Quand tout est déjà arrivé – Julian Barnes

Julian Barnes - Quand tout est déjà arrivé - Mercure de France

Quand tout est déjà arrivé est un recueil de trois textes, qui sont plus des récits que des nouvelles, qui se répondent, mais sans se suivre réellement.

Le premier, Le péché d’élévation, nous parle du XIXe siècle, d’aéronautique, du vol en ballon de Sarah Bernhardt, de Fred Burnaby et de Monsieur Tournachon, qui va devenir le célèbre photographe Nadar.

Dans le deuxième récit, A hauteur d’homme, on retrouve une nouvelle fois Sarah Bernhardt et Fred Burnaby, Julian Barnes nous racontant alors leur rencontre et leur « relation » amoureuse.

Ces deux textes ont un caractère très documentaire et factuel, et on se rapproche beaucoup plus de l’essai historique que de la fiction romancée. Alors que le précédent roman de Julian Barnes, Une fille, qui danse, nous avait emporté, ces deux textes, au contraire, nous ont laissé à terre et on n’a pas réussi à le suivre dans ses deux voyages.

Le troisième en revanche, La perte de profondeur, est un très bel écrit, beaucoup plus personnel et beaucoup plus intéressant. Lorsque Julian Barnes raconte la perte et le manque de la personne aimée disparue, il nous a semblé plus juste et plus pertinent, plus impliqué, et nous a plus touché.

Ce dernier texte a permis de compenser la déception liée aux deux premiers, qui restent malgré tout bien écrits et historiquement intéressants.

Il est clair qu’à choisir, on recommande plutôt et sans hésiter Une fille, qui danse, qui est un roman superbe, qui lui n’ennuie pas une seconde, et dont on ressort ravi.

Les premières lignes de Quand tout est arrivé :

Vous réunissez deux choses qui n’avaient encore jamais été mises ensemble. Et le monde est changé. Les gens de le remarquent peut-être pas sur le moment, mais ça ne fait rien : le monde a quand même changé.

La présentation par l’éditeur Mercure de France :

 » Nous vivions à ras de terre, à hauteur d’homme et pourtant – et par conséquent – nous aspirons à nous élever. Créatures terrestres, nous pouvons parfois nous hisser jusqu’aux dieux. Certains s’élèvent au moyen de l’art; d’autres de la religion ; la plupart, de l’amour. Mais lorsqu’on s’envole, on peut aussi s’écraser. Il y a peu d’atterrissages en douceur. On peut rebondir sur le sol assez violement pour se casser une jambe, entraîné vers quelque voie ferrée étrangère. Chaque histoire d’amour est une histoire de chagrin potentielle. Sinon sur le moment, alors plus tard. Sinon pour l’un, alors pour l’autre. Parfois pour les deux. »

C’est à différentes altitudes que se situent les trois récits qui composent ce livre.
Le premier nous conte, avec souvent beaucoup d’humour, les différentes tentatives de l’homme pour voir le monde d’en haut. Et il s’attache plus particulièrement à celles de Nadar, qui, à bord d’un ballon, réalisa les premiers clichés aérostatiques en 1858.
Le deuxième se penche sur les amours de Sarah Bernhardt – souvent photographiée par Nadar et qui fit un tour en montgolfière ‑ avec un bel officier anglais. Là, on est « à hauteur d’homme ».
Le troisième nous parle – droit au cœur ‑ de ce qui se passe quand « tout est déjà arrivé », en l’occurrence, la mort de l’être qui vous était le plus proche et « qu’on est tombé de la plus grande hauteur ». Disons simplement que Julian Barnes est sans doute là au sommet de son art.

Julian BARNES, Quand tout est arrivé
Traduit de l’anglais par Jean-Pierre Aoustin
Parution : Février 2014 – Mercure de France

le-mois-anglais-juin 2014

Challenge rentrée d'hiver 2014

4 réflexions sur « Quand tout est déjà arrivé – Julian Barnes »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *