Un travail comme un autre – Virginia Reeves

Virginia Reeves - Un travail comme un autre - Stock

Roscoe T Martin est électricien, Un travail comme un autre, pour Virginia Reeves. Mais pas vraiment dans les années 1920, au début de l’électricité. Pour sa femme, Roscoe changera de métier, deviendra – à regret – exploitant de la ferme familiale. Quand la possibilité de détourner la ligne électrique pour en faire bénéficier la ferme se présente, il sautera sur l’occasion. Il n’avait pas prévu la mort d’un homme.

Roscoe se retrouve en prison, presque par hasard. Coupable de vol et d’homicide, en une journée, il est condamné à une peine de vingt ans, et se retrouve le lendemain à la prison de Kilby. Sa vie en sera à jamais transformée, comme celle de sa famille.

Ce premier roman est une réussite. La transformation de la vie de Roscoe se lit d’une traite, dans un souffle, jusqu’à son emprisonnement. L’ambiance qui est alors retranscrite nous transporte parfaitement sur les terres isolées de la ferme, en Alabama, on s’y croirait. Mais Virginia Reeves réussit également la description et l’ambiance au sein de la prison. Roscoe est le seul qui sait lire. Il va trouver un peu de souffle auprès de la librairie, auprès de laiterie, mais beaucoup moins, mais a-t-il le choix, aux côtés des chiens. Car à cette époque, les hommes tentent souvent de s’évader. Pour les retrouver, c’est la chasse à l’homme, avec des chiens dressés pour retrouver, blesser, voire tuer.

La psychologie de Roscoe est bien décrite, ce personnage masculin autour de qui tourne le livre est attachant, il est rempli d’espoir, pense à sa vie d’avant, sa famille, son métier d’électricien qu’il aime et qu’il a, d’une certaine façon, perdu.

Cette reconstruction d’un être est parfaitement maîtrisée, et en même temps, est très belle également. Je ne vous dit pas tout, mais la narration est bien ficelée, l’écriture vous porte sans fausse note, d’une manière forte et prenante, aussi bien dans les descriptions, les dialogues, les pensées que dans cette époque américaine des grands changements.

Un premier roman à découvrir. Virginia Reeves sera présente au Festival America 2016 à Vincennes.

L’avis de Cathulu.

Le Mois americain

Lu dans le cadre du mois américain organisé par Martine.



Prix Littéraires
Prix Page / America 2016 – Lauréate




Les premières lignes :

Le transformateur électrique qui un jour, allait tuer George Haskin était perché en haut d’un poteau, dans l’angle nord-est de la ferme où Roscoe T Martin vivait avec sa famille.

La présentation des éditions Stock :

« On naît avec quelque chose dans les veines, pour mon père, c’était le charbon, pour Marie, c’est la ferme, pour moi un puissant courant électrique. »

Roscoe T Martin est fasciné par cette force plus vaste que tout, plus grande que lui, qui se propage avec le nouveau siècle : l’électricité. Il s’y consacre, en fait son métier. Un travail auquel il doit pourtant renoncer lorsque Marie, sa femme, hérite de l’exploitation familiale. Année après année, la terre les trahit. Pour éviter la faillite, Roscoe a soudain l’idée de détourner une ligne électrique de l’Alabama Power. L’escroquerie fonctionne à merveille, jusqu’au jour où son branchement sauvage coûte la vie à un employé de la compagnie..

« Un premier roman exceptionnel, porté par une langue sincère, directe et suave. »
Kevin Powers.

« L’univers de ce roman exquis – les années 1920, en Alabama – ne m’a pas quittée depuis que je l’ai refermé. C’est magnifique, douloureux, original, et si juste dans ses moindres détails. Touffu, plein de terreur et de beauté. » Fiona McFarlane

« C’est assurément un travail pas comme les autres en ce que l’humanité et l’optimisme survivent même dans les endroits les plus sombres – la cellule d’un pénitencier, la galerie d’une mine, la décomposition d’un mariage et la terre impitoyable. » Jim Crace


Virginia REEVES
Un travail comme un autre
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Carine Chichereau
Stock, Août 2016, 344 pages.
VO : Work Like Any Other

4ème lecture du Challenge 1% Rentrée Littéraire 2016

12 réflexions au sujet de « Un travail comme un autre – Virginia Reeves »

  1. Je l’avais repèré dans le magazine Page et tu enfonces le clou ! Je ne sais pas si j’aurais l’occasion de la voir au Festival America mais je le note avec envie !

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