Silo – Hugh Howey

Hugh HOWEY - Silo - Babel

Roman post-apocalyptique très réussi, la vie est organisée dans un silo autour d’un immense escalier central et plusieurs dizaines d’étages. Dehors, l’air est toxique depuis plusieurs générations. Mais quand de petits grains de sable viennent perturber le système…

Ce premier roman m’a happée dès le premier chapitre. J’ai tout de suite accroché avec le personnage Holston, que l’on rencontre immédiatement, mais cela a été le cas avec plusieurs autres personnages, comme Jahns, Marnes, Juliette…

On peut dire que ça commençait bien, d’autant plus que Hugh Howey a réussi à très vite me surprendre. Et je me suis dit chapeau, il m’avait mise dans sa poche. Mon envie de découvrir la suite de l’histoire a immédiatement pris le pas sur le plaisir et la joie d’avoir été surprise.

Ce n’est pas tout. Cette dystopie axée autour d’un silo encastré est sacrément bien construite. On arrive à croire à l’ensemble, à l’organisation politique, matérielle, sociétale. Le concept de l’isolement et du confinement est bien encadré et joue son rôle sclérosant et inquiétant. Une seule fenêtre permet de voir l’extérieur. Mais cette fenêtre prend la poussière, il faut parfois nettoyer … Les détails et le fonctionnement réfléchi du système, cette micro-société avec un maire, un shérif, mais aussi plusieurs choses mystérieuses (comme le fameux DIT, qui semble en savoir et en avoir plus que les autres, la maîtrise des naissances…), en font un mini-monde confiné parfaitement concret et réaliste. On s’y croirait.

Sans compter bien évidemment que l’écriture est parfaite pour permettre au lecteur de plonger dans ce pavé, et d’y rester sans jamais s’ennuyer. Elle est fluide, visuelle (d’ailleurs, le livre va être adapté au cinéma), accessible sans être simpliste. Hugh Howey a par ailleurs la manière de savoir maintenir son suspens, même s’il utilise parfois certaines facilités, je peux vous assurer que vous allez avoir envie de tourner les pages.

Et puis quand même, il réussit à mêler des histoires dans l’histoire, de nombreux dénouements, des fils qui se nouent et se dénouent. On est parfois à la limite du roman d’aventures dans un futur sans date ni passé précis, le seul passé connu semblant être le nôtre. Je n’ai pas cherché à deviner ni à anticiper, je me suis laissée emporter avec un immense plaisir, même si la fin mérite un petit bémol, il reste petit au regard de tout le reste, et le romanesque est sauvegardé.

A noter que ce roman a d’abord été auto-édité, avant d’être repéré et de devenir un phénomène littéraire. Il s’agit du premier volume d’une trilogie, les deux volumes qui suivent sont : Silo Origines (n°2) et Silo Générations (n°3). Il s’agit aussi du premier livre de la collection « Exofictions » d’Actes Sud. Inutile de préciser que je vais bien sûr lire la suite !

Lecture commune avec Ariane, malheureusement moins enthousiaste.


Hugh Howey est né en 1975. Successivement capitaine de yacht et de voyage, puis employé dans une librairie universitaire, il vit désormais en Floride. Véritable phénomène éditorial, Silo s’est vendu à plus de 500 000 exemplaires aux États-Unis et a été traduit en vingt-quatre langues. Les droits cinéma de la trilogie ont été achetés par Ridley Scott.
(Source : Actes Sud)

En savoir plus : site de l’auteur.


Les premières lignes :

Les enfants jouaient pendant qu’Holston montait vers sa mort ; il les entendait crier comme seuls crient les enfants heureux. Alors que leurs courses folles tonnaient au-dessus de lui, Holston prenait son temps, et chacun de ses pas se faisait pesant, méthodique, tandis qu’il tournait et tournait dans le colimaçon, ses vieilles bottes sonnant contre les marches.

La présentation des éditions Actes Sud :

Dans un futur postapocalyptique indéterminé, quelques milliers de survivants ont établi une société dans un silo souterrain de 144 étages. Les règles de vie sont strictes. Pour avoir le droit de faire un enfant, les couples doivent s’inscrire à une loterie. Mais les tickets de naissance des uns ne sont redistribués qu’en fonction de la mort des autres.
Les citoyens qui enfreignent la loi sont envoyés en dehors du silo pour y trouver la mort au contact d’un air toxique. Ces condamnés doivent, avant de mourir, nettoyer à l’aide d’un chiffon de laine les capteurs qui retransmettent des images de mauvaise qualité du monde extérieur sur un grand écran, à l’intérieur du silo.
Ces images rappellent aux survivants que ce monde est assassin.
Mais certains commencent à penser que les dirigeants de cette société enfouie mentent sur ce qui se passe réellement dehors et doutent des raisons qui ont conduit ce monde à la ruine.


Hugh HOWEY
SILO
Actes Sud, septembre 2013, 557 pages.
Babel, Novembre 2014, 640 pages.
VO : 2012, Wool

8 réflexions au sujet de « Silo – Hugh Howey »

  1. Un autre blogueur québécois (qui a malheureusement arrêté son blog) avait adoré Silo et à chaque fois que je croise ce roman en librairie, j’ai une pensée pour lui. Même si ce n’est pas mon thème de prédilection, ton billet me redonne envie de le lire un jour !

    • C’est marrant Electra, j’ai tourné autour de ce livre longtemps avant de me décider. J’aurais du suivre mon instinct plus tôt. Moi non plus, ce n’est pas a priori mon thème de prédilection, mais je constate à chaque fois que j’aime bien les ambiances « hors temps » et « apocalyptiques » c’est romanesque, et en même temps, cela permet de parler indirectement de notre quotidien. Bref, je vais poursuivre ma découverte du genre !

    • Merci Ariane, je suis ravie de cette lecture commune ! Je regrette que tu ne sois pas plus enthousiaste, je vais donc continuer cette trilogie en solo, mais j’espère que dans un mois, on se retrouvera mieux ;-)

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