Un ciel rouge, le matin – Paul Lynch

Paul Lynch - Un ciel rouge, le matin - Albin Michel Coup de coeur !

Un ciel rouge, le matin est une chasse à l’homme haletante et envoutante, qui commence dans l’Irlande des années 1830 pour se poursuivre dans les entrailles d’un bateau en pleine mer, jusqu’aux terres éloignées des Etats-Unis. Absolument sublime.

Coll Coyle ne comprend pas pourquoi Hamilton, le propriétaire terrien du domaine, a décidé de l’expulser de la terre qu’il cultive et habite avec sa famille. En colère, il veut comprendre mais la rencontre tourne mal et Hamilton est mortellement blessé.

C’est alors que commence une chasse à l’homme à couper le souffle. Faller, le bras droit d’Hamilton, a décidé qu’il retrouverait Coll coûte que coûte, par tous moyens. Faller est un cauchemar humain, il a toutes les caractéristiques du tueur en série, psychopathe, violent et sans moral, qui aime voir la mort prendre forme dans ses mains.

On entre dans cette histoire comme dans un film. Paul Lynch joue tellement bien avec les mots qu’on voit toutes les descriptions comme si elles étaient projetées sur écran, on sent toutes les odeurs, celle de la pauvreté, de la sueur et de la peur. On palpite dans cette chasse à l’homme terrifiante, on sursaute, on grimace, on est totalement projeté dans cet univers désespéré, masculin et crasseux.

On retrouve la noirceur de Colum McCann, le côté désespéré de Faulkner, l’Angleterre sale et populaire des bas-fonds à la Dickens ou Steinbeck. Cette ambiance d’une grande intensité est merveilleusement portée par un style poétique et enveloppant, où chaque phrase est un pur régal, où l’écriture glisse avec une facilité déconcertante dans la boue de l’Irlande, aussi bien que sur la mer Atlantique, ou la terre aride d’Amérique.

Le fait que cette histoire trouve sa source dans un fait divers réel la rend encore plus poignante et fascinante. Paul Lynch stupéfie avec ce premier roman d’une superbe maîtrise – aidé par son expérience comme journaliste et critique cinéma – et on attend la traduction de son deuxième roman Black Snow avec impatience.

Vous avez compris : il faut le lire !!

Bibliomaniacs
On en parle et on s’extasie presque à l’unanimité dans le Bibliomaniacs de juillet 2014, à écouter dès le 1er juillet.

A lire aussi l’avis enthousiaste d’Eva.






Les premières lignes de Un ciel rouge, le matin :

D’abord il n’y a que du noir dans le ciel, et ensuite vient le sang, la brèche de lumière matinale à l’extrémité du monde. Cette rougeur qui se répand fait pâlir la clarté des étoiles, les collines émergent de l’ombre et les nuages prennent consistance.

La présentation par l’éditeur Albin Michel (4e de couverture) :

Tableau âpre et ténébreux de l’Irlande du XIXe siècle et de sa brutale réalité sociale, Un ciel rouge, le matin possède la puissance d’évocation des paysages du Donegal où il se déroule en partie. Le lyrisme sombre et poétique de Paul Lynch, qui signe là un remarquable premier roman, en exprime la force autant que les nuances, entre ombre et lumière.

Printemps 1832. Coll Coyle, jeune métayer au service d’un puissant propriétaire anglais, apprend qu’il est expulsé avec femme et enfants de la terre qu’il exploite. Ignorant la raison de sa disgrâce, il décide d’aller voir l’héritier de la famille, qui règne désormais en maître. Mais la confrontation tourne au drame : Coll Coyle n’a d’autre choix que de fuir. C’est le début d’une véritable chasse à l’homme, qui va le mener de la péninsule d’Inishowen à Londonderry puis aux États-Unis, en Pennsylvanie. Pleine de rage et d’espoirs déçus, son odyssée tragique parle d’oppression et de vengeance, du lien viscéral qui unit les hommes à leur terre.

Paul LYNCH, Un ciel rouge, le matin
Traduit de l’anglais (Irlande) par Marina Boraso
Parution : Mars 2014 – Albin Michel
Original : Mars 2014 – Red sky in morning

10 réflexions au sujet de « Un ciel rouge, le matin – Paul Lynch »

  1. Je ne veux pas passer pour le vilain petit canard mais même si c’est un très beau roman avec de somptueuses descriptions, les personnages manquent beaucoup de profondeur.

    • Ce n’est pas totalement faux … mais Faller, par exemple, je ne l’imagine pas vraiment avec de la profondeur (ni ses acolytes d’ailleurs), et je trouve que cela sert plutôt le propos et les personnages.

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