N’oublie pas les oiseaux – Murielle Magellan

Murielle Magellan - N'oublie pas les oiseaux - Julliard

N’oublie pas les oiseaux est un récit autobiographique … qu’il n’était pas nécessaire d’écrire de façon si ennuyeuse.

L’histoire est très simple, c’est une histoire d’amour réussie/ratée. Elle est jeune et fascinée par cet homme sexy et plus âgé qu’elle, qui va mourir d’un cancer.

Non, ce n’est pas dévoiler le livre, on le sait dès le début.

Lui, c’est un coureur, un dragueur, et le restera toute sa vie. Elle, elle est amoureuse, et le restera toute sa vie.

Pour garder le mystère autour de cet homme artiste (ils le sont tous les deux), il est « le Russe » ou « l’homme slave », formules répétées et re-répétées jusqu’à l’étouffement.

Il ne se passe globalement rien pendant plus de 300 pages, si ce n’est leur histoire du jeu du chat et de la souris et les pensées d’une amoureuse « très fllle », du style : je l’appelle, je ne l’appelle pas, il m’aime, il ne m’aime pas, mais …s’aiment-on ? Je suis triste, je suis dépressive, il est revenu, je suis heureuse, il est parti, je suis retriste ….

Sans oublier que le lecteur a droit à des extraits des divers journaux intimes tenus (des vrais extraits), d’un intérêt …très personnel : « j’ai flirté avec Francis hier » « je pense à Francis avec qui j’ai envie d’établir une relation plus grave », « A l’aéroport, Francis avait les larmes aux yeux », « Francis ne craint pas de répéter je t’aime vingt fois si le coeur lui en dit », « Francis va mal … il mérite tellement mieux ».

Ah si, on a également droit tout au long du livre, avant chaque extrait des confessions, à la couleur et au support des divers journaux intimes : Carnet Conquérant bleu ciel, Carnet Clairefontaine rouge à carreaux, Cahier vert à rayures, journal informatique I, etc, etc.

Je comprends parfaitement que le décès de l’homme aimé donne envie d’écrire sur lui, d’en parler, de ressasser et d’en reparler encore, mais il est possible de le faire de façon intéressante.

Je m’attendais à lire une histoire agréable d’amour et facile, oui, c’est très facile à lire, le style est sans prétention, mais ce n’est ni intéressant, ni drôle, ni touchant, juste répétitif et rébarbatif.

Les premières lignes de N’oublie pas les oiseaux :

C’est l’histoire d’un amour.
C’est l’histoire vraie d’un amour.
Cet homme complexe que je raconte a existé, et la jeune femme obsessionnelle qui l’a aimé et qui dit « je » aussi. C’est moi.

La présentation de l’éditeur Julliard :

Une jeune artiste débarque à Paris, des rêves plein la tête. À l’école de chansons ou elle étudie, elle est subjuguée par l’un de ses professeurs, de plus de vingt ans son aîné. Autour de lui, les femmes défilent, attirées comme des papillons de nuit par la lumière. Comment capter son attention ?

Pleine de bruits et de fureur, cette histoire s’étend sur vingt ans et retrace les soubresauts d’une passion au long cours. Elle brosse le portrait d’un homme complexe et attachant, à la fois pygmalion, ami, amant, compagnon et père, qui se révèle être un don Juan impénitent. Mais elle décrit aussi l’éclosion d’une femme à la force insoupçonnée, qui se construit et se découvre au fur et à mesure qu’elle tente d’échapper au piège d’un amour absolu et dévorant.

Pour son troisième roman, Murielle Magellan a choisi la voie du récit autobiographique. Une démarche littéraire qui lui réussit, comme si son histoire, au fil des pages, nous racontait aussi la nôtre.

Murielle MAGELLAN, N’oublie pas les oiseaux
Parution : Janvier 2014 – Julliard

Challenge rentrée d'hiver 2014

16 réflexions sur « N’oublie pas les oiseaux – Murielle Magellan »

  1. J’ai reçu ce livre sans le demander et je me suis dit « Ouïe, encore de l’autofiction ! « .. Le principe de parler et de débiner un mort m’a profondément gênée, mais j’ai été émue par la toute fin, celle qui réunit les frères et j’ai aimé le style. Je relirais bien l’auteure dans tout autre chose. Je t’ai rarement vu si dure, dis-donc. Mais tu as raison, quand on a lu de très bonnes critiques, qu’on achète le livre et qu’on est déçu, on a le droit de mordre un peu.

    • Je n’ai pas beaucoup de coups de griffe, c’est vrai, je trouve presque toujours quelque chose de positif dans un livre 🙂

      Mais il est rare qu’un livre me déplaise à ce point. C’est vrai que j’ai souffert pour arriver au bout, ce n’est pas mon style de livre du tout. La déception est d’autant plus grande que les critiques sur les blogs étaient positives, tu as raison.

  2. Moi aussi je n’ai pas aimé ce livre, je me suis ennuyée tout du long, je n’ai pas réussi à trouver de l’intérêt à l’histoire. Et je n’ai senti aucune émotion surtout ! J’étais bien contente de l’avoir fini, mais il ne m’en ai rien resté… complètement creux pour moi.

    • Ah ben en effet, je n’avais pas lu ! Tu as raison, j’ai oublié de dire qu’on se ressent aucune émotion, pas même de l’empathie.

  3. Ce livre faisait partie de ceux que j’avais envie de lire car j’en avais entendu du bien sur les blogs. Et puis ton billet arrive comme une douche froide. Ce que tu en dis ne me donne absolument plus envie de le lire car cela semble ressembler à tout ce que je déteste : trop de mièvrerie et de la littérature cheap.

    • C’est tout à fait comme cela que je l’ai ressenti … mais si les autres blogs l’ont trouvé bien, c’est peut-être mon nouveau cas de « vilain petit canard » 😉

  4. Ce roman a eu beaucoup de billets enthousiastes, tu sais… ^_^ Tellement qu’en dépit du sujet (la fille qui tombe amoureuse d’un coureur de 20 ans de plus qu’elle) j’ai tenté l’aventure. Abandon rapide, ça m’énervait, comme prévu, cette histoire, je sens que j’aurais passé mon temps de lecture à râler, genre « mais tu vas ouvrir les yeux ou quoi? » ou « mais c’est quoi ce type? ».
    L’homme slave est nommé, bien évidemment, en dépit de sa célébrité, je ne connaissais même pas son nom avant.
    Sinon, je n’ai rien à dire contre l’écriture, je pourrais tenter un autre roman de l’auteur (si ce n’est pas si autobiographique)

    • Je sais, je sais, c’est bien pour ça que je l’ai lu 🙂 J’aime bien en plus les histoires d’amour, mais comme toi, ça m’a énervé et surtout, profondément ennuyé, même si elle concerne quelqu’un de connu (c’est Francis Morane me semble-t-il) 😉

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