Stoner – John Williams

John WILLIAMS - Stoner - J'ai Lu

Stoner est un délice ! Pourtant, c’est un roman qui ne rencontra pas son public lors de sa publication en 1965. En France, il sortira de l’ombre en 2011 grâce aux éditions Le Dilettante et à Anna Gavalda, qui admire tellement Stoner qu’elle décide de le traduire en français et heureusement !

Stoner est le héros principal du roman, inspiré du moins en partie de la vie de son auteur John Williams, décédé en 1994. Jeune homme issu d’une famille de fermiers, il quitte ses parents pour étudier l’agronomie dans une université du Missouri en 1910. Un cours lui fait découvrir la littérature dont il ignore tout. L’éblouissement est tel qu’il vouera sa vie à l’enseigner.

Ce magnifique roman a la particularité de ne rien contenir d’exceptionnel, si ce n’est une douceur, une fluidité et un détachement par rapport à la vie qui s’écoule, un peu en dehors du personnage de Stoner, qui est loin d’être un héros. Homme solitaire, il vit en dehors de la grande Histoire, les guerres mondiales ne semblent pas le concerner, pas plus que l’intensité ou les grands projets.

Un roman qui raconte une vie, un mariage sans surprise, un couple sans bonheur, une passion dévouée aux livres, de rares amis, un ennemi tenace, mais surtout, un homme simple qui ne s’affirme pas ou rarement, un homme qui est parfois dépassé par les évènements, un homme qui peut se laisser écraser ou réagir de manière inattendue quand on ne l’attend pas.

Au fur et à mesure de la lecture de ce livre – qui comporte je dois l’avouer un rythme parfois un peu lent et lancinant, à la manière du long fleuve tranquille, avec des légères pointes d’ennui, comme dans la vie de Stoner, comme dans la vraie vie – je m’accrochais de plus en plus à cet homme touchant, à sa sincérité et ses valeurs, à ses contraintes et ses convenances.

Un personnage que j’aimais et admirais de plus en plus à chaque découverte plus intime et personnel de ce qu’il était réellement, et que je n’arrivais tout simplement plus à quitter. Stoner m’a conquise et charmée.

Pour Colum McCann, Stoner un grand oublié de la littérature américaine, comme le raconte Anna Gavalda dans la page de l’éditeur Le Dilettante.

Ne faites surtout pas comme moi, n’oubliez pas ce roman sur une étagère !

John WILLIAMS, Stoner
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Anna Gavalda

Le Dilettante, 2011, 384 pages
J’ai lu, 2013.

4 réflexions sur « Stoner – John Williams »

    • Tout à fait d’accord ! Et j’ai ressenti vraiment ce charme augmenter au fil de ma lecture, plus je découvrais Stoner, plus je l’aimais.

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