Snow Queen – Michael Cunningham

Michael Cunningham - Snow Queen - Belfond

En instaurant son histoire en hiver, dans une ambiance blanche et neigeuse, on flotte perpétuellement dans une espèce de fraicheur floconneuse nostalgique et mélancolique des histoires déçues. Snow Queen n’est pas le livre de l’optimisme et de la joie de vivre, mais celui du renoncement et en même temps, presque paradoxalement, du renouveau.

Le nombre de personnages est très réduit. Barrett, qui ne réussit pas vraiment dans sa vie, et semble rater toutes ses histoires amoureuses homosexuelles, vit avec son frère Tyler (musicien raté), et la petite amie de ce dernier, Beth, atteinte d’un cancer avancé. Ce trio avance dans la vie aux côtés de leur amie quinquagénaire Liz, qui elle, recherche l’amour derrière des visages jeunes et beaux. Sans vraiment s’en rendre compte – ou vouloir s’en rendre compte – ils semblent tous flotter dans des incertitudes existentielles qui paraissent vaines et sans issue.

Ce qui m’a énormément plus dans ce livre, c’est vraiment l’ambiance cotonneuse et un peu tristounette qui enveloppe tous ces destins et désillusions présentes ou latentes. Le déroulé est assez lent, assez intérieur. Michael Cunningham préfère s’intéresser aux pensées des uns et des autres, plutôt qu’à leurs actes. Cet aspect psychologique et tout en intériorité est vraiment le point fort de ce roman.

J’ai aussi trouvé qu’il parvenait à créer des relations vraiment fortes entre les amis, que les relations soient amicales, amoureuses ou sensuelles. A chaque fois, le désir – sans le limiter au désir corporel – est presque palpable. Désir de devenir quelqu’un d’autre, désir d’exister, désir de vivre, désir d’aimer, et ce qui est très beau et assez triste en même temps, ce sont tous ces espoirs déçus, toutes ces envies qui passent et fondent comme la neige, sans permanence, et qui reviennent avec un visage différent d’une année sur l’autre.

J’ai envie de conseiller ce livre, mais je crains un peu qu’il soit trouvé trop lent, pas assez énergique et trop nostalgique. C’est justement cette ambiance que j’ai aimée.

Librairies DialoguesLire aussi l’avis intéressant de Valérie (chez Sylire).

Un grand merci à la Librairie Dialogues.

Les premières lignes de Snow Queen :

Une lueur apparut à Barrett Meeks dans la voûte céleste au-dessus de Central Park quatre jours après que l’amour l’avait une fois de plus malmené. Ce n’était certes pas son premier uppercut sentimental, mais c’était le premier qui lui était administré via un texto de cinq lignes, dont la dernière se terminait par ces mots, cruellement formels : « bonne chance pour la suite », le tout suivi de trois xxx en bas de casse.

La 4e de couverte des éditions Belfond :
(ou présentation différente sur le site Belfond)

Avec toute la grâce et la subtilité qu’on lui connaît, Michael Cunningham nous offre une nouvelle plongée dans le New York des âmes perdues, l’histoire poignante d’hommes et de femmes en quête de transcendance, à travers l’amour et l’art.

Challenge rentrée d'hiver 2015Michael CUNNINGHAM
Snow Queen
Traduit de l’anglais (américain) par Anne Damour
Belfond, mars 2015, 278 pages

6 réflexions au sujet de « Snow Queen – Michael Cunningham »

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