Trois jours chez ma tante – Yves Ravey

Yves Ravey - Trois jours chez ma tante - Minuit

En lice pour le Prix Goncourt 2017, Yves Ravey nous sert un condensé d’une ambiance suspicieuse et peu claire avec Marcello Martini, qui revient d’Afrique pour passer trois jours chez sa tante en France. Il a besoin d’argent, pas d’être déshérité.

Nouveau roman, nouveau plaisir de retrouver la patte d’Yves Ravey et ses personnages qui ne semblent jamais très nets, sans que l’on comprenne pourquoi au départ.

On retrouve la photographie qui fait l’originalité d’Yves Ravey : une relation familiale étrange, un notaire, un père absent, un « anti-héros », Marcello Martini, dont le nom à lui seul laisse supposer que ses affaires ont plus de chance d’être quasi-mafieuses ou proches de magouilles que celles d’un bon père de famille.

Et bien sûr, la concision et les petits détails qui surgissent pour lever doucement le voile sur la réalité. Un roman court, des sous-entendus laissant l’imagination du lecteur prendre toute la place, des non-dits qui laissent le suspens s’installer dans une ambiance floue et visqueuse qui met mal à l’aise. On se dit qu’on est à la limite de quelque chose de malsain, sans que cela soit vraiment identifiable. On grimace, on se demande ce que vient faire Lydia, son ex-femme dans le tableau, et bien sûr on ne cesse de s’interroger sur la raison du départ de Marcello, vingt ans auparavant, pour l’Afrique.

Avec Yves Ravey, je sais ce que je vais trouver un lisant un de ses romans, à chaque fois, je me dis que cela fonctionne, comme ce fut le cas avec ses derniers livres Sans état d’âme et Un notaire peu ordinaire et surtout, avec La fille de mon meilleur ami, même si, avec celui là, la fin m’a laissé un petit goût d’attente inachevée.

Prix littéraire :
Sélection Prix Goncourt 2017


Les premières lignes :
(ou lire un extrait plus long)

Il pleuvait. L’eau s’écoulait du toit en tôle sur la terrasse de l’école, couvrait le chant des enfants durant la pause, et s’infiltrait sous la porte. Je contemplais sa progression sur le sol, en flux continu, assis à mon bureau, devant la lampe éteinte, à redouter ma prochaine rencontre avec ma tante : elle avait soi-disant tant de choses à me reprocher.

La présentation des éditions Minuit :

Après vingt ans d’absence, Marcello Martini est convoqué par sa tante, une vieille dame fortunée qui finit ses jours dans une maison de retraite médicalisée, en ayant gardé toute sa tête.
Elle lui fait savoir qu’elle met fin à son virement mensuel et envisage de le déshériter.
Une discussion s’engage entre eux et ça démarre très fort.


Yves RAVEY
Trois jours chez ma tante
Minuit, septembre 2017, 190 pages

2 réflexions au sujet de « Trois jours chez ma tante – Yves Ravey »

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