Paris Gare du Nord – Joy Sorman

Joy SORMAN - Paris Gare du Nord - l'arbalète Gallimard

Ca commence un lundi 2 mai 2011, ça se termine une semaine plus tard, le dimanche 8 mai 2011. Paris Gare du Nord, un constat, un journal, un témoignage à travers les yeux et la plume de Joy Sorman.

Scandée par des titres et des heures, la découverte de la gare du Nord du côté de l’observateur et de l’intérieur. Les différences de service, d’autorité, de couleurs au sols selon qu’il s’agisse de la SNCF ou de la RATP.

Des règles inconnues du personnel de sécurité, des transporteurs, des conducteurs, des conduites incongrues de passants, de passagers, d’habitants.

A la première personnel du singulier, Joy Sorman écrit sur le vif pendant une semaine son expérience, ses observations. Elle constate, elle regarde, elle s’étonne, jamais elle ne juge.

Ce projet en immersion, comme elle l’explique à la fin de l’ouvrage, lui a été proposé par le festival Paris en toutes lettres. L’objectif était de se plonger dans la vie de la gare et d’écrire en temps réel, de poster « heure par heure, le récit de ce voyage immobile ».

Ce récit est antérieur à La Peau de l’ours, sorti en 2015 qui l’a fait connaître du public et à Comme une bête, mais a été écrit après Boys boys boys.

A chaque lecture de Joy Sorman, je suis étonnée par sa maîtrise et sa capacité à dire des choses simples et vivantes avec un ton naturel, avec beaucoup de pudeur et de sincérité. A chaque fois, ses mots résonnent en moi, ses phrases me parlent, je commence un livre et je n’arrive pas à le lâcher. Celui là, comme les précédents. Pourtant le thème ne m’intéressait pas de prime abord, même pas du tout. Mais ça marche. A chaque fois, j’ai envie d’aller encore plus loin dans son oeuvre. Elle ne me parle jamais de moi, et ses histoires n’ont que peu de résonance dans ma vie, et pourtant, j’ai le sentiment perturbant qu’elle choisit des mots à mon attention, qu’elle comprend ce qui me touche sans le dire. C’est une impression agréablement étrange, qui se répète, me dépasse.

Joy Sorman a une plume, une personnalité, une posture d’écrivain et d’auteure qui en font sa spécificité, un style fluide et vivifiant que je vous invite vraiment, si ce n’est déjà fait, à découvrir.


Les premières lignes de Paris Gare du Nord :
(Lire un extrait plus long)

16h40
Arrivée
Gare du Nord on sait déjà qu’il y aura foule, l’Europe qui débarque par le Thalys et l’Eurostar, on sait qu’il y aura des masses de voyageurs en transhumance sur les quais, des milliers de valises à roulettes, des vendeurs de journaux et des hommes d’affaires. Ca on le sait déjà, on le voit quand on va prendre son train, on n’est pas étonné.

La présentation des éditions Gallimard :

En mai 2011, Joy Sorman s’installe une semaine gare du Nord, pour voir. Sans jamais monter dans un train, un RER ou un métro, elle observe la gare à toutes les heures de la journée. Elle en rapporte ce récit, écrit sur le vif, d’une semaine passée là où d’ordinaire on ne s’arrête pas.


Joy SORMAN
Gare du Nord
L’arbalète Gallimard, septembre 2011, 98 pages.

11 réflexions au sujet de « Paris Gare du Nord – Joy Sorman »

  1. Je l’ai eu entre les mains sur son stand lors d’un salon du livre et j’ai pris autre chose. Je le lirai, ne serait-ce que parce que j’ai eu la chance de la côtoyer un peu lors de ce salon et que je l’ai trouvée à la fois très classe et franchement sympa.

    • Je l’avais beaucoup apprécié lorsque je l’avais vu à la Baule, lors du festival Ecrivains en bord de mer. Je ne lui avais pas parlé directement, mais je suis ravie de ce que tu dis, ça ne m’étonne pas du tout.

  2. Le genre de sujet qui ne m’intéresse pas, mais j’aime beaucoup Joy Sorman, « La peau de l’ours » et « Comme une bête » ont été des coups de coeur, donc par curiosité, je le lirais bien

    • Il ne m’intéressait pas non plus ce sujet, mais alors pas du tout, je peux te l’assurer, et elle arrive à en faire un truc bien. Elle est forte, sans aucun doute ;-)

  3. Quand un auteur trouve écho en nous, lorsqu’on apprécie sa plume, il peut écrie n’importe quoi et on est conquis. Je comprends très bien ce que tu peux ressentir, moi qui viens de terminer aujourd’hui même le dernier livre d’Olivier Rolin ;-)

    • C’est exactement ça Delphine, j’ai le sentiment qu’elle pourrait écrire sur n’importe quel sujet (et la Gare du Nord entre dans cette catégorie pour moi …), et ça fonctionne, j’accroche, j’aime et je me dis que je n’ai pas encore tout lu d’elle. Bon, il faut falloir que je lise le dernier Rolin alors ;-)

    • Je pense que c’est avec « La peau de l’ours » qu’elle est un peu sortie de l’anonymat. On n’entend pas énormément parler d’elle (je ne la connais pas, mais elle me parait assez discrète), et c’est dommage je trouve.

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