Tenir jusqu’à l’aube – Carole Fives

Carole FIVES - Tenir jusqu'à l'aube - Gallimard:L'Arbalète

Dans un roman qui flirte avec le huis clos à soupapes, Carole Fives s’approche au plus près du sentiment d’enfermement, du besoin d’air et de liberté d’une femme qui élève seule son enfant, sans les moyens financiers pour le faire garder.

Le phénomène est tellement courant, qu’un mot existe sur les réseaux sociaux, ce ne sont plus des « mères célibataires », ce sont les « solos ». La profondeur de la solitude raisonne fort dans ce diminutif marquant qui renvoie aux difficultés de la gestion du temps et de l’organisation.

Comment faire pour travailler, faire garder son enfant quand les crèches sont pleines, les moyens financiers limités, faire ses courses, trouver la solution au casse-tête, éviter la pente de la dépression. Et surtout, prendre l’air et le temps de respirer.

J’ai particulièrement apprécié le style vif et rapide de Carole Fives, très rythmé par le déroulé de la journée et surtout, l’arrivée de la soirée, de la nuit. On ressent le souffle, l’urgence, le besoin de respirer, de s’accorder du temps, de vivre un instant pour soi.

Un petit bémol sur la fin qui m’a donné l’impression de manquer de crédibilité, alors que tout le reste du roman est tellement réaliste que l’on croit vivre et respirer en même temps que l’héroïne. Mais ce ne sont que quelques pages.

Tenir jusqu’à l’aube est un flash touchant et tranchant de la vie contemporaine d’une mère, parmi beaucoup d’autres mères « solos » aujourd’hui.

Prix littéraires :
Sélection Prix du roman Fnac 2018
1ère Sélection Prix Médicis 2018
1ère Sélection Prix Wepler 2018


La présentation des éditions Gallimard / L’arbalète :

Une jeune mère célibataire s’occupe de son fils de deux ans. Du matin au soir, sans crèche, sans famille à proximité, sans budget pour une baby-sitter, ils vivent une relation fusionnelle. Pour échapper à l’étouffement, la mère s’autorise à fuguer certaines nuits. À quelques mètres de l’appartement d’abord, puis toujours un peu plus loin, toujours un peu plus tard, à la poursuite d’un semblant de légèreté.

Comme la chèvre de Monsieur Seguin, elle tire sur la corde, mais pour combien de temps encore ?

On retrouve, dans ce nouveau livre, l’écriture vive et le regard aiguisé de Carole Fives, fine portraitiste de la famille contemporaine.


Carole FIVES, Tenir jusqu’à l’aube
L’arbalète / Gallimard, août 2018, 192 pages.

8 réflexions sur « Tenir jusqu’à l’aube – Carole Fives »

  1. En effet je l’ai lu en un après-midi aussi !
    L’auteure réussit vraiment bien à décrire ce sentiment d’isolement et de solitude que peuvent ressentir certaines femmes !
    Merci pour ce conseil de lecture

  2. Je l’ai lu récemment. je trouve qu’il décrit bien le quotidien d’une femme seule avec un enfant, dans la précarité. Etant lyonnaise, j’ai bien retrouvé l’ambiance du quartier où vit l’héroïne (Brotteaux). C’est un roman très réaliste. Un regret : j’attendais un peu plus de moments d’évasion, lorsqu’elle sort le soir.

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