Passion arabe, Journal 2011-2013 – Gilles Kepel

Gilles Kepel - Passion arabe - Gallimard

Passion arabe, comme son titre l’indique d’ailleurs, est un journal, un roman témoignage sur les événements et révolutions qui ont embrasés le monde en 2011 et 2012.

Gilles Kepel commencera son voyage en mars 2011 – car il s’agit bien d’un voyage d’un pays à un autre pendant deux ans – par Israël, Palestine, par Jérusalem. Il nous emmènera ensuite en Egypte, en Tunisie et en Libye fin 2011. Il nous racontera la mort de Khadafi, et on participera alors avec lui, comme si on y était, à la visite du cadavre, que les hommes viennent regarder par curiosité, humilier par vengeance (des photos d’ailleurs sont insérées dans le livre).

En 2012, le voyage continuera, le Sultanat d’Oman, le Yémen, de nouveau l’Egypte, la Libye, la Tunisie, puis le Qatar, Bahreïn, l’Arabie Saoudite et le Liban, le Turquie et la Syrie. Gilles Kepel semble introduit partout, à tous les niveaux de la société, un jour, c’est un ami du peuple, le lendemain un haut dignitaire, un sultan, puis un professeur. On passe d’un dîner protocolaire à un thé intimiste.

Gilles Kepel comprend les arcanes de ces pays, les enjeux politiques, stratégiques et religieux, comme quelqu’un qui se passionne depuis quarante ans, c’est à dire comme personne. Pour chaque pays, s’il est le témoin des événements présents, il replace dans son contexte historique chaque pays, pour ne pas perdre son lecteur, en effectuant des allers-retours entre réalité historique et souvenirs personnels de ses précédents voyages, en tentant de rester clairs et précis.

Ce livre est bien écrit, cela ne fait aucun doute, et c’est une mine de renseignements totalement fascinante. Mais c’est également un livre très dense, à la limite de l’énoncé encyclopédique ou documentaire pur, qui nécessite probablement, pour pouvoir s’intégrer intégralement dans ce témoignage, de connaissances préalables sur les pays arabes, et des termes s’y rapportant. A défaut, certains passages sont parfois fastidieux, on s’y perd, et avons-le, il a fallu s’accrocher pour pouvoir en venir à bout.

Certaines n’ont pas réussi à le lire jusqu’au bout, comme Enna par exemple.

Grand Prix des lectrices Elle
Grand Prix des Lectrices ELLE 2014
Sélection Catégorie Document

Les premières lignes de Passion arabe, Journal 2011-2013 :

Il n’y a plus une chambre disponible dans la capitale de tous les rêves arabes. A l’heure où les palaces d’Egypte et de Tunisie sont désertés pour cause de révolution et où les snipers ont pris position aux fenêtres des hôtels d’Alep, ici les immenses centres commerciaux climatisés regorgent de chalands venus du monde entier à l’occasion du Dubaï Festival.

La présentation de Passion arabe, Journal 2011-2013, par Gallimard :

Le 17 décembre 2010, à Sidi Bouzid, une ville du centre de la Tunisie, Mohamed Bouazizi, vendeur ambulant de fruits et légumes, s’immole par le feu – et embrase le monde arabe. Les régimes de Ben Ali, Moubarak, Kadhafi sont précipités dans les flammes, et l’incendie porte à Bahreïn, au Yémen et jusqu’en Syrie.
En deux ans, les révolutions ont abattu des dictatures, mais fréquemment porté au pouvoir les Frères musulmans. Le salafisme prolifère, nourri du désenchantement de jeunes et de déshérités dont la pauvreté s’est accrue. Et al-Qaida, qu’on croyait enterrée, resurgit de la Syrie au Mali.
Que sont devenues la liberté, la démocratie, la justice sociale revendiquées par les «printemps arabes»? Quel est le rôle des pétromonarchies du Golfe dans l’arrivée au pouvoir des partis islamistes? Pourquoi le conflit entre sunnites et chiites est-il en train de détourner l’énergie des révolutions, tandis que la Syrie s’enfonce dans des souffrances inouïes?

Gilles KEPEL, Passion arabe, Journal 2011-2013
Parution : Mars 2013 – Gallimard

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(Dernière mise à jour : 05/02/2014)

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