Un monde à portée de main – Maylis de Kérangal

Maylis de KERANGAL - Un monde à portée de main - Verticales

Attendue au tournant après la réussite du splendide Réparer les vivants, Maylis de Kérangal réussit brillamment son retour. Après le milieu médical, le milieu artistique.

Paula Karst est une jeune fille qui va suivre des études en Belgique pour apprendre l’art du trompe-l’oeil et découvrir en elle toute les possibilités artistiques dont elle est capable.

Un roman d’apprentissage qui prend son temps et qui réjouit grâce à la beauté du style, des longues phrases travaillées et serpentines qui ensorcellent, à l’amour des sonorités et des mots, des explications et des détails les plus infimes et les plus techniques.

Vous saurez tout ou presque sur les marbres, le vocabulaire des couleurs, les outils utilisés, les difficultés rencontrées et les moyens pour transformer l’apparence, le semblant d’une image ou d’une représentation en une vision au plus près de réalité.

Un roman littéraire finement et longuement travaillé.

Ceci étant … En dépit d’un intérêt personnel marqué pour le sujet artistique – passionnant – et une admiration réelle pour le style ciselé, je n’ai pu éviter de voir surgir parfois en cours de lecture, un léger ennui, une attente autour d’une intrigue plus prenante et moins documentaire, plus enlevée et moins conventionnelle, un besoin de spontanéité et de sincérité plus présent.

Prix littéraire :
Prix Livre Inter 2019 – Sélection
Prix Littéraire Le Monde 2018 – Sélection (Lauréat Jérôme Ferrari)


Présentation des éditions Verticales / Gallimard :

«Paula s’avance lentement vers les plaques de marbre, pose sa paume à plat sur la paroi, mais au lieu du froid glacial de la pierre, c’est le grain de la peinture qu’elle éprouve. Elle s’approche tout près, regarde : c’est bien une image. Étonnée, elle se tourne vers les boiseries et recommence, recule puis avance, touche, comme si elle jouait à faire disparaître puis à faire revenir l’illusion initiale, progresse le long du mur, de plus en plus troublée tandis qu’elle passe les colonnes de pierre, les arches sculptées, les chapiteaux et les moulures, les stucs, atteint la fenêtre, prête à se pencher au-dehors, certaine qu’un autre monde se tient là, juste derrière, à portée de main, et partout son tâtonnement lui renvoie de la peinture. Une fois parvenue devant la mésange arrêtée sur sa branche, elle s’immobilise, allonge le bras dans l’aube rose, glisse ses doigts entre les plumes de l’oiseau, et tend l’oreille dans le feuillage.»


Maylis de Kérangal, Un monde à portée de main
Verticales, août 2018, 288 pages.

10 réflexions sur « Un monde à portée de main – Maylis de Kérangal »

  1. J’ai adoré plonger dans l’épaisseur de l’écriture, ses faux semblants et parfois son côté précieux et ciselé, comme les marbres, les fresques, les illusions qu’elle fabrique. C’est vraiment que l’intrigue est mince, finalement mais le parcours initiatique révèle quand même quelques surprises !

  2. Cette lecture a été pour moi un vrai coup de cœur. Un magnifique mélange de technique, d’émotions, de connaissances… pour décrire ce monde d’où émane de la magie. Une belle rencontre avec Maylis de Kerangal.

    • L’émotion, c’est peut-être ce que je m’attendais à retrouver beaucoup plus, comme cela avait été le cas pour Réparer les vivants.

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