Un certain M. Piekielny – François-Henri Désérable

François-Henri Désérable - Un certain M. Piekielny - Gallimard

Pas facile pour Un certain M. Piekielny de se retrouver sur toutes les listes des grands prix littéraires et de n’en remporter aucun. Cela n’enlève rien au fait que François-Henri Désérable est un grand écrivain.

Dans ce troisième roman, il utilise un prétexte de fiction pour faire de la grande littérature. Une trouvaille qui fonctionne sacrément bien.

Enthousiasmé (à raison), par La Promesse de l’Aube de Romain Gary, François-Henri Désérable s’interroge sur l’existence d’un personnage évoqué par ce grand écrivain au chapitre VII, « un certain M. Piekielny » (en page 57 de l’édition Gallimard exactement, la petite vérification était trop tentante). Il s’en sert pour revisiter la vie de Romain Gary, à la manière d’une enquête personnelle, entrecoupant ses découvertes et recherches, de constats et réflexions personnelles.

J’étais tentée de dire à la manière de Modiano (on pense bien sûr au fameux Dora Bruder), de Didier Blonde (avec Leïla Mahi 1932), d’Ivan Jablonka (Laëtitia) et de beaucoup d’autres dont Emmanuel Carrère par exemple.

En réalité, on retrouve la manière de François-Henri Désérable lui-même, un style percutant et enchanteur, une patte littéraire et cultivée indéniable, un talent de narrateur fou, une poésie et une sensibilité très marquantes, auxquels s’ajoute un humour subtile et finement distillé. Oui, on retrouve bien la manière de l’auteur du merveilleux Evariste.

Alors j’ose à peine reconnaître qu’à certains moments, j’ai trouvé que certaines digressions auraient pu être évitées, et que, peut-être, s’il s’était écarté un peu moins de la vie de Romain Gary, s’il avait raccourci certains développement autour de M. Piekielny et limité certaines considérations personnelles, le roman n’en aurait pas souffert.

Oui, j’ose à peine en parler car j’ai vraiment pris un immense plaisir à revisiter la vie de Roman Gary au côté de Piekielny, j’ai aimé cette promenade dans le temps et dans les pages, cette douceur des mots et des phrases, cette trouvaille de glisser partout « au n°16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait un certain M. Piekielny », j’ai vraiment été ravie de retrouver ce jeune auteur que je trouve, outre qu’il est très sympathique, extrêmement talentueux.

Prix Littéraires :
Grand Prix de la Littérature de la Ville de saint-Etienne 2017
Sélection du Prix le Monde 2017
Sélection du Prix du Roman FNAC 2017
Sélection du Prix Interallié 2017
Sélection du Prix Goncourt 2017
Sélection du Prix de l’Académie française 2017
Sélection du Prix Renaudot 2017
Sélection du Prix Fémina 2017
Et certainement d’autres sélections …


Les premières lignes :
(Ou lire un extrait plus long)

En mai 2014, des hasards me jetèrent rue Jono Basanavičiaus, à Vilnius, en Lituanie.
Un ami se mariait, il me prit pour témoin. J’aimerais, dit-il, que tu organises mon enterrement. J’objectai que c’était un peu tôt, qu’il avait encore de belles années devant lui, qu’en outre il semblait jouir d’une robuste constitution, mais que le cas échéant je saurai m’occuper de sa veuve.

La présentation des éditions Gallimard :

« »Quand tu rencontreras de grands personnages, des hommes importants, promets-moi de leur dire : au n° 16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait M. Piekielny… »
Quand il fit la promesse à ce M. Piekielny, son voisin, qui ressemblait à « une souris triste », Roman Kacew était enfant. Devenu adulte, résistant, diplomate, écrivain sous le nom de Romain Gary, il s’en est toujours acquitté : « Des estrades de l’ONU à l’Ambassade de Londres, du Palais Fédéral de Berne à l’Élysée, devant Charles de Gaulle et Vichinsky, devant les hauts dignitaires et les bâtisseurs pour mille ans, je n’ai jamais manqué de mentionner l’existence du petit homme », raconte-t-il dans La promesse de l’aube, son autobiographie romancée.
Un jour de mai, des hasards m’ont jeté devant le n° 16 de la rue Grande-Pohulanka. J’ai décidé, ce jour-là, de partir à la recherche d’un certain M. Piekielny.»


François-Henri Désérable
Un certain M. Piekielny
Gallimard, août 2017, 272 pages

12 réflexions au sujet de « Un certain M. Piekielny – François-Henri Désérable »

  1. J’attends, j’attends, j’attends … avec impatience son retour à la bibliothèque (mais je crois que je suis enfin la prochaine sur la liste de réservation!)

    • J’espère que tu vas pouvoir l’obtenir avant la fermeture de la bibliothèque ! Certains livres ont été pris d’assaut, je comprends bien pourquoi celui là en fait partie.

    • Il est très bon il faut dire ;-) On n’a pas besoin de lire La promesse pour suivre et aimer Un certain M. Piekielny à mon avis, mais lire le livre de Romain Gary, oui, c’est un must !

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