Victoria et les Staveney – Doris Lessing

Doris Lessing - Victoria et les Staveney - Flammarion

Victoria a 9 ans lorsqu’elle rencontre la famille Staveney, rencontre qui bouleversera sans qu’elle le sache son existence de petite fille noire. Orpheline d’un milieu social populaire, se sentant toujours de trop, elle arrêtera ses études et travaillera jeune pour acquérir son indépendance.

Quelques années plus tard, son chemin croisera celui de Thomas Staveney. Ils auront une liaison et la petite Marie naîtra de cette rencontre éphémère. Victoria décidera d’élever sa fille seule, sans en informer Thomas. Les aléas de la vie font qu’elle choisit, quand sa fille a 6 ans, de lui faire rencontrer sa famille paternelle.

Le sujet que Doris Lessing décide de traiter ici est celui des préjugés sociaux et raciaux dans la société anglaise, en mettant en scène des personnages de classes sociales et d’origines différentes. Si le sujet n’est pas nouveau, il reste toujours intéressant, et le rapport « femme noire » / « homme blanc » est ici assez systématisé.

Il ne faut pas être rebuter par le fait que Doris Lessing est Prix Nobel de littérature. Son style est très accessible, la lecture de ce petit roman est agréable et sans difficulté. Malgré tout, si j’ai apprécié cette lecture, j’ai été un peu déçue par le traitement de l’histoire, trop brève, trop rapide, en me laissant l’impression que cette concision n’avait pas permis de traiter le sujet de manière assez approfondie. Les personnages m’ont semblé un peu trop survolés et manquer un peu de substance. En fait, je m’attendais à un peu plus de profondeur intime et psychologique.

Je suis donc restée un peu extérieure à cette histoire, comme s’il s’agissait d’une esquisse de tableau, et qu’il m’avait manqué la version finale et aboutie, avec des sentiments plus développés.

Je n’ai lu qu’un seul autre livre de Doris Lessing, Les grands-mères, qui m’avaient également laissé une impression similaire.


Les premières lignes de Victoria et les Staveney :

La cour de récréation était déjà plongée dans une ombre glacée. En arrivant au portail, les gens regardaient dans la direction d’où s’élevaient les voix de deux groupes d’enfants. Il était malaisé de distinguer qui était qui.

La 4e de couverture des éditions Flammarion :
(ou lien direct site Flammarion)

Victoria n’a jamais oublié sa rencontre, à l’âge de neuf ans, avec une riche famille blanche, les Staveney. Ce souvenir entêtant la poussera, des années plus tard, à entamer une liaison avec leur fils, Thomas. De cette histoire naîtra Mary, petite fille à la peau claire et au sourire radieux. En adoration devant l’enfant, les Staveney proposent de l’accueillir chez eux de plus en plus souvent. Victoria, toute à la réalisation de la chance que représenterait une telle éducation pour sa fille, n’imagine pas quelles conséquences aura sa décision. La grande dame des lettres anglaises revient sur ses thèmes de prédilection : le racisme, l’hypocrisie, l’ambition. Un regard sans concession et d’une incroyable modernité sur notre époque.


Doris LESSING
Victoria et les Staveney
Traduit de l’anglais par Philippe Giraudon
Flammarion, mars 2010, 150 pages
VO : 2008, Victoria and the Staveneys

18 réflexions au sujet de « Victoria et les Staveney – Doris Lessing »

  1. Tu es restée sur ta faim, c’est dommage. Mais bon, on dit jamais deux sans trois alors tu tenteras peut-être à nouveau ta chance avec cette auteure, qui sait.

  2. J’ai lu ce roman il y a quelques années, et je partage un peu ton avis, le roman est trop court, le développement manque donc un peu d’aboutissement.

  3. Je ne suis pas une grande fan de Doris Lessing. Après trois lectures qui ne m’ont guère enthousiasmée j’en ai conclu que ce n’était pas pour moi.

    • Je ne vais pas m’avouer vaincue après deux lectures, je vais aussi en tenter trois. Comme j’ai préféré ma 2e tentative à ma première, peut-être que la troisième sera la bonne ?!

  4. Je n’avais pas aimé Les grands-mères. Par contre, j’adore Le cinquième enfant (qu’il faut peut-être davantage étudier que lire pour l’apprécier à sa juste valeur) que j’ai cette année encore fait étudié à mes élèves de Terminales L et que certains ont chois de présenter à l’épreuve du bac.

  5. J’avais lu également Les grands-mères et comme toi, il y a quelque chose chez Lessing qui me laisse toujours une sensation étrange – mais sinon j’ai entendu parler de ce roman et si je le croise en BM ..

    • Il existe une espèce de détachement par rapport au sujet, qui décontenance un peu, d’autant que les sujets abordés sont loin d’être superficiels.

  6. Je n’ai pas été complètement convaincue par ce texte, un peu trop bref pour un tel sujet. Et je n’ai guère apprécié l’écriture de Doris Lessing, trop froide à mon goût.

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