Satan habite au 21 – Jean-Pierre de Lucovich

Jean-Pierre de Lucovich - Satan habite au 21 - l Archipel

Satan habite au 21 est une fracassante histoire construite autour de la fuite du fameux Docteur Petiot, en mars 1944, lorsque le massacre du 21 rue le Sueur est découvert et que le commissaire Massu entre en scène.

Le 36 (futur Quai des orfèvres) fera appel au détective privé Jérôme Dracéna pour les aider à retrouver Petiot et gérer d’autres affaires qui gravitent autour. Dracéna ne fait pas dans la dentelle, la délicatesse dans l’action est pour d’autres et les cadavres vont pleuvoir.

Chaque page donne l’impression d’entrer dans l’univers de Hammett ou de Simenon, et dès que l’on croise une femme, on hésite entre Arletty – qui est au demeurant citée à plusieurs reprises – Marlène Dietrich ou Greta Garbo. Jean Gabin serait d’ailleurs le personnage idéal pour incarner le détective privé Jérôme Dracéna à la gueule d’amour.

Jean-Pierre de Lucovich réussit de manière étonnante l’ambiance parisienne sous l’occupation des bas-fonds, de la nuit et des entraîneuses de l’époque. Les détails sont nombreux, le livre est très documenté, sans effort semble-t-il, c’est fluide, historique, on s’y croirait.

Pas de grandes phrases littéraires, on parle, on agit vite, ça fuse, une rixe fait suite à un meurtre, puis à une trouvaille, à une nouvelle bagarre. Cela va tellement vite qu’on peine parfois à reprendre son souffle (et à suivre), des brigands sont à tous les coins de rue, ça fourmille. En plus, tout est très visuel et on ne cesse de passer d’une photographie à une autre. On dirait un scénario qui va bientôt être mis en scène, avec de nombreux dialogues fignolés, des caricatures du genre.

Que l’on apprécie ou pas ce type de littérature, une chose est certaine, la recherche du Docteur Petiot est une belle idée, très aboutie et bien réussie.

Les premières lignes :

- Allô, oui, bonsoir patron.
Le commissaire Massu, Chef de la Brigade criminelle. Jacques s’était figé. Les secondes s’écoulèrent, interminables. Jacques répondit :
- Oui patron, d’accord patron, attendez, je note l’adresse, 21 rue Le Sueur dans le XVIe, entre l’avenue Foch et l’avenue de la Grande-Armée. Je vous attends là-bas.

La présentation de la 4e de couverture par les éditions de l’Archipel :

Paris, 11 mars 1944. Appelés pour un incendie rue Le Sueur, les pompiers et la police découvrent dans les caves d’un hôtel particulier un charnier de vingt-sept cadavres dissous dans la chaux vive. L’enquête révèle que le propriétaire, un certain Dr Petiot, avait promis à ses victimes de les faire passer en Amérique du Sud, moyennant finances. Lancé à la poursuite de celui que la presse surnomme « Docteur Satan », le détective privé Jérôme Dracéna va devoir affronter un génie du crime, maître de l’illusion, à l’image de Fantômas ou du diabolique Dr Mabuse. Il nous entraîne dans un Paris de film noir qui attend la Libération, où s’entrecroisent collabos sur le départ, vedettes compromises, gestapistes en cavale, trafiquants aux abois et résistants de la onzième heure. Mêlant avec brio le roman, l’histoire et l’enquête, Jean-Pierre de Lucovich réinvente un des plus effroyables faits divers de l’Occupation.

Jean-Pierre DE LUCOVICH
Satan habite au 21
Janvier 2015, L’Archipel, 454 pages

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2 réflexions sur « Satan habite au 21 – Jean-Pierre de Lucovich »

    • Tiens, tu m’en diras des nouvelles. Je pense vraiment que le lire a des qualités, c’est très documenté, mais ce n’est pas le genre que j’adore ;-)

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