Un ange brûle – Tawni O’Dell

Tawni O'DELL - Un ange brûle - Belfond

Un ange brûle est un policier « féminin », qui commence par la découverte du corps d’une jeune fille calcinée, Camio Truly. On comprend tout de suite le titre. Dove Carnahan, la chef de la police locale, va se charger de l’enquête.

Nous sommes dans une petite ville américaine, où les meurtres ne sont pas chose la plus courante. Les petits larcins d’un village ouvrier peuplé de chômeurs, d’alcooliques et d’adolescents sans repère sont bien plus la norme. Ce meurtre va donc surprendre tout le monde.

L’entrée dans l’histoire et le roman se fait très vite et assez facilement. L’écriture est accessible et fluide, sans être simpliste. Un style agréable, des accroches qui fonctionnent, même si l’enquête est sans grande surprise, les pages se tournent sans difficulté.

Le point clé n’est pas tant l’enquête que les vies personnelles et familiales autour du crime et la découverte des secrets, notamment de secrets familiaux. La psychologie n’est pas particulièrement fine, mais elle serait passée sans problème, sans quelques « gros dérapages » dont je ne dirai rien, mais qui manquent cruellement de subtilité.

L’autre bémol est la succession de réflexions, pensées ou affirmations très « féminines ». L’auteure est une femme, son personnage principal est une femme, tout comme sa soeur et les principaux personnages du roman. On ne peut guère se tromper. Cela plaira sans aucun doute à certaines lectrices, mais pour moi, cela manquait un peu de testostérone pour équilibrer les propos. Même si Dove Carnahan est une femme d’une cinquantaine d’années qui n’a pas froid aux yeux, je n’ai pas réussi à m’attacher à elle.

Alors voilà, même si cette lecture s’est faite avec plaisir, je l’avoue avec des vrais moments de page turner, j’aurais préféré que Tawni O’Dell évite les chemins faciles dans lesquels elle est parfois tombée, les grosses ficelles et les rebondissements aux gros sabots. A partir d’un moment, il devenait vraiment difficile d’y croire (mais mon envie d’arriver jusqu’au bout était pourtant toujours présente).


Les premières lignes :
(Lire un extrait plus long)

La dernière fois que je me suis trouvée aussi près de Rudy Mayfield, il se contorsionnait sur le siège du pick-up de son père pour essayer d’attraper ma poitrine à peine naissante.

La présentation des éditions Belfond :

Avec son écriture ciselée et son exceptionnel pouvoir d’évocation, l’auteur du Temps de la colère nous livre un roman sombre et tendre, qui brosse le portrait d’une certaine Amérique figée dans le temps et la rouille, où derrière le calme de façade bout une violence née de la misère.
Dove Carnahan n’est pas femme à se laisser déstabiliser. À bientôt cinquante ans, la chef de police d’une petite ville minière de Pennsylvanie a l’habitude des situations difficiles. Pourtant, devant le corps à demicalciné de la jeune Camio Truly, Dove vacille.
Issue d’une famille de rednecks versée dans l’alcool et les magouilles, l’adolescente était promise à un autre avenir : une bourse universitaire, une porte de sortie vers un monde meilleur. Un rêve soudain brisé.
Dove prend l’affaire personnellement. Elle qui a dû se battre pour se sortir d’une enfance chaotique veut rendre justice à cette innocente. Après tout, sa propre famille n’est pas si différente des Truly.

Au même moment, un homme est remis en liberté après trente-cinq ans passés sous les verrous. Pour Dove, pour les siens, c’est le souvenir d’un indicible drame qui ressurgit.

Peut-on jamais tourner le dos à son passé, à sa famille ?


Tawny O’DELL
Un ange brûle
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Bernard Cohen
Belfond, 2017, 344 p.

5e lecture du challenge de la rentrée littéraire de janvier 2017.

8 réflexions au sujet de « Un ange brûle – Tawni O’Dell »

  1. J’ai lu les autres romans de cette auteur, qui étaient semble-t-il d’une veine plus sociale, situés dans une région où la mine, en crise, était la principale richesse, ils étaient intéressants, sans être non plus inoubliables.

    • Merci Brigitte pour cette précision. L’histoire se passe également dans une ville minière. Il est indiqué que l’auteur est née en Pennsylvanie, dans une région présentée comme « sauvage et minière », qui inspire son oeuvre. On retrouve aussi une veine sociale, mais pas assez exploitée à mon goût dans ce dernier roman.

    • Je suis comme toi, ça l’était en effet un peu trop pour moi … (en même temps, je garde en réserve un livre pour la journée de la femme, sur le féminisme, que j’ai beaucoup aimé ….)

    • Je ne l’ai pas choisi, je l’ai reçu. Ce n’est pas le style de lecture vers lequel je vais habituellement (rien que la couverture me ferait fuir), mais j’avais envie de lire un polar, et je me suis fait « attraper » par les commentaires sur ces précédents romans.

    • Ce n’est pas clair, mais c’est exactement ce que j’ai ressenti. Disons que les livres j’ai lu ont une catégorie « pour elle », eh bien, je le rangerais bien dedans ;-)

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