Tomber sept fois, se relever huit – Philippe Labro

Philippe LABRO - Tomber sept fois, se relever huit - Folio

Tomber sept fois, se relever huit est le très beau témoignage autobiographique de Philippe Labro, qui a du faire face dans les années 1999/2000 à une dépression qui l’a broyé de nombreux mois.

Publié en 2003, ce livre a été écrit quelques années seulement après la dépression, comme si Philippe Labro avait eu besoin de ce texte pour sortir totalement de la maladie, s’y confronter une dernière fois, sans faux-semblants, sans se cacher derrière la fiction, pour regarder en face à ce qui lui était vraiment arrivé.

Ce court laps de temps permet un récit détaillé et proche des souvenirs, avec un ressenti encore à fleur de peau et d’une grande sensibilité qui ébranle. Il nous livre ce qu’il a de plus personnel, nous fait entrer dans son intimité avec courage et franchise. Chapeau.

Attention, ce livre n’a rien de triste ou de déprimant, bien au contraire.

Il raconte par le menu les premiers signes de la maladie, les effets physiques, l’extrême fatigue, le refus de dire le mot, d’admettre que quelque chose « ne va pas », sans que l’on sache quoi, ni pourquoi (Un homme qui a tout, pourquoi serait-il en dépression ?) dans une langue magnifique, fluide et passionnante.

C’est toute la beauté de ce livre, de reprendre les petits détails qui font que cela déraille, de constater cette difficulté à surmonter, cet immense abattement qui écrase toute envie, toute volonté, toute force, qui rend apathique le plus actif et l’homme le plus battant.

Ce récit d’un homme brillant, respecté et connu dans le tout Paris, auteur à succès de L’étudiant étranger parmi d’autres livres, qui avoue une « faiblesse » qui le dépasse, raconte avec reconnaissance et amour la force qu’il a fallu à sa femme pour l’aider et le soutenir malgré lui, est profondément touchant et perturbant. Car la dépression, c’est aussi reconnaitre les vrais amis, ceux qui sont vraiment là quand d’autres n’attendent que la chute, c’est ne plus réussir à assumer son rôle professionnel et social, ni son rôle de père, de mari, d’ami.

Un témoignage dévoré, à lire, à offrir, qui permet aussi de comprendre cette maladie si difficile à appréhender qu’est la dépression nerveuse. Une sacrée belle découverte.


Présentation des éditions Folio – 4e de couverture :

« C’est arrivé subrepticement, sournoisement, sans prévenir, une vraie saloperie, une lente et insidieuse pénétration. Je suis l’esclave d’une chose indéfinissable qui est en train de me détruire et je lui obéis sans aucune résistance. »
«Quelque chose a changé». Ce «quelque chose» n’est autre que le début de la plongée dans une dépression nerveuse dont le célèbre romancier a été victime.
Dans un récit vécu, sans fard ni concession, l’auteur de La traversée raconte ce que signifie perdre le désir, l’énergie, la passion, l’estime de soi. Avec un style intime, conduit par le souci authentique de restituer «cette tristesse sans larmes», et «dire comment c’était», selon la formule de ses maîtres en écriture, Hemingway et Hugo, Philippe Labro évoque les effets de «la broyeuse» qui vous ronge le ventre.
Mais ce témoignage unique, porté par le souffle de l’écriture, constitue aussi une éclatante affirmation de la force de la vie et de l’amour.


Philippe LABRO
Tomber sept fois, se relever huit
Folio n°4264, octobre 2005, 256 pages
(Albin Michel, 2003)

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