme noir au poste de Président des Etats-Unis.

Lecture commune partagée avec grand plaisir avec Béa Comète.
Lire aussi les avis aussi de Clara, Hélène, Joëlle, Jostein et Valérie.

Prix littéraires :
1ère sélection du Prix Femina 2016
1ère sélection du Prix FNAC 2016


Les premières lignes de Voici venir les rêveurs :
(Lire un extrait plus long)

On ne lui avait jamais demandé de porter un costume pour un entretien d’embauche. Jamais dit d’apporter un curriculum vitae. Une semaine plus tôt, il ne possédait d’ailleurs pas de curriculum, quand il s’était rendu à la bibliothèque à l’angle de la 34e Rue et de Madison Avenue et qu’un bénévole lui en avait rédigé un, détaillant son parcours afin de montrer qu’il était un homme aux grandes qualités :

La présentation de Voici venir les rêveurs par les éditions Belfond :

Drôle et poignante, l’histoire d’une famille camerounaise émigrée à New York. Porté par une écriture à la fraîcheur et à l’énergie exceptionnelles, un roman plein de générosité, d’empathie et de chaleur sur le choc des cultures, les désenchantements de l’exil et les mirages de l’intégration. Un pur joyau, par une des nouvelles voix afropolitaines les plus excitantes du moment.
L’Amérique, Jende Jonga en a rêvé. Pour lui, pour son épouse Neni et pour leur fils Liomi. Quitter le Cameroun, changer de vie, devenir quelqu’un. Obtenir la Green Card, devenir de vrais Américains.
Ce rêve, Jende le touche du doigt en décrochant un job inespéré : chauffeur pour Clark Edwards, riche banquier à la Lehman Brothers.

Au fil des trajets, entre le clandestin de Harlem et le big boss qui partage son temps entre l’Upper East Side et les Hamptons va se nouer une complicité faite de pudeur et de non-dits.

Mais nous sommes en 2007, la crise des subprimes vient d’éclater. Jende l’ignore encore : en Amérique, il n’y a guère de place pour les rêveurs…


Imbolo MBUE
Voici venir les rêveurs
Traduit de l’anglais (Cameroun) par Sarah Tardy
Belfond, Août 2016, 300 pages.
VO : 2016, Behold The Dreamers

15ème lecture du Challenge 1% Rentrée Littéraire 2016

13 réflexions au sujet de « Voici venir les rêveurs – Imbolo Mbue »

  1. Je n’ai vu que de bonnes critiques concernant ce roman. J’ai vu qu’il était sorti aussi en polonais, je commence déjà à faire ma petite liste des livres à acheter en Pologne, même si les vacances sont encore loin.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>