Vent d’est, vent d’ouest – Pearl Buck

Pearl BUCK - Vent d'est, vent d'ouest - Livre de poche Coup de coeur !

La lecture de Vent d’est, vent d’ouest est un enchantement. Il s’agit du premier roman de Pearl Buck, Prix Nobel de littérature 1938. Elle évoque avec finesse, à travers l’image de deux couples, l’influence de l’occident, les différences culturelles et le poids des coutumes dans la Chine des années 1930. C’est passionnant !

On entre dans ce livre immédiatement. L’héroïne et la narratrice, Kwei-Lan, est mariée à un homme qu’elle ne connait pas, une décision de ses parents issus de la noblesse depuis plusieurs années. C’est normal à cette époque. Sauf que son mari a suivi des études en Occident, qu’il désapprouve plusieurs coutumes chinoises qu’il considère rétrograde et ancestrale. Les pieds bandés parmi d’autres.

Kwei-Lai est désorientée, elle se confie, comme dans une longue lettre à une amie. On entre dans ses pensées, dans ses réflexions les plus intimes, avec la réserve chinoise dont elle est emprunte. On la voit souffrir, essayer de comprendre ce mari qui, bien que chinois, souhaite que sa femme soit différente, plus spontanée, plus naturelle, moins en retenue, bref, à l’opposé de son éducation et de toutes les valeurs qui lui ont été inculquées.

Ce livre est envoûtant, certainement aussi car Pearl Buck connait parfaitement son sujet. Elle a vécu en Chine quand elle était enfant, est ensuite retournée aux USA pour suivre des études, avant de repartir en Chine. C’est d’ailleurs là-bas qu’elle se marie et prend le nom de son mari américain, BUCK (elle est née Sydenstricker). Elle comprend donc parfaitement cette mentalité de l’Empire du Milieu, son histoire, l’importance de coutumes, le poids du passé, l’influence des ancêtres.

Et puis, Pearl Buck ne réussit pas seulement le portrait de Kwei-Lan, sa narratrice, elle dépeint aussi avec délicatesse d’autres portraits féminins, la mère, qui ne peut sortir de son rôle et de ses croyances, les autres épouses du mari, la femme américaine de son frère. Tous souffrent et se débattent avec ce choc culturel orient occident qui les dépasse.

Je suis entrée dans ce roman immédiatement, avec le souvenir adolescent et lointain, mais encore très positif et marquant de L’Impératrice de Chine, ma première lecture de Pearl Buck, et j’en ressors avec une furieuse envie de repasser un moment avec cette Impératrice de Chine, de découvrir Terre Chinoise, la trilogie chinoise de Pearl Buck, et d’autres de ces livres.

Une merveille de lecture que je partage avec Béa Comète.

Prix littéraire :
Prix Nobel de littérature 1938


Les premières lignes :

Je puis vous raconter ces choses, à vous, ma soeur. Je ne saurais en parler avec l’un des miens, car il ne se ferait aucune idée de ces contrées lointaines où mon mari a passé douze ans, et je ne me sentirais pas libre non plus auprès de ces étrangères qui ne connaissent ni mon peuple ni notre manière de vivre depuis l’Ancien Empire.

La présentation des éditions livre de poche :

Années 1920. Kwei-Lan « vient d’être mariée », sans le connaître, à un jeune Chinois auquel elle a été promise avant même sa naissance. Ce Chinois revient d’Europe, il a oublié la loi de ses ancêtres, il ne respecte ni les coutumes ni les rites…
Le frère de Kwei-Lan, l’héritier mâle, dépositaire du nom et des vertus de la race, qui vient de passer trois ans en Amérique, annonce son mariage avec une étrangère ; il revient avec elle…
À travers les réactions des membres de cette famille de haute condition où l’attachement aux traditions, le culte des ancêtres, l’autorité du père et de la mère n’avaient encore subi aucune atteinte, la grande romancière Pearl Buck nous fait vivre intensément le conflit souvent dramatique entre la jeune et la vieille Chine.


Pearl BUCK (1892 – 1973)
Vent d’est, vent d’ouest
Traduit de l’anglais par Germaine Delamain
Livre de poche, janvier 1972, 160 pages.
Editeur d’origine : Stock, 1932
VO : 1930

16 réflexions au sujet de « Vent d’est, vent d’ouest – Pearl Buck »

  1. Je l’avais lu adolescente mais je n’en ai plus guère de souvenir. Je me rappelle juste que je l’avais apprécié mais peut-être faudrait-il le relire car en 34 ans, j’ai dû changer :-)

    • J’en déduis donc qu’en 30 ans, je n’ai pas changé. Je l’ai aimée adolescente, je l’aime toujours.
      Ca c’est une bonne nouvelle, c’est bon pour le moral ;-)

  2. Comme beaucoup je l’ai lu il y a fort longtemps, et dévoré, si bien que je l’ai récupéré lors du désherbage de la Médiathèque l’année dernière en me promettant d’y remettre le nez un de ces jours.

    • J’adore le concept du « désherbage » de la Médiathèque ;) Ca aide pour trouver Pearl Buck, parce que ce n’est pas toujours évident de trouver sur les étages des bibliothèques plusieurs de ces livres.

  3. Je n’ai jamais lu Pearl Buck, je pense que c’est un tort mais ça me fait un peu peur, puisque c’est un coup de coeur, je le note, si un jour je m’y mets je commencerai par celui-ci, le sujet m’a l’air intéressant.

    • Il ne faut pas du tout avoir peur de Pearl Buck, c’est vraiment très accessible. Ce n’est pas du tout un style « Prix Nobel » illisible, bien au contraire. C’est romanesque et fluide comme on aimerait en lire souvent :-)

  4. Je n’ai toujours pas lu un livre de Pearl Buck alors que je vois son nom régulièrement sur les blogs. Il faudrait vraiment que je me décide à la découvrir. Je note ton coup de coeur !

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