Et tu n’es pas revenu – Marceline Loridan-Ivens

Marceline Loridan-Ivens - Et tu n'es pas revenu - Grasset

Et tu n’es pas revenu est un témoignage, une lettre que Marceline (aujourd’hui Loridan Ivens) écrit à son père alors qu’elle a près de 85 ans et qu’au crépuscule de sa vie, elle veut témoigner qu’elle n’a jamais oublié. Qu’elle ne l’a jamais oublié.

Ce témoignage d’une fille qui se souvient de Drancy est extrêmement percutant. Elle était encore une petite fille, qui voyait en son père son sauveur, celui qui allait lui faire passer une pomme, celui qui allait lui faire passer une lettre, comme un soutien indéfectible.

J’ai été très touchée par ce livre, non seulement parce qu’il s’agit d’une fille qui s’adresse à son père disparu – et ce sujet en soi m’atteint énormément – mais également en raison de ce sentiment fort d’illégitimité que Marceline ressent d’être revenue parmi les vivants, alors que lui est resté là-bas. Pour elle, pour sa fille, toute sa vie, lui seul aurait eu cette légitimité, mais pas elle.

La brièveté de ce texte, tout comme d’ailleurs le fait qu’il est écrit des dizaines d’années après les faits eux-mêmes, lui donne une tonalité particulière, une impression très forte que l’oubli n’est pas possible et que lorsque le souvenir est trop fort, il peut parfois empêcher de vivre. Il est très poignant de lire que malgré les années et le temps qui passe, le sentiment de culpabilité reste, en dépit de la vie qui suit son cours, en dépit des mariages, en dépit (malgré ?) la présence de la famille.

Non, ce livre n’est pas « juste » et « encore » un témoignage sur les camps.

Les avis de Cathulu, Clara, Eva.

Les premières lignes :

J’ai été quelqu’un de gai, tu sais, malgré ce qui nous est arrivé. Gaie à notre façon, pour se venger d’être triste et rire quand même. Les gens aimaient ça de moi. Mais je change. Ce n’est pas de l’amertume, je ne suis pas amère. C’est comme si je n’étais déjà plus là.

La 4e de couverture des éditions Grasset :
(ou lien direct site Grasset)

« J’ai vécu puisque tu voulais que je vive. Mais vécu comme je l’ai appris là-bas, en prenant les jours les uns après les autres. Il y en eut de beaux tout de même. T’écrire m’a fait du bien. En te parlant, je ne me console pas. Je détends juste ce qui m’enserre le cœur. Je voudrais fuir l’histoire du monde, du siècle, revenir à la mienne, celle de Shloïme et sa chère petite fille. »

Challenge petit bac 2015Challenge rentrée d'hiver 2015Marceline LORIDAN-IVENS
Co-écrit avec Judith Perrignon
Et tu n’es pas revenu
Grasset, février 2015, 112 pages

10 réflexions au sujet de « Et tu n’es pas revenu – Marceline Loridan-Ivens »

    • Je ne l’ai pas rattrapée cette émission, mais j’imagine très bien qu’elle puisse être très émouvante, le contraire m’étonnerait d’ailleurs.

  1. Ma collègue va me le prêter … Je me prépare à être bouleversée. Entendre cette femme magnifique me remue à chaque fois…

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