Vernon Subutex 2 – Virginie Despentes

Virginie Despentes - Vernon Subutex T.2 - Grasset

Après Vernon Subutex 1, voici Vernon Subutex 2 le retour. On l’avait quitté SDF, ses amis assez loin et les enregistrements d’Alex Bleach encore mystérieux. On le retrouve toujours SDF, ses amis ont décidé de le retrouver, et la vérité d’Alex Bleach est prête à éclater.

Si l’on retrouve tout de suite le personnage de Vernon, c’est pour le perdre assez rapidement, au profit du portrait des personnages et amis qu’il avait croisés quand il était en galère. Cela peut déboussoler un peu au début, mais c’est très temporaire.

En effet, ce 2e opus est un peu différent du premier, les personnages étant déjà posés (mais le petit rappel en début de volume ne fait pas de mal). La narration est moins linéaire, et si Vernon Subutex reste le fil directeur, il est surtout le point central autour duquel des portraits sociaux vont se dessiner. Le livre ressemble plus à une succession de chapitres décrivant les histoires personnelles et parallèles des autres personnages, des tranches de vie et d’expériences individuelles, qu’à l’histoire de Vernon lui-même. On dirait finalement qu’il n’est que l’excuse.

Cela donne à ce volume côté assez fragmentaire qui peut laisser le lecteur un peu plus en dehors de l’histoire globale, mais ce qui reste absolument fascinant, c’est la capacité hallucinante de Virginie Despentes à décrire le monde contemporain, dans une multitude de directions très variées, tout en gardant toujours un côté « gaucho » et « rock » très marqué, vif et claquant à chaque page. Tout ça se passera principalement dans le XIXe arrondissement de Paris, dans le parc des Buttes-Chaumont et autour du fameux Rosa Bonheur (Bar branché pour les non parisiens).

Le factuel et les événements ont ici moins de place que l’introspection et la réflexion, voire l’analyse (ou critique) psychologique et sociale. Finalement, c’est presque politique. Le rythme n’est pas moins lent, il reste toujours rapide, d’une grande densité avec un vocabulaire direct et percutant. Vraiment, Virginie Despentes excelle dans le maniement choc et acerbe des idées et des pensées.

Cette suite est vraiment réussie – ce qui n’est pas toujours gagné avec un n°2. Alors, il ne reste plus qu’à attendre le troisième et dernier volume !

Lire les avis de Clara, Papillon, Eva

Les premières lignes :

Vernon attend qu’il fasse nuit et qu’autour de lui toutes les fenêtres se soient éteintes pour escalader les grilles et s’aventurer au fond du jardin communautaire.

La 4e de couverture des éditions Grasset :
(ou lien direct site Grasset avec une présentation et des citations partiellement différentes)

« Magistral et fulgurant. Une oeuvre d’art »
François Busnuel, L’Express
« Rarement le lecteur s’émouvra pour une telle galaxie de personnages. »
Thomas Mahler, Le Point
 » Un roman ultraserré, nerveux, dense, en forme de vrai-faux polar. Une formidable cartographie de la société française contemporaine. »
Nelly Kaprièlian, Les Inrockuptibles
« Un retour explosif, pour notre plus grand bonheur »
Didier Jacob, L’Obs
« On se doutait que Despentes pouvait écrire une grande fresque, mais on ne savait pas qu’elle y parviendrait avec une telle grâce. »
Frédéric Beigbeder, Le Figaro magazine
« Vernon Subutex est le meilleur roman qu’ont ait lu cette rentrée »
Marion Ruggieri, Elle
« Dans cette peinture d’une France qui dégringole dans la haine et la précarité, Virginie Despentes touche au sommet de son art »
Alexis Brocas, Le Magazine Littéraire
« Une comédie humaine d’aujourd’hui dont Balzac pourrait bien se délecter. »
Pierre Vavasseur, Le Parisien
« Des pages violentes et veloutées comme de la soie déchirée. »
Marie-Laure Delorme, Le JDD
« Précis, drôle et sans concession »
Raphaëlle Leyris, Le Monde
« Une formidable radioscopie, rapide, âpre, crue, fourmillante, proliférante, et surtout remarquablement incarnée »
Nathalie Crom, Télérama

Virginie DESPENTES
Vernon Subutex 2
Grasset, Juin 2015, 384 pages

20 réflexions au sujet de « Vernon Subutex 2 – Virginie Despentes »

      • Moi aussi j’ai prefere le 1, mais il y a toujours ces pages coup de poing que j’ai adorées dans le 1, qui percutent, qui dérangent et qui te poursuivent encore longtemps après..,alors je lirai le 3…et même je me précipiterai pour l’acheter!

        • Anne, nous serons deux à nous précipiter pour l’acheter, et retrouver ces pages coup de poing comme tu le dis si bien. Il me semble qu’elle a quand même pris un peu de retard par rapport au timing de parution annoncé au départ ;)

    • Moi aussi, j’ai préféré le 1er, mais une fois rentrée dans le livre, je n’arrivais plus à m’en détacher quand même, alors bon, le 3, je serai bien contente de le lire ;-)

    • Je pense que c’est en effet mieux de lire les deux, même si franchement, je pense que le 2 peut se lire seul. Comme ce sont surtout d’autres histoires qui sont développées, il me semble que le livre peut se lire indépendamment. Bon, cela gâche un peu le principe de la saga ou de la trilogie …

  1. Ça fait des semaines que je tergiverse, je n’aime pas Virginie Despentes, mais j’ai très envie de cette trilogie ! Est-ce aussi trash que d’habitude ?

    • Je me permets de répondre ;) j’ai lu tous les Despentes, et non ça n’a plus rien à voir avec le très trash de Baise Moi ou le glauque des Chiennes Savantes…c’est rock n roll, mais très bien écrit, et pas du tout vulgaire ou dérangeant

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