La nostalgie heureuse – Amélie Nothomb

Amélie Nothomb - La nostalgie heureuse - Albin Michel

La nostalgie heureuse est un court roman autobiographique, dans lequel Amélie Nothomb renoue avec le Japon pour notre plus grand plaisir, pour peu qu’on ne soit pas allergique à Nothomb bien sûr !

Le pitch est simple. Amélie, qui n’était pas retournée au Japon depuis seize ans – elle l’avait quitté en décembre 1996 – s’apprête à y retourner. Nous sommes en février 2012. On lui propose de réaliser un reportage sur son enfance japonaise, projet qu’elle accepte, persuadée qu’il n’aboutira pas. Elle avait tort, et partira donc au Japon du 27 mars au 6 avril 2012.

Amélie va donc nous raconter avec son humour habituel, certaines rencontres, certains événements, comme par exemple, les étapes pour retrouver le numéro de téléphone de son ancien « fiancé » Rinri (celui que l’on avait découvert dans Ni d’Eve, ni d’Adam) qu’elle n’a pas recontacté depuis plus de vingt ans. Elle retournera sur le sol de son ancienne école, rencontrera pendant quelques heures sa nourrice Nishio-san, avec une émotion pudique et puissante.

Revenir sur son passé n’est pas chose facile, retrouver des personnes que l’on aime bouleverse, mais c’est avec une légèreté et un détachement parfaitement « Nothombien » que l’on va suivre les émotions d’Amélie, ses retrouvailles et ses déconvenues. Sa semaine se vit comme des épisodes, des étapes, un peu à la façon de « Martine à l’école » : nous avons Amélie à l’école, Amélie à Kobé, Amélie dans le train, Amélie et son éditeur japonais … Certes, le roman parle d’Amélie, tourne autour d’Amélie, est centré autour d’Amélie. Allergique s’abstenir, c’est du Nothomb autour de Nothomb.

Ceci étant, certains événements sont racontés avec une ironie bienveillante qui fait sourire, pour cacher semble-t-il une émotion que l’on sent latente à chaque ligne, une réserve et une sensibilité réelles. Ce court roman se lit facilement et rapidement, le style d’Amélie Nothomb – quand elle ne sort pas de son chapeau des mots improbables – reste léger et sans complexité.

Cela fait du bien de lire un livre facile et agréable, car cette douce mélancolie des retrouvailles et du souvenir n’est pas de la nostalgie triste, cette notion qui n’est pas japonaise apprend-t-on, mais de « la nostalgie heureuse » (« Natsukashii »), « l’instant où le beau souvenir revient à la mémoire et l’emplit de douceur ». Car oui, en fermant ce petit roman, le lecteur aussi se sentira emplit d’une douce nostalgie heureuse.

Les premières lignes du roman La nostalgie heureuse :

Tout ce que l’on aime devient une fiction. La première des miennes fut le Japon. A l’âge de cinq ans, quand on m’en arracha, je commençai à me le raconter. Très vite, les lacunes de mon récit me gênèrent. Que pouvais-je dire du pays que j’avais cru connaître et qui, au fil des années, s’éloignait de mon corps et de ma tête ?

La présentation laconique de l’éditeur Albin Michel (4e de couverture) de La nostalgie heureuse :

« Tout ce que l’on aime devient une fiction ».

Et aussi, cet avis en audio :

Amélie NOTHOMB, La nostalgie heureuse
Parution : Août 2013 – Albin Michel

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(Dernière mise à jour : 01/05/2014)

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