Un monde flamboyant – Siri Hustvedt

Siri HUSTVEDT - Un monde flamboyant - Actes Sud Babel

Harriet Burden était initialement la « femme de », avant d’être une artiste reconnue. A la mort de son mari, elle deviendra célèbre, indirectement, en faisant passer ses oeuvres d’art comme étant des créations d’autres artistes. Qui se cache en réalité derrière Harriet Burden ?

L’idée centrale passionnante de ce roman est de questionner l’impact et l’influence du genre (être une femme ou un homme) sur la perception que le public et les critiques peuvent avoir d’une d’oeuvre d’art et de son auteur. Le sexisme dans le monde flamboyant de l’art est le fil conducteur.

Le lecteur part à la recherche et à la découverte d’Harriet Burden, comme les personnes qui sont interrogées dans le cadre d’une enquête/recherche autour de son personnage. Diverses personnes s’expriment, et cette polyphonie permet d’explorer plusieurs points de vue. Ce peut être, par exemple, le regard de sa fille, d’un ami, d’un journaliste ou de l’un de ses « artistes substituts », outre des extraits des cahiers d’Harriet elle-même.

Ce livre est un roman passionnant et d’une rare densité qui évoque de multiples questions sociales et philosophiques. Franchement, ce n’est pas une lecture facile, il faut parfois s’accrocher tant chaque phrase est pleine de sens. Siri Hustvedt laisse peu de moments au lecteur pour souffler et intellectuellement se reposer. Auteure très cultivée, le roman est rempli de références de toutes sortes, avec des notes en pied de pages, à la manière d’un ouvrage universitaire.

Certaines parties tendent vers l’essai, et l’on retrouve d’ailleurs des idées que Siri Hustved développe dans certains de ses ouvrages de non-fiction, comme par exemple La femme qui tremble ou Une femme regarde les hommes regarder les femmes.

Cela fait longtemps que je ne me suis pas sentie autant remplie par un roman. Je n’ai pas tout compris, et de nombreuses références m’ont échappé. C’est un livre intellectuel à déconseiller à ceux qui souhaitent uniquement du léger et de la détente. Il vaut mieux également, me semble-t-il, être intéressé par la création et le monde artistique.

Une lecture superbe que j’ai eu le plaisir de partager avec Sylire, qui a aimé également ce roman exigeant, comme elle l’explique dans son billet.

Prix Transfuge du meilleur roman américain 2014

Siri Hustvedt
Un monde flamboyant
Actes Sud, septembre 2014, 416 pages
Babel, juin 2016, 480 pages.
VO : The Blazing World (2014)

6 réflexions sur « Un monde flamboyant – Siri Hustvedt »

  1. Encore une fois, nous sommes en phase. Oui, une lecture ardue mais tu as raison de souligner les moments de « relâchement intellectuel » qu’elle nous propose et qui permettent de mettre le cerveau au repos.
    Je suis ravie d’avoir entrepris cette lecture avec toi.

    • Je viens de lire ton billet, que je partage en effet entièrement.
      Quelle lecture ! je ne risque pas d’oublier ce livre.
      Merci pour cette belle lecture commune.

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