Underground Railroad – Colson Whitehead

Colson Whitehead - Underground Railroad - Albin Michel

Prix Pulitzer 2017, National Book Award 2016, Underground Railroad ne laisse pas indifférent. Son personnage central, Cora, est une jeune esclave de caractère qui a soif de liberté et va réussir à s’évader de Georgie. Aller ailleurs, vers le Nord de préférence. Finalement, elle ira où le chemin la mène.

Underground Railroad fait partie de ces grands romans américains, composés de personnages complexes, de destinées inattendues, de rencontres perpétuelles, de joies et de déceptions. Ils sont marquants parce qu’ils ont une forte existence romanesque, sont aventureux et courageux, ils reflètent les héros de l’Histoire Américaine (Souvenez vous du magnifique roman Le fils, de Philip Meyer par exemple).

L’histoire de Cora est ici axée autour du chemin de fer clandestin, inaccessible et introuvable, entre rêve et réalité, fer de lance de tous les espoirs et de tous les possibles. C’est lui qui, par ses dédales et ses gares plus ou moins fantastiques permet de « glisser » d’un endroit à l’autre, d’une communauté à l’autre. Parfois, d’une horreur à une autre.

La petite info : Le terme « Underground Railroad » désigne, dans l’histoire américaine, l’ensemble des routes, cachettes et personnes qui ont aidé les esclavages à retrouver leur liberté et à fuir. C’est donc ici une métaphore, une allégorie qu’utilise l’auteur.

Colton Whitehead reste pourtant bien ancré dans la réalité. Il décrit des Etats divers, des modes de fonctionnement et des pensées différentes. Du racisme le plus pur, à la presque égalité. L’esclavage du XIXe siècle est toujours présent.

Son écriture est claire et dense, sa ligne narratrice prenante (même si, c’est le petit bémol, certaines longueurs et un petit train train se sont parfois fait ressentir), ses descriptions très visuelles et ses références historiques classe ce roman très marquant aux côtés des grands voyages, des grands romans d’apprentissage, des grands romans d’aventures, avec une traque, une chasse à l’esclave, des inquiétude et des espoirs. Un bon pavé américain écrit avec une belle plume.

Lecture partagée avec Marjorie .

Prix Littéraire :
Prix Pulitzer 2017
National Book Award 2016
Sélection du Prix du Roman FNAC 2017
Sélection du Prix Fémina 2017
Sélection du Prix Médicis 2017
Sélection du Prix JDD/France Inter
Sélection du Prix du meilleur livre étranger

En savoir un peu plus sur Colson Whitehead :
Né à New York en 1969, Colson Whitehead fut d’abord chroniqueur pour The Village Voice. Il a déjà publié cinq romans en France chez Gallimard, avant de publier Underground Railroad, son 6e roman, aux éditions Albin Michel.


Les premières lignes de Underground Railroad :
(Lire un extrait plus long)

La première fois que Caesar proposa à Cora de s’enfuir vers le Nord, elle dit non.
C’était sa grand-mère qui parlait à travers elle. La grand-mère de Cora n’avait jamais vu l’océan jusqu’à ce jour lumineux, dans le port de Ouidah, où l’eau l’avait éblouie après son séjour dans les cachots du fort.

La présentation des éditions Albin Michel :

Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d’avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu’elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Lorsque Caesar, un esclave récemment arrivé de Virginie, lui propose de s’enfuir, elle accepte et tente, au péril de sa vie, de gagner avec lui les États libres du Nord.
De la Caroline du Sud à l’Indiana en passant par le Tennessee, Cora va vivre une incroyable odyssée. Traquée comme une bête par un impitoyable chasseur d’esclaves qui l’oblige à fuir, sans cesse, le « misérable cœur palpitant » des villes, elle fera tout pour conquérir sa liberté.


Colson WHITEHEAD
Underground Railroad
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Serge Chauvin
Albin Michel, Août 2017, 416 pages.
VO : Underground Railroad

12 réflexions au sujet de « Underground Railroad – Colson Whitehead »

  1. L’histoire est hyper forte mais il m’a manqué ce truc en plus pour adhérer complètement à l’histoire et aux personnages. Mais c’est un indispensable à lire, c’est certain.

  2. On dirait qu’on n’a pas lu le même roman… J’ai apprécié son aspect historique et le choix de l’auteur de symboliser le réseau d’aide aux esclaves par un chemin de fer souterrain mais j’ai été déçue par l’écriture. Je me suis demandée si la traduction y était pour quelque chose (je l’ai lu en polonais). J’ai eu du mal aussi à m’attacher à Cora malgré tout ce qu’elle avait subi.

    • Je n’ai pas eu de problème avec le style, je l’ai trouvé bien écrit, mais il m’a manqué parfois une tension dramatique et un ressenti émotionnel (je comprends quand tu dis que tu as eu du mal à t’attacher à Cora). Ce qui explique mes impressions de « train train » et les longueurs. Pourtant, quand j’ai rédigé mon billet, je n’ai pas eu envie d’insister sur ces points. J’ai constaté que j’avais été marquée involontairement de façon importante par ce livre et cette histoire, qui revient souvent à mon esprit.

  3. J’en parle demain. Encore une fois nos avis divergent ! Je n’ai pas vraiment apprécié les personnages, j’ai trouvé que l’histoire manquait d’originalité en dehors de cette matérialisation du chemin de fer clandestin dont je n’ai pas compris l’intérêt.

    • Ce livre m’avait laissé un avis un peu plus mitigé à la fin de ma lecture, lié au manque d’émotion ressenti. J’ai attendu un peu avant de rédiger mon billet. Je me suis alors rendue compte que les personnages et l’histoire m’avaient marquée bien plus que ce que je croyais, que je pensais souvent à ce livre, à ce chemin de fer, à Cora.

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