Trois saisons d’orage – Cécile Coulon

Cécile COULON - Trois saisons d'orage - Viviane Hamy

Une saga familiale sur trois générations, Trois saisons d’orage dessine d’une plume fine et ombrageuse le destin de deux familles de médecins et de paysans, dans un village rural en mutation de la seconde moitié du XXe siècle.

D’un côté, les notables. Le premier médecin qui ne veut pas s’installer en ville, c’est André. Son fils Bénédict suivra sa voie. De l’autre, vous rencontrerez Maxime, Valère, eux, ce sont les paysans, leur vie, c’est la carrière.

Ce roman est profondément terrien. Rien que le nom des lieux sont des choix judicieux (les Fontaines, les Trois-Gueules, tout un monde en quelques mots). Cécile Coulon réussit à créer, développer et installer tous ses personnages dans un univers campagnard et rural de l’après-guerre avec brio. Les descriptions sont précises, parfois âpres, poétiques, dures ou douces, mystérieuses, ancestrales, mais surtout vivantes. Il en est de même pour « La Cabane », l’épicentre du drame en train de se jouer.

On ressent dans tous les pores de sa peau le poids des origines, du passé, de la nécessité de devoir naître aux Fontaines pour avoir le droit d’appartenir au Village. Cécile Coulon semble parler d’un endroit qu’elle connaît intimement, d’une vie rurale qu’elle côtoie pour en rendre de manière aussi réelle et subtile l’austérité, les silences et la force. Celle des hommes, de la carrière, de la terre, mais aussi la force moins visible, mais toute aussi puissante, si ce n’est plus, des femmes, des croyances, des certitudes.

Avec un style littéraire très travaillé, son roman s’épanouit non dans l’action, mais dans le jeu romanesque attentif du suspens et des silences et la gestion d’une tension dramatique toute en finesse.

A découvrir aussi de Cécile Coulon, Le rire du grand blessé et Le coeur du Pélican.

Les avis de Jostein, Noukette, Itzamna, Valérie, Canel, Leiloona, Eva, Virginie, Ariane et Nicole.

Prix Littéraire :
Sélectionné pour le Prix Inter 2017


Les premières lignes de Trois saisons d’orage :

La maison, ou ce qu’il en reste, surplombe la vallée ; ses fenêtres, quatre grands yeux vides, veillent, à l’est du massif des Trois-Gueules. Les Fontaines, ce village minuscule, tachent le paysage, morceau de craie dérivant au coeur d’une mer végétale de calcaire.

La présentation des éditions Viviane Hamy :

Les Fontaines. Une pierre cassée au milieu d’un pays qui s’en fiche. Un morceau du monde qui dérive, porté par les vents et les orages. Une île au milieu d’une terre abrupte. Je connais les histoires de ce village, mais une seule les rassemble toutes. Elle doit être entendue. L’histoire d’André, de son fils Benedict, de sa petite-fille, Bérangère. Une famille de médecins. Celle de Maxime, de son fils Valère, et de ses vaches. Une famille de paysans. Et au milieu, une maison. Ou ce qu’il en reste
.

Trois générations confrontées à l’Histoire et au fol orgueil des hommes ayant oublié la permanence hiératique de la nature.
Saga portée par la fureur et la passion, Trois Saisons d’orage peint une vision de la seconde partie du XXe siècle placée sous le signe de la fable antique. Les Trois-Gueules, « forteresse de falaises réputée infranchissable », où elle prend racine, sont un espace où le temps est distordu, un lieu qui se resserre à mesure que le monde, autour, s’étend. Si elles happent, régulièrement, un enfant au bord de leurs pics, noient un vieillard dans leurs torrents, écrasent quelques ouvriers sous les chutes de leurs pierres, les villageois n’y peuvent rien ; mais ils l’acceptent, car le reste du temps, elles sont l’antichambre du paradis.


Cécile COULON
Trois saisons d’orage
Viviane Hamy, Janvier 2017, 272 pages.

7e lecture de la Rentrée Littéraire de janvier 2017.

22 réflexions au sujet de « Trois saisons d’orage – Cécile Coulon »

    • Aifelle, je te conseille vivement vivement de découvrir Cécile Coulon. Celui-là est très bien, tout comme Le Rire du grand blessé, que j’ai particulièrement aimé.

  1. Je ne lis que des éloges sur ce roman mais je suis un peu réticente après avoir abandonné Le cœur du pélican, je pense que j’attendrai sa sortie en poche.

    • Tu retrouveras des thèmes similaires, tels que la sensation de solitude, la volonté de se battre contre soi-même, mais l’histoire est très différente.

  2. Un très beau texte, une belle écriture et une nature omniprésente et grandiose. J’ai beaucoup aimé. Un beau billet pour une lecture pleine d’intérêt.

  3. Si j’ai aimé l’écrite de son précédent roman, je n’ai pas aimé l’histoire – celui-ci me tente plus. Mais j’attendrais tranquillement son arrivée à la bibli !

  4. Je suis à la fin du deuxième tiers. J’aime bien pour l’instant mais je pense qu’il me manquera quelque chose pour passer du « j’aime bien » à « j’aime beaucoup ». A suivre !

    • C’est étonnant comme nous avons des pensées souvent identiques. Je me suis dit la même chose, car il existe des petites choses qui m’ont dérangées, et l’effet de la fin du livre a été le plus fort et cette fin a vraiment joué sur mon choix.

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