Station eleven – Emily St. John Mandel

station eleven

Lecture post-apocalyptique. Toronto, Arthur Leander interprète Le Roi Lear et s’écroule sur scène. C’est le premier décès d’une série qui va décimer la quasi totalité de la planète. A la suite de cette grippe foudroyante inattendue, des jeunes gens adeptes de théâtre vont constituer une troupe itinérante.

Un des livres événements de la rentrée littéraire d’août 2016, j’attendais avec impatience de le lire, les avis étant tellement positifs. C’est toujours le même risque d’entamer une lecture avec une trop grande attente, que l’attente soit déçue et ce fut un peu le cas avec Station Eleven.

Ma déception s’est située à plusieurs niveaux. Je m’attendais à lire une histoire qui parlait beaucoup de théâtre, et notamment de Shakespeare. Certes, c’est le fil directeur, mais il est au final assez peu question de théâtre en tant que tel, et assez peu question de Shakespeare.

Je m’attendais ensuite à lire un texte qui me prendrait aux tripes. L’écriture d’Emily St. John Mandel est agréable et fluide, et je n’ai rien à redire à la traduction, ceci étant, je n’ai pas été accrochée autant qu’espéré, et je n’ai pas été subjuguée par son style.

Les points positifs maintenant, je l’ai bien aimé quand même ce roman ! La grande réussite de Station Eleven se situe dans sa construction et le parallèle entre les histoires des personnages avant la catastrophe et leur vie post-apocalypse. Emily St. John Mandel tisse des liens, opère des regroupements, crée tout un réseau de correspondances sacrément bien ficelé.

Cela permet un regard sur l’évolution des personnages, sur les espoirs des uns, le passé des autres, la façon dont ils ont changé à la suite de la pandémie. Elle met à mal le star système ou les sectes et entre dans la tête de plusieurs personnages pour réussir à les faire vivre à des époques différentes.

Emily St. John Mandel n’exploite pas à outrance le côté post-apocalyptique, elle se sert de ce prétexte pour projeter ses personnages une vingtaine d’années après les événements et les faire évoluer dans un monde qui a totalement changé, et qui permet ainsi des interrogations existentielles sur la solidarité, la sécurité, les souvenirs, la richesse et tant d’autres sujets importants. Ce roman, qui contient des rebondissements, n’est cependant pas un roman d’aventures enlevées et héroïques, mais bien plus un livre assez mélancolique sur le passé, les souvenirs et le temps qui s’écoule.

L’avis Coup de coeur d’Ariane.

Prix littéraire :
Finaliste du National Book Award
Prix des libraires du Québec 2017


Les premières lignes :

Le roi se tenait, à la dérive, dans une flaque de lumière bleue. C’était l’acte IV du Roi Lear, un soir d’hiver à l’Elgin Theatre de Toronto. En début de soirée, pendant que les spectateurs entraient dans la salle, trois fillettes – versions enfantines des filles de Lear – avaient joué à se taper dans les mains sur le plateau, et elles revenaient maintenant sous forme d’hallucinations dans la scène de la folie.

Présentation de l’éditeur Rivages :

Dans un monde où la civilisation s’est effondrée suite à une pandémie foudroyante, une troupe d’acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Un répertoire qui en est venu à représenter l’espoir et l’humanité au milieu de la désolation.
Le roman évènement de la rentrée littéraire, finaliste du National Book Award aux Etats-Unis, qui fera date dans l’histoire de la littérature d’anticipation.


Emily St. JOHN MANDEL
Station Eleven
Traduit de l’anglais (Canada) par Gerard de Cherge
Payot & Rivages, Août 2016, 480 pages.
VO : 2013, Station Eleven

Lecture de la Rentrée littéraire d’août 2016.

21 réflexions au sujet de « Station eleven – Emily St. John Mandel »

  1. Comme je suis triste de voir qu’il ne t’a pas tant plu que ça… C’est un livre que je garde en tête depuis que je l’ai lu et que je ne suis pas prête d’oublier.
    Je comprends complètement ce que tu dis à propos du contexte théâtral car moi aussi je m’attendais à ce que cela parle plus de Shakespeare (la 4ème de couverture est trompeuse, si mes souvenirs sont bons).

  2. Enorme coup de coeur pour moi qui ai eu la chance de le lire en avant-première. Une belle réflexion sur les traces que nous laissons, sur ce qui reste d’une civilisation lorsqu’elle a disparu. J’ai également eu la chance de rencontrer l’auteur, aussi intéressante qu’étonnante.

    • Je n’ai pas rencontré l’auteur « en direct », mais lors du Festival America, j’avais participé à une rencontre dont j’ai totalement oublié le thème, mais il devait certainement être tourné autour du thème de son livre. Je l’avais en effet trouvé étonnante.

  3. un énorme coup de coeur pour moi ! je ne suis pas fan du tout des romans post-apocalyptiques donc j’étais heureuse que le roman ne tourne pas autour de ça et mon avis rejoint celui d’Eva. Je viens de finir un roman salué par tous et je me suis presque ennuyée.. trop d’attente ? peut-être

    • Je n’étais pas spécialement fan non plus des romans post-apocalyptiques, du moins a priori. Mais c’est vrai que mes récentes découvertes sur le genre sont en train de faire pencher la balance de l’autre côté. Et je pense que trop d’attente est en effet néfaste pour un roman, on attend de l’exceptionnel, et on est déçu, même si le livre reste bon.

  4. Un livre que j’avais beaucoup aimé! j’ai particulièrement apprécié la construction basée sur les différentes époques. Mais effectivement, la 4e de couverture est trompeuse, on s’attend donc à un récit qui parle d’art alors que ce n’est pas vraiment le cas.

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