Un amour de Descartes – J.L. Quoy-Bodin

Quoy-Bodin Un amour de descartes

Je dois avouer que la vie amoureuse de René Descartes était inexistante pour moi. Et le fait qu’il eut en 1635 une petite fille, Francine, m’était totalement inconnue.
Né en 1596 et mort en 1650, « René » rencontra en 1634, à l’âge de 39 ans, la jeune Hélèna Jans, qui en avait alors 21 ans. C’est ainsi que le 19 juillet 1635 naquit Francine. Le récit ne s’épanchera pas sur cette rencontre, ni sur la relation intime entre René et Hélèna, mais plus sur les conséquences de cette naissance sur la pensée de Descartes, son mode de raisonnement, naissance qui intervint en pleine rédaction du Discours sur la méthode. Si la naissance de Francine influencera Descartes, le décès de Francine, alors qu’elle venait d’avoir 5 ans, ne sera pas non plus sans effet sur son oeuvre, notamment les Méditations Métaphysiques.

Le récit est court, synthétique et extrêmement bref. Un peu trop peut-être. Alors que le sujet est passionnant, il m’a manqué un lien narratif plus précis. J’ai regretté le style haché, le passage d’un paragraphe à l’autre de manière assez abrupte, le nombre important de « phrases » sans verbe, les successions d’adjectifs ou de mots, de manière un peu trop répétitive.

Ceci étant, une fois que je me suis adaptée au style, j’ai pris un réel plaisir à lire ce petit récit car derrière toute pensée, Descartes était avant tout un homme, et comme le rappelle Jean-Luc Quoy-Bodin : «  On est orphelin ou veuf, mais la langue française n’a pas de mot pour désigner un parent qui a perdu son enfant.« . René Descartes a pourtant vécu dans les mots, dans les pensées et dans les livres, et ce qu’il nous restera de lui, ce sera principalement, justement, des mots.

Si vous hésitez, les premières lignes :

 » René Descartes ou tendre caresse.
Penser, c’est caresser, polir interminablement son esprit. France, Francine, Francinette, Fransintge. Enfant pourpre, au fond de son petit lit d’agonie hollandais. La nuit tombe et papa n’est toujours pas là …
 »

Si vous hésitez encore, la présentation Editeur :

C’est le temps où Rembrandt et Descartes sont presque voisins à Amsterdam, où les spasmes des cours de la tulipe tournent les têtes, où la peste décime aveuglément… Francine n’est pas toujours mentionnée dans les notices biographiques de Descartes ; pourtant, la naissance, au cours de son séjour en Hollande, d’une fille, fruit d’une liaison avec une servante, correspond à la période la plus féconde de la vie du philosophe entre La Dioptrique et le Discours de la méthode.
Il croit se pencher à travers Francine sur l’enfance de la raison, il est confronté à la déraison de l’enfance.

Jean-Luc QUOY-BODIN, Un amour de Descartes
Parution : 7 mars 2013 – Gallimard

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