Petites scènes capitales – Sylvie Germain

Sylvie Germain - Petites scenes capitales - Albin Michel

Malgré la poésie, malgré l’écriture fine et recherchée, malgré une histoire familiale dont tout est fait pour que le lecteur adhère un maximum, malgré certains beaux passages d’écritures, Petites scènes capitales déçoit.

Dès le départ, il est difficile de croire vraiment au personnage de Lili, ou plutôt Barbara, que son père appelle Lili (devinez ? Oui, la petite a un problème identitaire …) Dès les premières lignes, à gros coups de marteau, Sylvie Germain nous fait bien comprendre la ligne directrice de son roman : drame narratif asséné, pathos sur pathos, sentimentalisme à outrance, et que le malheur gagne.

On commence avec la pauvre Lili, qui n’a vraiment pas de chance : sa mère est morte, son père ne fait pas attention à elle, (elle a des problèmes identitaires, vous avez compris…) elle se sent seule et incomprise dans sa nouvelle famille recomposée, où sa belle-mère Viviane n’a pas l’air très aimante et agréable, et où ses deux demi-soeurs jumelles forment un duo duquel elle est exclue. Il aurait vraiment été très très lourd d’en rajouter plus pour faire passer le message …

Pourtant si. Le début a commencé à coups de marteau ? La suite va continuer à l’enclume. Alors, allons-y : le décès de l’une, le désespoir de l’autre, le malheur d’une mère, la déchéance du couple, la dépression, la solitude, l’abandon, le suicide, le handicap, l’impossibilité à vivre, la difficulté d’exister ….ah si, il manque le meurtre…

Et comment se sort-on de se marasme ? L’art vient à bout de tout, réveille ce qui est au plus profond de soi, permet de vivre et d’exister. Si, si, ce n’est pas une plaisanterie, ni tant exagéré que cela, c’est le message narratif (ok, ok, avec un brin d’exagération).

Et pour finir, rien de vient vraiment lier tout ça. Il manque la subtilité d’un lien narratif qui existerait sans que l’on s’en rende compte, et qui permettrait à chaque évènement de se retrouver dans un autre avec finesse. Ce qui est exact, c’est que l’on retrouve bien dans les chapitres le titre du roman, « Petites Scènes Capitales » : les chapitres sont accolés, les uns aux autres, comme des petites scènes, indépendantes les unes des autres, et l’unité ne fonctionne pas.

Alors oui, il reste de belles phrases bien tournées, et des descriptions travaillées, mais Sylvie Germain en fait trop. Alors si l’on est intéressé par des exercices littéraires (même si parfois l’excès de recherche dans les tournures et la volonté de lyrisme tourne au ridicule), il ne faut pas hésiter, sinon, ces petites scènes n’ont rien de capitales.

Grand Prix des lectrices Elle En lisant les avis des co-jurées de ELLE, si certains point de vue se retrouvent, il existe comme une impression d’être passée à côté de quelque chose …. Voir les avis de Galéa, d’Eva, de Coralie, d’Anne et de Pascale.

Grand Prix des Lectrices de ELLE
Sélection Catégorie Roman



Sylvie GERMAIN, Petites scènes capitales
Parution : Août 2013 – Albin Michel

8 réflexions sur « Petites scènes capitales – Sylvie Germain »

  1. Je te confirme que pour le Funder, tu vas rester un peu tout seule …. En revanche, j’ai un immense a priori positif sur le Ozeki, et je vois qu’il prend le dessus sur Petites Scènes, ce qui me plait beaucoup ! En tout cas, tu as raison, l’écriture de S. Germain mérite le détour, et je pense que je vais en lire un autre

  2. L’écriture a beaucoup joué pour moi, mais je n’en garde pas un très bon souvenir. Par contre tu as raison c’est exagéré de tous les côtés. Mais en sautant d’une belle scène à l’autre j’ai plutôt apprécié

  3. Je l’ai davantage aimé que toi, parce que sa plume m’a vraiment plu, mais c’est vrai qu’il y a une surenchère de malheurs là-dedans et qu’il manque peut-être un supplément d’âme pour que le roman soit réussi. Ceci-dit jusqu’à Ozeki, c’était celui de la sélection que j’avais préféré (avec le Funder…oui je suis très seule dans mes choix).

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