Une vie sans fin – Frédéric Beigbeder

Frédéric Beigbeder - Une vie sans fin - Grasset

Frédéric Beigbeder décide de devenir immortel. Qui n’a jamais pensé à l’éternité … Lui, va beaucoup plus loin, il ne va pas se laisser faire, il agit. La mort s’arrêtera à lui, sa compagne et sa fille, un point c’est tout.

Beigbeder s’engage donc dans une enquête médico-génético-futuriste. Derrière cette idée fantasque et cet égocentrisme affiché (qui est en même temps un peu sa marque de fabrique), Beigbeder touche LE sujet existentiel avec humour, entêtement, même si on aimerait parfois qu’il s’efface un peu plus, même si on aimerait parfois qu’il agace un peu moins.

Il n’en demeure pas moins que Beigbeder a le chic pour tenir des propos légers et drôles, rendre son rôle de père attachant, sa fille craquante, ses frasques masculines et allusions sexuelles caricaturales et futiles. Il a cinquante ans, il s’inquiète de vieillir, il s’interroge en devenant père, on ne va pas lui en vouloir. Et puis, soyons clair, vieillir, le sujet concerne tout le monde. A un certain âge, il nous concerne de plus en plus.

Outre des envolées sublimes sur les selfies et autres déviances de l’égo et de l’image à tout va de la société actuelle, Beigbeder fournit des informations intéressantes et époustouflantes sur l’état des recherches scientifiques, des tests et études qui sont effectués aujourd’hui. Sachez-le, il existe des choses possibles qui sont proposées « pour de vrai » contre la vieillesse. On se croirait dans un autre monde, on a du mal à admettre que cela existe vraiment …

Si c’est parfois un peu technique même en version vulgarisée (peut-être que pour les scientifiques, tout est limpide …), son approche est marrante, intéressante, vraiment étonnante, voire même un peu inquiétante. Le ton reste toujours léger, ironique, et tout en se moquant gentiment notre société moderne, du culte de l’auto-promotion, de la jeunesse à tout prix, il réussit aussi à se moquer de lui-même avec justesse autour du thème de la célébrité, tout en dressant une très jolie relation père/fille.


Les premières lignes :
(Lire un extrait plus long)

Si le ciel est dégagé, on veut voir la mort toutes les nuits. Il suffit de lever les yeux. La lumière des astres défunts a traversé la galaxie. Des étoiles lointaines, disparues depuis les millénaires, persistent à nous envoyer un souvenir dans le firmament.

La présentation des éditions Grasset :

« La vie est une hécatombe. 59 millions de morts par an. 1,9 par seconde. 158 857 par jour. Depuis que vous lisez ce paragraphe, une vingtaine de personnes sont décédées dans le monde – davantage si vous lisez lentement. L’humanité est décimée dans l’indifférence générale.
Pourquoi tolérons-nous ce carnage quotidien sous prétexte que c’est un processus naturel ? Avant je pensais à la mort une fois par jour. Depuis que j’ai franchi le cap du demi-siècle, j’y pense toutes les minutes.
Ce livre raconte comment je m’y suis pris pour cesser de trépasser bêtement comme tout le monde. Il était hors de question de décéder sans réagir. » F. B.

Contrairement aux apparences, ceci n’est pas un roman de science-fiction.


Frédéric BEIGBEDER
Une vie sans fin
Grasset, janvier 2018, 360 pages

RL2018 n°4 – Challenge rentrée littéraire janvier 2018

8 réflexions au sujet de « Une vie sans fin – Frédéric Beigbeder »

  1. Je suis partagée sur cet homme, il m’agace parfois, parfois non, son côté bobo parisien me hérisse le poil et du coup, je n’ai jamais été tentée de lire ses romans.

    • Il reste malgré tout cela – que je ressens également – un type brillant, et je reste persuadée que c’est quelqu’un de très sympa en dépit de l’image qu’il veut donner de lui.

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