Tu t’appelais Maria Schneider – Vanessa Schneider

Vanessa Schneider - Tu t'appelais Maria Schneider - Grasset

Maria Schneider est à la frontière des générations. Pour les plus jeunes, son nom n’évoque rien, pour les autres, elle est l’actrice d’un film, la partenaire de Marlon Brando dans Un tango à Paris. Un portrait sur fond d’histoire familiale, de souvenirs d’enfance, un joli hommage de cette actrice abîmée.

Maria Schneider sera marquée à vie par ce rôle – comme la plupart de ceux qui voient alors le film – et elle restera, en dépit des autres personnages qu’elle incarnera au cinéma, l’actrice de ce seul film. Cette image lui collera à la peau, cette expérience de la « motte de beurre », cette scène de viol dont elle n’était pas informée – Bertolucci voulait l’humilier et a filmé cette scène par surprise, avec la complicité de Brando – la marquera à jamais.

L’auteure, Vanessa Schneider – l’identité de nom n’est en effet pas un hasard – se souvient de cette cousine à part, mêle ses souvenirs, sa jeunesse avec les allers venues de cette actrice fantasque dans sa vie et celle de ses parents. Elle évoque la fragilité, l’univers du cinéma, son pouvoir destructeur, la drogue et la ronde infernale des espoirs déçus.

Un portrait en creux, avec la douceur et la tendresse du passé, un souvenir de famille parmi d’autres, et en même temps un hommage respectueux à cette femme qui a été fragilisée, qui s’est brulée les ailes et a brulé sa vie.

Ce roman m’a touchée bien plus que ce que je pensais, pour le personnage de Maria Schneider, mais aussi grâce au style fluide et souple de Vanessa Schneider, grâce à sa pudeur et à sa sincère tendresse pour cette femme qu’elle ne comprenait pas toujours et qui apparaissait parfois, plus ou moins régulièrement dans sa vie.

Vanessa Schneider, Tu t’appelais Maria Schneider
Grasset, août 2018, 256 pages

2 réflexions sur « Tu t’appelais Maria Schneider – Vanessa Schneider »

  1. Pareil, j’ai été très touchée par ce récit. Il a une dimension très intime, très tendre, mais en même temps il en dit beaucoup sur une époque. Je trouve qu’il montre très bien combien le mouvement de libération des femmes a pu aussi, paradoxalement, permettre aux hommes d’étendre leur domination sur les femmes : libérées, elles ne pouvaient en effet que se prêter aux sollicitations sexuelles qui leur étaient faites… Bref, un très beau livre qui apporte aussi une belle matière à réflexion.

    • C’est vrai que le film est sorti en 1972, et que l’histoire se déroule en plein dans l’époque de libération sexuelle et du mouvement de libération de la femme, tu as entièrement raison.

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