Un notaire peu ordinaire – Yves Ravey

Yves Ravey - Un notaire peu ordinaire - Mdouble

Le cousin Freddy n’était qu’une photo de l’album de famille pour les enfants Rebernak. Enfin, c’était aussi un homme à qui il était interdit de parler s’il se pointait un jour, un homme qui ne savait à peine lire et écrire, un homme à éviter à tout prix, sans savoir vraiment pourquoi d’ailleurs.

Mais lorsqu’il sonne un soir à la porte, il devient pour Martha Rebernak, veuve et mère avant tout, quelque chose qui ressemble fort à son pire cauchemar.

Freddy avait pourtant annoncé sa venue un mois plus tôt. N’ayant nul part où aller, il arrive pour se loger, pour vivre quelque temps avec eux avant de trouver un travail et se fixer. Freddy, très grand, les bras tatoués et inquiétant, ne revient pas de vacances. Il sort de prison où il vient de purger une longue peine pour pédophilie.

Franchement, il est difficile de ne pas penser au Freddy de Wes Craven, et de ne pas voir en lui une terreur ambulante.

Martha Rebernak ne pense alors qu’à une chose, protéger ses enfants, éloigner Freddy de son fils et, surtout, de sa fille Clémence. Mais personne ne la comprend, ni les gendarmes, ni les voisins, ni ses enfants. Elle va surveiller et suivre Freddy à chaque minute de son temps libre.

Yves Ravey - Un notaire peu ordinaire - MinuitOn retrouve le style concis d’Yves Ravey, tout en silence et ellipses, qui crée une ambiance très particulière. Un danger plane, c’est indistinct, mais très palpable. On hésite toujours un peu dans le choix des adjectifs. Est-ce malsain ou est-ce du mal-être ?

En tout cas, c’est indéterminé, c’est stressant, on est dans l’attente perpétuelle de ce qui va se passer. Clairement, on a presque aussi peur que Martha Rebernak.

Le choix narratif renforce l’étrangeté de l’atmosphère. Yves Ravey fait raconter son histoire par le fils, narrateur membre direct et présent de la famille Rebernak, qui semble voir toutes les scènes de haut, celles où il est effectivement présent bien sûr, mais aussi celles où il n’est pas là – ou ne devrait pas être là – sans que l’on sache vraiment s’il est narrateur, témoin discret ou les deux.

Du choix du style à celui de la narration, tout concourt à créer cette atmosphère angoissante, que l’on retrouve dans plusieurs livre d’Yves Ravey, comme par exemple dans Enlèvement avec rançon, Cutter ou son dernier livre La fille de mon meilleur ami (un coup de coeur !).

Clairement, on va continuer à découvrir et explorer les livres et l’univers flippant et dérangeant d’Yves Ravey.

Les premières lignes d’Un notaire peu ordinaire :

Les soirs d’été, et jusqu’à l’âge de mon entrée à l’université, ma mère avait pris cette habitude de sortir de l’armoire du salon l’album de famille. Nous nous installions tous les deux à la table de la cuisine pour commenter une à une les photographies.

La présentation par l’éditeur, les éditions de Minuit :
La 4e de couverture de l’édition poche est la présentation d’un commentaire de Nathalie Crom de Télérama, que l’on peut lire en cliquant ici.

Yves RAVEY, Un notaire peu ordinaire
Parution : Janvier 2013 – Editions de minuit / Mars 2014 en Poche Mdouble

10 réflexions au sujet de « Un notaire peu ordinaire – Yves Ravey »

  1. Pas vraiment accroché … Le rendu d’ une atmosphère poisseuse est indéniable , mais je ressens tres peu de plaisir de lecture, en fait …c’est tout à fait Chabrolien, un bon scénar mais pas un livre à la lecture duquel je m’attache …dommage !

    • Oui, je ne l’avais d’ailleurs pas lu à l’époque, mais là, j’ai craqué avec son dernier :-) Ce n’est pas le meilleur, mais j’aime beaucoup la particularité de son style.

    • Tu le liras la journée ;-) Ces romans sont très courts et se lisent très vite, outre que c’est difficile de les lâcher avant d’arriver au bout !

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