Six fourmis blanches – Sandrine Collette

Sandrine Collette - Six fourmis blanches - Denoel

Deux promenades en montagne, aucune ne se terminera bien. Sandrine Collette réussit avec Six fourmis blanches un roman « Sueurs froides », dans la lignée de son précédent livre, le sublime Des noeuds d’acier.

Mathias est le sacrificateur des villages alentours et de ses montagnes maudites. En quoi consiste un sacrificateur ? Choisir des chèvres et les jeter du haut de la montagne pour conjurer le mauvais sort et détourner le diable de la vie des familles locales.

Lorsque Carche, le « parrain » du coin, lui demande d’emmener avec lui son petit-fils, pour lui apprendre le métier, Mathias sait qu’il fait une erreur.

Et il n’est pas le seul. Lou n’aurait peut-être pas du partir faire une randonnée dans la montagne où la tempête va transformer ses vacances en cauchemar. Aurait-elle pas dû écouter Vigan, leur guide, au lieu de suivre son intuition, d’avoir peur de la neige, du froid, du diable ?

Malgré une narration croisée Mathias/Lou qui empêche un peu de se plonger pleinement dans une seule histoire, mais oblige le lecteur à passer de l’une à l’autre, Sandrine Collette réussit à installer une ambiance tendue, d’abord par petites touches, de manière insidieuse, puis de manière de plus en plus évidente, et cette tension va agréablement augmenter jusqu’à exploser en plusieurs petits feux d’artifices.

♡♡ Si j’ai aussi regretté quelques longueurs et quelques clichés faciles, et préféré Des noeuds d’acier, j’ai aimé cette ambiance Livre Catastrophe, ces combats des hommes contre eux-même, contre les autres, et surtout contre cette montagne maudite inhospitalière et enneigée qui fait perdre les sens et la tête. Lorsque le froid et la nuit s’assemblent pour annihiler tout geste et toute pensée, rien à faire, plus rien ne devient cohérent, la terreur s’installe et tout déraille avec un brio glaçant et réjouissant.

Lire aussi l’avis de Sandrine

Les premières lignes :

Le mal suinte de ce pays comme l’eau des murs de nos maisons tout le long de l’hiver. Enraciné en nous, telle une sangsue fossilisée sur une pierre.

Présentation par les éditions Denoël :
(ou lien site Denoël)

Le mal rôde depuis toujours dans ces montagnes maudites. Parviendront-ils à lui échapper?

Dressé sur un sommet aride et glacé, un homme à la haute stature s’apprête pour la cérémonie du sacrifice. Très loin au-dessous de lui, le village entier retient son souffle en le contemplant.
À des kilomètres de là, partie pour trois jours de trek intense, Lou contemple les silhouettes qui marchent devant elle, ployées par l’effort. Leur cordée a l’air si fragile dans ce paysage vertigineux. On dirait six fourmis blanches…
Lou l’ignore encore, mais dès demain ils ne seront plus que cinq. Égarés dans une effroyable tempête, terrifiés par la mort de leur compagnon, c’est pour leur propre survie qu’ils vont devoir lutter.

Challenge petit bac 2015Challenge rentrée d'hiver 2015Sandrine COLLETTE
Six fourmis blanches
Janvier 2015, Denoël (Sueurs froides), 276 pages

10 réflexions au sujet de « Six fourmis blanches – Sandrine Collette »

    • Je dois encore lire Un vent de cendres, que tu avais préféré, j’avais noté ton conseil dans mon calepin « spécial conseils de lecture » ;-)

  1. J’avais beaucoup aimé Des noeuds d’acier, mais je ne sais pas pourquoi, j’ai peur de ne pas aimer ses autres livres (Un vent de cendres et celui-ci). Ce que tu dis sur les qq longueurs et les clichés, tu vois, c’est un peu ce que je redoute.

  2. Est-ce que tu as compris avant le moment crucial comment les deux récits allaient se rencontrer ? Je te demande ça parce que moi, je n’ai rien vue venir, mais comme c’est une habitude chez moi, j’aimerais savoir si on peut renifler la chose avant…

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