Un jour on fera l’amour – Isabelle Desesquelles

Isabelle Desesquelles - Un jour on fera l'amour - Belfond

Un jour on fera l’amour est l’histoire d’un coup de foudre, elle est de dos, lui fermera les yeux. Ils ne se verront pas, ils se croiseront. Au travers de deux destinés marquées par une enfance où ni le couple ni l’amour n’a sa place, ces deux êtres vont-ils réussir à s’aimer ?

Isabelle Desesquelles pose habillement la question en creusant l’intériorité et les failles de ses deux trentenaires en mal d’Amour. Elle le fait sans sentimentalisme, écarte les poncifs et évite (heureusement) au lecteur le pathos de la romance.

L’identité de Rosalie Sauvage va comme un gant à la jeune fille vive qu’elle incarne. Elle collectionne les amants à défaut de les aimer, se perd dans la Communication, un boulot prenant, stressant, speed et superficiel, sans profondeur.

Alexandre lui, a été élevé par un père cinéphile. Son héritage sera une salle de ciné, le Rosebud, une belle référence soit dit en passant au magnifique film d’Orson Welles, Citizen Kane.

Une fois les destinées tracées, une fois la construction du roman comprise, tout comme sa direction – qui n’a rien de secret et se dévoile rapidement -, la période d’attente du lecteur est un peu trop longue. La tension narrative s’en trouve un brin affectée et il vient à l’esprit que, peut-être, certains développements auraient pu être raccourcis.

Mis à part ce bémol, cela reste un roman agréable sur la difficulté d’aimer, sur l’amitié, le passé, et surtout, sur la recherche et l’attente de l’autre, cette moitié si souvent idéalisée. A noter les titres habilement choisis de chaque chapitre, qui renforcent la proximité entre le lecteur et les deux protagonistes.

Et puis, Isabelle Desesquelles a une plume agréable, découverte avec le très marquant Les âmes et les enfants d’abord, un roman dans lequel Isabelle Desesquelles creusait déjà l’intime de l’être humain, celui de son rapport à la misère, également un roman sur son rapport à l’autre.


Les premières lignes :

Ce qui est sous nos yeux peut aussi être inaccessible. Elle est là, à cinq mètres devant moi, et quelque chose me souffle qu’elle est la femme de ma mort parce que c’est ça, non, la femme d’une vie ?

La présentation des éditions Belfond :

« Ce qui est sous nos yeux peut aussi être inaccessible. Elle est là, à cinq mètres devant moi, et quelque chose me souffle qu’elle est la femme de ma mort parce que c’est ça, non, la femme d’une vie ? On veut être avec elle quand la mort arrive. Et lorsqu’un autre devient pour nous unique, que l’on veut le garder, on se garde soi. »

Elle, c’est Rosalie Sauvage. Lui, Alexandre.
Ils se rencontrent et aussitôt se perdent.
Ils sont aussi semblables qu’ils diffèrent l’un de l’autre et n’ont que vingt-quatre heures pour se retrouver. Après quoi la possibilité du bonheur sera à jamais derrière eux.
Ils sont leur première et dernière chance d’aimer.

Après Les hommes meurent, les femmes vieillissent, Isabelle Desesquelles interroge le verbe aimer. Et pose la question de l’absolu. Est-il prudent, est-il raisonnable, est-il possible, en amour?


Isabelle DESESQUELLES
Un jour on fera l’amour
Belfond, janvier 2017, 224 pages.

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