Rebecca – Daphné du Maurier

Daphné du Maurier - Rebecca - Albin Michel

On ne présente plus Rebecca, le livre de Daphné du Maurier publié en 1938, adapté par Hitchcock et qui vient de sortir dans une nouvelle traduction de Anouk Neuhoff chez Albin Michel. Un classique à lire ou relire sans hésiter !

Demoiselle de compagnie de Mme Van Hopper, la narratrice fait la rencontre à Monte Carlo de Maximilien de Winter, le propriétaire richissime de la propriété Manderley, connu de tous, qui vient de perdre sa femme Rebecca moins de dix moins auparavant. Contre toute attente, il lui demande de devenir sa nouvelle épouse.

Ravie, la nouvelle Madame de Winter accepte, mais devenir la nouvelle maîtresse de maison de cette demeure énigmatique n’est pas aussi facile que ce qu’elle espérait, surtout lorsqu’on est jeune, sans réelle beauté, ni assurance. Surtout lorsque la présence de Rebecca, l’ancienne femme de son mari, flotte dans chaque pièce de la maison, dans chaque sous-entendu, dans chaque regard des domestiques ou des voisins, dans chaque silence.

Le premier intérêt de cette histoire mystérieuse, c’est qu’elle prend sa place dans un immense domaine anglais aux allures gothiques, aux couleurs sombres et escaliers cachés, de la première moitié du XXe siècle. S’ajoute à ce lieu inquiétant, certains personnages étranges, ainsi que des convenances sociales particulièrement pesantes. Rapidement, les indices apparaissent et les doutes s’installent ….

Ce que j’aime particulièrement dans Rebecca, c’est vraiment cette ambiance lourde et délétère qui s’instaure dès l’arrivée des nouveaux époux à Manderley. La présence latente de la défunte Rebecca rode dans chaque parole, pièce ou allusion. Un malaise difficilement déchiffrable s’insinue, accentué notamment par l’attitude hostile affichée de la gouvernante du domaine, Madame Danvers, perfide et détestable.

En tant que lecteur, on entre très vite dans cette intrigue centrée autour de la lourdeur du secret entourant Rebecca, qui va se dévoiler petit à petit pour prendre une tonalité policière inattendue dans la dernière partie du livre. Si le suspens prend un autre virage, la tension reste cependant bien présente et explique parfaitement bien pourquoi Rebecca est devenu un classique intemporel dont la relecture est aussi plaisante que sa découverte.

Lecture commune (très décalée …) dans le cadre du mois anglais de la blogosphère.

Les premières lignes de Rebecca :

J’ai rêvé la nuit dernière que je retournais à Manderley. Je me tenais près de la grille qui donnait sur l’allée, mais impossible d’entrer : le portail était fermé par un cadenas et une chaîne. J’appelais le gardien. Personne ne répondait.

La présentation de Rebecca par les éditions Albin Michel :

Une longue allée serpente entre des arbres centenaires, la brume s’accroche aux branches et, tout au bout, entre la mer et les bois sombres, un manoir majestueux : Manderley, le triomphe de Rebecca de Winter, belle, troublante, admirée de tous. Un an après sa mort, son charme noir hante encore le domaine et ses habitants.

La nouvelle épouse de Maxim de Winter, jeune et timide, pourra-t-elle échapper à cette ombre, à son souvenir ?
Immortalisé au cinéma par Alfred Hitchcock, le chef-d’œuvre de Daphné du Maurier a fasciné depuis sa parution plus de trente millions de lecteurs à travers le monde. Comme Les Hauts de Hurlevent ou Jane Eyre, Rebecca est devenu un des mythes de la littérature.
Paru pour la première fois en France en 1940, le livre est ici présenté dans une nouvelle traduction d’Anouk Neuhoff qui restitue toute la puissance d’évocation du texte originel et en révèle la noirceur et la complexité dramatiques.

Daphné du MAURIER
Rebecca
Edition présentée :
Traduit de l’anglais par Anouk Neuhoff
Albin Michel, mars 2015, 544 pages
VO : 1938, Rebecca

A year in EnglandChallenge un classique par moischallenge-un-pave-par-mois

12 réflexions au sujet de « Rebecca – Daphné du Maurier »

  1. Il me fait les yeux doux depuis ma bibliothèque. Cela sent la lecture de vacances à plein nez ! :) D’ailleurs as-tu lu le roman de Tatiana de Rosnay sur Daphné du Maurier ? Apparemment ce fut une femme très tourmentée et très intéressante.

    • Indira, je te confirme que c’est le livre parfait pour les vacances, un homme, des femmes, du mystère, de l’amour, des secrets … au milieu d’un domaine immense. S’il n’est pas fait pour l’été celui là !

      Je ne l’ai pas encore lu le roman de Tatiana, je voulais relire Rebecca avant, mais je vais le lire bientôt.

    • Ce n’est pas très porteur au premier abord le vieux qui épouse la jeune fille domestique, à l’heure de Fifty Shades ou de After ! Contente qu’elle ait adoré :-)

    • C’est aussi une relecture pour moi (enfin, les deux fois en français …), je ne me souvenais pas de tout, mais j’ai retrouvé exactement l’ambiance que j’avais dans mon souvenir. C’est un livre très marquant !

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