Paris est une fête – Ernest Hemingway

Ernest Hemingway - Paris est une fête - Folio

Paris est une fête n’est pas un roman linéaire et chronologique, mais une succession de moments, de tableaux décrivant la vie d’Hemingway au cours des années 1921 à 1926. Il n’a pas écrit ce texte de manière contemporaine aux moments vécus, mais sur mémoire. Ce n’est en effet qu’après avoir obtenu son Prix Nobel (1954), qu’il commença à écrire ces fameuses « Vignettes parisiennes », en 1957, et qu’il y travaillera jusqu’à son suicide en 1961.

Son livre, inachevé, fut publié de manière posthume en 1964 avec plusieurs ajouts des éditeurs. Récemment, le texte original non modifié est accessible aux lecteurs, avec des « vignettes » ajoutées par rapport à la publication d’origine.

Paris est une fête est donc un texte autobiographique, comportant des moments flashs et des moments phares des années 20, des souvenirs de rencontres et d’instants passés avec le critique Ezra Pound, le fameux Fitzgerald, avec Miss Stein, la description de flâneries parisiennes, de beuveries aussi, de discussions, de déplacements ailleurs que Paris, et des réflexions sur le travail d’écriture et la vie d’écrivain. Nul doute d’Hemingway aimait beaucoup Paris.

Découvrir tout ce monde nouveau d’écrivains, et avoir du temps pour lire, dans une ville comme Paris où l’on pouvait bien vivre et bien travailler, même si l’on était pauvre, c’était comme si l’on vous avait fait don d’un trésor.

Si certains passages sont très intéressants, je dois avouer que d’autres m’ont paru d’un intérêt moindre et certains textes m’ont semblé un peu répétitifs. J’ai en revanche adoré les moments décrits de rencontre et de partage (en particulier ceux avec Fitzgerald et son caractère d’enfant gâté), ainsi que toutes ses réflexions sur son travail d’écrivain.

A la suite des attentats du 13 novembre 2015, Paris est une fête s’arrache dans les librairies. Nul doute que le titre du livre en est l’une des principales raisons. Merci au travail du traducteur, « Paris » n’apparaissant pas dans le titre en anglais (A moveable feast). Ceci étant, comme de son vivant Hemingway avait appelé les textes qui composent ce livre des « vignettes parisiennes », nous retrouvons donc bien Paris !

Les avis de Titine, Alice et Delphine (qui ne l’a pas terminé).

Les premières lignes :

Et puis, il y avait la mauvaise saison. Elle pouvait faire son apparition du jour au lendemain, à la fin de l’automne. Il fallait alors fermer les fenêtres la nuit, pour empêcher la pluie d’entrer, et le vent froid arrachait les feuilles des arbres, sur la place de la Contrescarpe.

La 4e de couverture des éditions Folio :
(Sur le site Gallimard ou présentation différente sur le site Folio)

« Miss Stein et moi étions encore bons amis lorsqu’elle fit sa remarque sur la génération perdue. Elle avait eu des ennuis avec l’allumage de la vieille Ford T qu’elle conduisait, et le jeune homme qui travaillait au garage et s’occupait de sa voiture – un conscrit de 1918 – n’avait pas pu faire le nécessaire, ou n’avait pas voulu réparer en priorité la Ford de Miss Stein. De toute façon, il n’avait pas été sérieux et le patron l’avait sévèrement réprimandé après que Miss Stein eut manifesté son mécontentement. Le patron avait dit à son employé : « Vous êtes tous une génération perdue. »
« C’est ce que vous êtes. C’est ce que vous êtes tous, dit Miss Stein. Vous autres, jeunes gens qui avez fait la guerre, vous êtes tous une génération perdue. »"

Cette nouvelle édition restitue pour la première fois le texte original d’Ernest Hemingway et nous fait découvrir nombre de « vignettes parisiennes » restées inédites.

Ernest HEMINGWAY (1899 – 1961)
Paris est une fête
Trad. de l’anglais (États-Unis) par Marc Saporta et Claude Demanuelli
Edition présentée :
Folio, 2012 (revue et augmentée) 354 pages
1ère publication posthume : 1964
VO : A moveable feast

6 réflexions au sujet de « Paris est une fête – Ernest Hemingway »

  1. Je ne l’ai pas indiqué dans mon billet, écrit en 4ème vitesse, mais j’ai trouvé inutiles et barbantes les vignettes inédites tout à la fin du livre. Mais j’ai passé un excellent moment dans ce Paris de l’entre-deux guerres dans ce foisonnant Paris culturel !

  2. Je me suis personnellement profondément ennuyée. Mais je crois que c’est largement dû au contexte dans lequel nous l’avons lu, comme je m’en explique dans mon billet, que tu as eu la gentillesse de citer.

    • Le contexte est peut-être une raison, mais le livre en lui-même n’est pas un chef d’oeuvre, et si j’ai vraiment aimé certains passages, l’ennui m’a aussi surprise à certains moments.

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