Une disparition inquiétante – Dror Mishani

Dror Mishani - Une disparition inquiétante - Points

Dans une banlieue juive de Tel-Aviv, à Holon, la mère d’Olef Sharabi vient déclarer la disparition « inquiétante » de son fils. Un adolescent de 17 ans en retard est chose finalement courante. Rien ne presse. Mais Olef ne rentrera pas, et rapidement, cette absence se transforme vraiment en une disparition inquiétante.

Mais tout d’abord, pas de précipitation inutile. La première réaction de l’inspecteur Avraham Avraham (non, non, ce n’est pas une erreur) est d’abord d’expliquer à la mère inquiète nonchalamment pourquoi il n’existe pas de littérature policière en Israël : « parce que chez nous, on ne commet pas de tels crimes ».

N’est-ce pas une bonne raison pour de ne pas enquêter ? Cela augure parfaitement de son enthousiasme à travailler. En effet, il vaut mieux être prévenu, on est loin du polar haletant, rapide, avec une tension à son maximum. L’enquête n’avancera pas vite, et le dénouement n’arrive qu’à la dernière ligne pour une raison très simple : l’inspecteur est à l’image de son enquête. Il est mou, pas très vif, ni très efficace, disons-le, pas très compétent.

Il faut donc accepter de lire un policier, dans lequel l’inefficacité de l’enquête est la raison principale de la non-résolution de l’intrigue. Or, cette idée de construction ne m’a pas convenue. De plus, dans son costume d’anti-héros, Avraham Avraham ne m’a inspiré aucune sympathie. Son caractère qui manque un peu de substance n’a donc pas été une voie de compensation. Restait le personnage du voisin, très présent. Mais ses traits de caractères bien que plus prononcés, ne permettent pas de dessiner un individu vraiment crédible pris dans sa globalité.

Sinon, l’écriture du roman est plutôt agréable et je reste malgré tout intriguée par ce personnage d’inspecteur, dont on ne connait finalement pas grand chose. Peut-être qu’il sera un peu plus fouillé dans les volumes à venir, car Une disparition inquiétante est le premier volume d’une série policière.

Voir aussi l’avis beaucoup plus enthousiaste d’Eva.

Les premières lignes d’Une disparition inquiétante :

Face à lui était assise une mère. Encore une.
Il en avait déjà eu deux pendant son service. La première avait sans doute fait un enfant trop tôt mais elle était très jolie. Elle portait un tee-shirt blanc moulant qui révélait de magnifiques clavicules, et tenait à déposer une plainte parce que son fils avait été tabassé à la sortie de l’école.

Dror Mishani - Une disparition inquiétante - Seuil PolicierLa présentation par les éditions du Seuil :
(ou lien direct site du seuil)

Ofer Sharabi n’est pas rentré de l’école.
Le commandant Avraham Avraham, alerté par la mère d’Ofer, n’est pas plus inquiet que ça : les adolescents fuguent volontiers.
Quelques jours plus tard, après l’enquête de routine et une battue infructueuse dans le quartier de Holon où vit la famille Sharabi, il faut se rendre à l’évidence : il s’agit bien d’une « disparition inquiétante ». Le policier, rongé par ses problèmes existentiels, est loin d’aborder l’affaire avec sérénité et lucidité. Il n’a même pas repéré le comportement étrange de Zeev, le voisin prof d’anglais qui donnait des cours particuliers à Ofer.
Dans cette banlieue modeste de Tel-Aviv, chacun a quelque chose à cacher. Et Avraham Avraham se révèle être un enquêteur des plus atypiques. Il faut dire qu’en Israël, selon lui, les tueurs en série, les enlèvements sordides ou autres crimes spectaculaires, ça n’existe pas.

Une disparition inquiétante, premier titre d’une série traduite dans une quinzaine de pays, ne ressemble à aucun autre ouvrage du genre : le suspense oppressant, la construction singulière et la subtilité de l’analyse psychologique le placent d’emblée parmi les incontournables.

Dror MISHANI
Une disparition inquiétante
Traduit de l’hébreu par Laurence Sendrowicz
Seuil Policier, Mars 2014, 322 pages
Points, Mars 2015, 378 pages

16 réflexions au sujet de « Une disparition inquiétante – Dror Mishani »

  1. je suis en ce moment même en train de le lire et j’avoue ressentir la même chose : celle d’aller nulle part. J’en suis à la moitié mais je vois peu à peu l’intrigue me filer entre les doigts avec effectivement un antihéros peu attachant dans le mauvais sens du terme.

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