Paul Verlaine – Stefan Zweig

Stefan Zweig - Paul Verlaine - Le Castor Astral

Paul Verlaine, la première des biographies de Stefan Zweig, publiée en Allemagne en 1905 alors qu’il avait 23 ans, et inédite en langue française jusqu’alors.

Il est étonnant de constater qu’une biographie de Zweig ait pu rester non disponible en langue française depuis plus d’un siècle. Même si son texte est assez court, même si ce n’est pas son meilleur (un petit excès de lyrisme l’alourdit parfois un peu), cette lecture reste vraiment intéressante et montre l’intérêt de Stefan Zweig pour la littérature française et la poésie en particulier (il s’était déjà essayé à traduire Baudelaire et Rimbaud).

Il s’agit par ailleurs de la première monographie sur Paul Verlaine.

L’édition du Castor Astral est en plus accompagnée d’une préface écrite par Olivier Philipponnat, qui connait son sujet, puisque c’est lui qui a rédigé l’introduction, les notices et la bibliographie du volume « Les grandes biographies » (Pochotèque de Livre de Poche), qui regroupe les autres essais biographiques de Stefan Zweig (Emile Verhaeren, Marceline Desbordes-Valmore, Romain Rolland, Joseph Fouché, Marie-Antoinette, Marie Stuart, Magellan et Balzac).

Le Castor Astral fait en plus un choix judicieux. Le texte littéraire de Stefan Zweig est suivi d’une biographie de 1922, rédigée dans un style plus documentaire, plus neutre, qui faisait office d’introduction à l’édition allemande des oeuvres complètes de Verlaine. Loin d’avoir l’impression de lire deux fois le même texte, le parallèle donne au contraire deux visions de la vie du poète qui se recoupent et se complètent, et décrivent bien son côté bourgeois qui devient bohème, sa rencontre et ses relations avec Arthur Rimbaud, ses frasques d’artiste alcoolisé, emprisonné et tardivement converti.

Et pour finir, le duo Verlaine / Rimbaud est tellement évident et incontournable, qu’une traduction de « Arthur Rimbaud » accompagne les deux textes biographiques de Verlaine, comme si l’un ne pouvait exister sans l’autre, pour conclure sur quelques poèmes de Stefan Zweig.

Pour les lecteurs qui ne connaissent pas Stefan Zweig et veulent le découvrir, ce n’est peut-être pas le meilleur texte pour appréhender au mieux la qualité de l’écriture de l’écrivain autrichien, mais c’est un texte parfait pour découvrir l’intérêt et l’admiration de Zweig pour l’oeuvre du poète, et ses réserves pour certains défauts de l’homme.

L’avis de Livre d’Après.

Les premières lignes (hors préface) :

Les oeuvres des grands artistes sont de muets témoignages des vérités éternelles. Sur la face du Balzac de Rodin se lisent en lettres d’airain la turbulence, l’insoumission, la douleur du geste créateur, le grand talent du poète n’est donc pas plénitude et exaltation généreuse, mais incertitude de celui qui est en quête de secours et de délivrance.

La 4e de couverture des éditions Le Castor Astral :
(ou Présentation différente sur le site Le Castor Astral)

La France et la poésie sont les premières amours de Stefan Zweig. L’écrivain n’a jamais rien tant aimé que sortir un poète de son « obscurité apparente ». A la demande de l’éditeur berlinois Schuster und Loffler, il compose une monographie consacrée à Paul Verlaine. Cet ouvrage est le premier essai biographique de Zweig, alors âgé de vingt-trois ans.

Le luxueux petit ouvrage, suivi de traductions de poèmes parmi les plus emblématiques de Verlaine, paraît en 1905 dans la collection « Die Dichtung » (« La Poésie »), illustré de documents reproduits dans la présente édition. Celle-ci se complète de « La Vie de Paul Verlaine ». Ce récit purement biographique paru en 1922, en guise d’introduction à l’édition allemande de ses oeuvres complètes, s’accompagne d’un autre texte sur Arthur Rimbaud, son ami le plus proche. L’ouvrage est clos par trois poèmes de Stefan Zweig.

Le Verlaine de Stefan Zweig, coeur de l’ouvrage, n’avait jamais été traduit en langue française.

Challenge un classique par moisStefan ZWEIG (1881-1942)
Paul Verlaine
Traduit de l’allemand (Autriche) par Corinna Gepner
Edition présentée par Olivier Philipponnat
Le Castor Astral, Avril 2015, 158 pages
VO : 1905

4 réflexions au sujet de « Paul Verlaine – Stefan Zweig »

  1. Jusqu’alors je n’ai lu qu’un recueil de nouvelles de Stefan Zweig que j’ai adoré. Je n’ai pas encore tenté ses biographies, je ne commencerai donc pas par celle-ci (peut-être par celle de Romain Rolland ? ), mais je pense que je viendrai tout de même à lire aussi celle de Verlaine, plus tard… Merci pour le partage de lecture !

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