Oona & Salinger – Frédéric Beigbeder

Frédéric Beigbeder - Oona & Salinger - Grasset

– Rentrée littéraire 2014 –

Oona & Salinger raconte l’idylle très très romancée du grand écrivain Salinger, auteur de L’attrape-coeurs, avec la future femme de Chaplin et fille de Eugène O’Neill, lorsqu’elle est encore Oona O’Neill avant de devenir Oona Chaplin.

Pourquoi ce livre ? Déjà, parce que Frédérick Beigbeder est un grand fan de Jérome David Salinger, qu’il a tenté de l’interviewer en 2010 trois ans avant sa mort de l’auteur, et ne pourra désormais plus jamais le faire. A la place, il écrit ce livre.

Ensuite, visiblement parce qu’au moment où il apprend cette rencontre de Oona et Salinger, il avait très envie de raconter une histoire d’amour (comme un écho à celle qu’il vivait alors – et vit toujours à ce jour) et semble en avoir utilisé le prétexte.

En effet, l’expression « histoire d’amour » semble bien exagérée : il semble en réalité n’exister entre Oona et Salinger qu’une idylle platonique de jeunesse très éphémère et très très extrapolée par Frédéric Beigbeder, et de surcroît, à sens unique.

Et c’est un peu le problème de ce roman, qui annonce certes une fiction, mais dont j’attendais plus de faits réels, historiques et concrets. Or, le lien réel Oona/Salinger semble surtout exister dans le titre du livre. Mon attente n’a donc pas été remplie, mais je dois reconnaître qu’elle était inadaptée, car le livre est bien annoncé comme un roman de fiction, non comme un livre historique.

Ensuite, même s’il parle moins de lui que dans ces précédents romans, j’ai quand même eu le sentiment de lire les mots de l’histoire d’amour contemporaine de Beigbeder lui-même, comme s’il se cachait derrière Salinger pour en parler, ce qui expliquerait le manque de recul et le caractère assez mièvre de certains propos.

De la même manière, l’échange épistolaire entre Oona et Salinger, totalement inventé, – Beigbeder n’ayant pas été autorisé par la famille Chaplin à avoir accès aux lettres réelles – ne réussit pas à convaincre, est parfois carrément gnangnan, comme certains dialogues d’une banalité et d’un désintérêt stupéfiants.

En revanche, les références réelles, les rencontres, bien que rapides, avec Hemingway et Truman Capote, relèvent le livre, et c’est lorsqu’on est dans le vrai que ce roman devient finalement intéressant.

Pour cette même raison, la fin du livre m’a beaucoup plus intéressée, lorsqu’il développe le côté plus historique concernant Salinger et sa participation à la Seconde Guerre mondiale, son traumatisme, comme s’il était plus à l’aise. J’ai pris un réel plaisir à lire cette partie.

Cela reste un livre dont la lecture ne m’a pas ennuyée. Il ne s’agit pas d’un livre très littéraire, c’est facile à lire, l’écriture est assez proche d’un style parlé, ne contient pas de grande phrases, ni de vocabulaire compliqué, et m’a donné envie d’en savoir plus sur Oona Chaplin.

BibliomaniacsCe n’est pas le but, c’est de la littérature détente, facile et assez légère. Il ne faut pas en attendre beaucoup plus.

On en parle dans le Bibliomaniacs d’Octobre 2014.

Les premières lignes de Oona & Salinger :

Quand on demandait à Diana Vreeland si ses souvenirs les plus extravagants étaient factuels ou fictifs, elle répondait : « It’s faction. »
Ceci est un livre de pure faction.

La présentation par les éditions Grasset (4e de couverture) :

« Il arrive un moment, dans certains pays, à certaines époques, où les hommes semblent attendre un événement important et tragique qui permettrait de résoudre tous les problèmes. Ces périodes sont généralement nommées : avant-guerre. Elles sont assez mal choisies pour tomber amoureux.
En 1940, à New York, un écrivain débutant nommé Jerry Salinger, vingt et un ans, rencontre Oona O’Neill, quinze ans, la fille du plus grand dramaturge américain. Leur idylle ne commencera vraiment que l’été suivant … quelques mois avant Pearl Harbor. Début 1942, Salinger est appelé pour combattre en Europe et Oona part tenter sa chance à Hollywood.
Ils ne se marièrent jamais et n’eurent aucun enfant. » F.B.

Challenge RL 2014Frédéric BEIGBEDER, Oona & Salinger
Parution : Août 2014, Grasset, 336 pages

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(Dernière mise à jour : 30/09/2014

10 réflexions sur « Oona & Salinger – Frédéric Beigbeder »

  1. Les critiques étaient étant vraiment excellentes, j’avais bien envie de le lire. Mais ton billet m’a quelque peu refroidie ! Surtout lorsque tu parles du côté gnangnan de certains passages !

    • Ah oui Titine, tout le monde ne sera pas d’accord avec moi, mais une chose est sûre, c’est que certains passages sont vraiment gnnnnnangnnnnnnan 😉

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