Romain Gary s’en va-t-en guerre – Laurent Seksik

Laurent SEKSIK - Romain Gary s'en va-t-en guerre - Flammarion

Romain Gary, Emile Ajar, un grand écrivain, deux prix Goncourt, une vie qui semble directement sortie d’un roman, entre réalité et fiction, Laurent Seksik lui rend un agréable hommage biographique.

Surtout Laurent Seksik innove. Il ne réécrit pas la Promesse de L’aube de Romain Gary, mais choisit les jours des 25 et 26 janvier 1925 pour nous raconter des bribes d’enfance et nous rappeler que la vie et ses hasards tiennent à peu de chose.

Malgré tout, la vie de l’écrivain n’a pas été réinventée, et pour ceux qui ont lu le roman biographique de la « Promesse », vous retrouverez avec plaisir et une similitude réussie sa mère fantasque, entièrement dévouée à son fils Roman Kacew.

La période choisie est celle de Wilno, de la séparation avec le mari et père, Arieh Kacew, avant le départ à Nice. Et c’est là l’intérêt principal du livre, c’est ce père qui a laissé femme et enfant pour une autre femme, Frida, avec qui il aura un autre enfant.

Si on connait assez bien la mère de Romain Gary, on connait beaucoup moins la figure réelle de son père, et la raison en est simple. De son vivant, Romain Gary s’est inventé pour lui, pour les autres une figure et une image d’un père fictionnel, peut-être pour éloigner un père décevant, ou comme il l’a fait pour lui même, pour s’amuser et créer un personnage, comme dans les livres, un personnage plus intense, plus artiste, loin du père qui a été réellement le sien.

Sans jamais un mot de trop, Laurent Seksik trace le chemin d’un écrivain à venir, rappelle la force des origines familiales, comme il l’avait déjà fait dans L’exercice de la médecine, et dans le superbe Le cas d’Eduard Einstein.

Une lecture agréable partagée avec Jostein.


Les premières lignes :
(Lire un extrait plus long)

Elle fouilla le premier tiroir du bahut, en sortit un à un les objets qui s’y trouvaient, ses mains agitées d’un léger tremblement qui n’était pas dû à l’air glacial pénétrant dans la pièce par les interstices de la fenêtre.

La présentation des éditions J’ai lu :

Le génie de Romain Gary, c’est sa mère.
Mais le mystère Gary, c’est son père, au sujet duquel le romancier-diplomate a toujours menti.

Laurent Seksik lève le voile sur ce mystère en ressuscitant la véritable figure du père, dans un roman à la fois captivant, bouleversant et drôle, où la fiction fraternise avec la réalité pour cerner la vérité d’un homme.


Laurent SEKSIK
Romain Gary s’en va-t-en guerre
Flammarion, Janvier 2017, 240 p.
J’ai lu, janvier 2018, 254 p.

3 réflexions au sujet de « Romain Gary s’en va-t-en guerre – Laurent Seksik »

  1. Lecture certes agréable, mais sans plus, pour moi, qui ne m’a pas apporté grand-chose. En revanche, ça m’a donné envie de relire La promesse de l’aube.

  2. Je devrais lire La promesse de l’aube. J’ai découvert une petite partie de la vie de Roman Kacev. J’ai peut-être besoin d’en savoir un peu plus.
    Quelques belles rencontres dans ce récit.
    Merci pour cette lecture

    • Merci à toi, j’adore ces lectures en commun, d’autant plus que j’ai un petit faible pour l’écriture de Laurent Seksik, même si ce roman n’est pas un coup de coeur :-)

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