Pardonnable, impardonnable – Valérie Tong Cuong

Valérie Tong Cuong - Pardonnable, impardonnable - JC Lattès

- Rentrée Littéraire 2015 -

Qu’il fait du bien ce livre ! Difficile de l’arrêter une fois commencé, de lâcher le petit Milo qui se retrouve dans un état grave, très grave, à la suite d’une chute de vélo, dont on ne sait s’il réussira à s’en sortir.

Plus que le fil directeur, Milo est le volcan en sommeil du drame latent qui va exploser. Son accident, qui arrive du jour au lendemain, percute de plein fouet tous les membres de la famille, les parents bien sûr, Lino et Céleste, la tante Marguerite et la grand-mère Jeanne.

A travers les 4 voix de cette famille, on se rend compte très vite qu’il devient le catalyseur de toutes les peurs, de toutes les craintes, de tous les ressentiments. Personne n’arrive à accepter cet accident, c’est inacceptable. Il faut donc un coupable, un responsable. Il doit nécessairement y avoir un responsable.

Bien sûr, cette responsabilité ne peut être que familiale. Et la famille de Milo s’enfonce doucement vers la désintégration à chaque page. Chacun essaye de composer avec sa douleur, avec l’autre, mais craque, chacun à sa façon, de manière différente, se culpabilisant, puis culpabilisant l’autre. Le résultat est le même, les rancoeurs explosent, les secrets s’émoussent, le passé ressurgit, les apparences se craquèlent, les façades tombent.

Ce choc familial est bouleversant de sincérité et de justesse. On en frémit parfois, en se disant, mais si c’était moi, je ferais quoi, je penserais quoi, peut-être la même chose … On s’agace d’une pensée de l’un, on acquiesce à une pensée de l’autre, on déteste les paroles de celle-ci, pour finalement condamner celui-là. On réagit, et c’est très fort, comme les personnages de ce livre, sans certitude, dans le doute, mais dans l’espoir aussi.

Ce livre fait mal, mais fait du bien aussi, parce qu’il parle d’amour, des épreuves, de la vie. Certains passages pourront paraître un peu faciles, et certaines ficelles un peu épaisses. Pardonnable ? Impardonnable ? Pardonnable bien sûr.

♡ ♡ ♡ Je suis ressortie de ce livre secouée, mais avec un grand sentiment de soulagement et de bien-être, une énorme envie de lire le premier livre de Valérie Tong Cuong, L’Atelier des miracles, et aussi, de lui dire : Merci Valérie, oui vraiment, Merci.


Les premières lignes :

Elle se retourne, sourit, inspire avec lenteur pour souligner l’importance de l’entreprise. Se remet en position, tête inclinée. Prête à partir.
Et puis non.

La présentation des éditions JC Lattès :

Un après-midi d’été, alors qu’il se promène à vélo sur une route de campagne, Milo, douze ans, chute et se blesse grièvement.
Ses parents Céleste et Lino et sa grand-mère Jeanne se précipitent à son chevet. Très vite, chacun va chercher les raisons de l’accident. Ou plutôt le coupable. Qui était avec lui ce jour-là ? Pourquoi Milo n’était-il pas à sa table, en train de faire ses devoirs, comme prévu ?
Tandis que l’angoisse monte autour de l’état de Milo resurgissent peu à peu les rapports de force, les mensonges et les petits arrangements qui sous-tendent cette famille. L’amour que chacun porte à l’enfant ne suffira pas à endiguer la déflagration. Mais lorsque la haine aura tout emporté sur son passage, quel autre choix auront-ils pour survivre que de s’engager sur le chemin du pardon ?
Un roman choral qui explore la difficulté à trouver sa place au sein du clan, les chagrins et la culpabilité, mais aussi et surtout la force de l’amour sous toutes ses formes.


Valérie TONG CUONG
Pardonnable, impardonnable
Janvier 2015, JC Lattès, 340 pages

Challenge rentrée littéraire janvier 2015

20 réflexions au sujet de « Pardonnable, impardonnable – Valérie Tong Cuong »

  1. Quel beau billet (je me permets de faire un lien dans mon billet !), comme toi j’ai été secouée par ce roman, et malgré qq réserves, j’ai moi aussi très envie de lire ses autres romans :)
    Cajou

    • Merci Cajou, c’est très gentil :-) C’est vrai qu’il secoue, même s’il n’est pas parfait, et il secoue tellement qu’on en oublie ses petits défauts.

    • J’attends un peu, mais je vais lire L’atelier des miracles sans faute ! Comme tu dis, ça fait du bien, peut-être à lire lors d’un moment un peu « mou », pour reprendre de l’énergie !

  2. Tu cites quand même « passages un peu faciles, ficelles un peu épaisses ». Ou le lecteur passe au -dessus et se laisse prendre par les personnages ou il ne sent plus que ça et perd le contact. Dommage parceque j’ai ressenti les bonnes choses que tu cites.

    • Je comprends tout à fait qu’on ne puisse voir qu’une succession de problèmes – je ne l’ai pas mis en coup de coeur pour ça -, et qu’on perde le contact, comme tu dis, j’aime bien ton expression, elle m’arrive souvent, mais pas pour ce livre.

  3. Laure, pardonnez-moi, ça m’a fait rire que vous ayez eu envie de dire à Valérie quelque chose du genre « merci pour ce moment ». Pardon, pardon…

  4. Je ne sais pas pourquoi, j’ai peur du mièvre avec cette auteure, c’est d’ailleurs pour ça que je n’avais pas lu le précédent. J’attends ton grand coup de coeur mais je vois que cette rentrée littéraire est déjà réjouissante pour toi.

    • C’est clair, je me régale ! Je comprends parfaitement ce que tu crains, si on peut le craindre parfois, elle ne passe jamais la limite, ce n’est jamais mièvre, juste très humain.

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