Trois jours à Oran – Anne Plantagenet

Anne Plantagenet - Trois jours à Oran - Stock

Trois jours à Oran est un récit dans lequel Anne Plantagenet tente de se raconter sur plusieurs fronts: celui de son rapport avec son père, avec son pays d’origine, avec son amant. Mais aucun sentiment ne passe, aucun intérêt s’éveille.

Sur le papier, Trois jours à Oran semble un récit intéressant. L’auteur décide de passer trois jours avec son père en Algérie, pour (re)nouer avec ses origines, avec ce pays qu’elle ne connaît pas, dont elle n’a entendu toute son enfance que des bribes de merveilles et de critiques.

Le livre donne en réalité l’impression d’être l’exutoire personnel d’un écrivain en pleine crise de la quarantaine, qui découvre la passion dans les bras d’un amant dénommé P., et qui remet en cause l’équilibre de sa vie familiale avec mari et enfants.

On a l’impression qu’Anne Plantagenet a envie de raconter cette passion qui la dévore, ce qu’elle n’ose faire qu’en filigrane, et que le voyage à Oran n’est qu’une excuse pour parler d’elle-même. Elle semble totalement détachée de ce voyage, ne semble pas intéressée par la découverte de ce pays d’origine, ni vraiment touchée par les relations qu’elle entretient avec son père.

Les mots sont là, très factuels, dans un style simple et concis, mais on a l’impression d’une scène de théâtre joué par un acteur non concerné. Les mots sont présents, soit, mais aucune sincérité n’en ressort, comme s’il s’agissait d’un texte mal joué, comme si Anne Plantagenet se forçait à être touchée, mais que ce n’est pas vraiment le cas, ce qu’elle ne peut admettre vis-à-vis d’elle même ou des siens, car la seule chose à laquelle elle pense, c’est son amant, tout simplement.

Alors, si l’on s’attend à un récit intimiste et profond, on aura l’impression d’un livre vide de toute émotion sincère, si ce n’est l’aveu du bouleversement lié à sa rencontre avec P.

Ce livre se retrouve pourtant dans la sélection finale du Prix RTL/LIRE 2014. Il doit certainement exister une raison, mais laquelle …?

Les premières lignes de Trois jours à Oran :

Il n’est pas là.
Ce n’est pas son genre d’être en avance, c’est un homme qui aime traîner, rester immobile devant une vitrine parfaitement inintéressante sans raison particulière ni désir d’acheter, un contemplatif, surtout quand il est seul. D’une manière générale, ce n’est pas quelqu’un qui s’affole ni laisse transparaître ses sentiments.

Anne PLANTAGENET, Trois jours à Oran
Parution : Janvier 2014 – Stock

2 réflexions sur « Trois jours à Oran – Anne Plantagenet »

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