La mort selon Turner – Tim Willocks

Tim WILLOCKS - La Mort selon Turner - Sonatine Coup de coeur !

Tim Willocks nous fait entrer dans son polar un mardi matin, dans une chaleur meurtrière, avec une voiture à 140 km/heure, un cadavre avec trois balles dans le ventre, du sang qui noircit, et le meurtrier au volant, c’est notre flic noir, Turner, sans peur, mais pas sans reproche.

Le suspens s’installe illico, et on se retrouve, après quelques pages seulement, deux jours plus tôt, le dimanche à la sortie d’un bar, avec un deuxième cadavre sur les bras. La mort selon Turner porte bien son titre, des cadavres, on en croisera plusieurs, comme celui d’une SDF noire, écrasée par un jeune et riche blanc, à l’issue d’une soirée plus qu’arrosée. Dirk et ses acolytes venaient s’encanailler dans un clandé en plein Township.

Nous sommes en Afrique du Sud, aujourd’hui, les pauvres noirs versus les riches Afrikaners. Le massacre de Marikana date de cinq ou six ans, la police n’hésite pas à tirer, la corruption est un mode de fonctionnement courant, la loyauté une denrée rare, la violence et la criminalité une banalité.

C’est dans ce cadre que l’adjudant Turner, trompettiste, adepte du Hsan-I et des arts martiaux chinois, silencieux et policier déroutant va se battre, coûte que coûte, pour défendre les droits de la SDF noire, qui n’intéresse personne, sauf lui, avide de justice et ayant à coeur de faire respecter ses droits. C’est LE héros par excellence, avec son côté dark, et il suffit d’arriver à une certaine scène dans un désert pour en avoir des frissons…

Ce livre est rapide, rouge sang et d’une efficacité éprouvante. Les pages se tournent toutes seules, le rythme est haletant, deux jours où tout va basculer pour l’adjudant Turner et les personnages qui l’entourent. Les scènes se vivent en images à chaque page, on croirait être un lecteur-caméra qui tourne un film, c’est bourré de testostérone, de violence et d’actions sans presque aucune période pour reprendre son souffle.

Outre l’action, Tim Willocks montre un visage de l’Afrique du Sud bien loin des clichés optimistes de l’après Apartheid, avec un message politique marqué sur les déviances locales. J’ai vérifié, les lieux existent, c’est réaliste, ça fait froid dans le dos.

La mort selon Turner est aussi exceptionnel que le sublime Green River, qui m’avait fait découvrir Tim Willocks. C’est décidé, je n’attends plus, et m’attaque prochainement aux deux premiers tomes de sa Trilogie Religion, que j’ai laissé de côté bien trop longtemps.

Lecture en duo avec ma chère Béa, qui m’écrivait par sms « C’est rythmé, nerveux… vraiment bon ! ». Elle a parfaitement raison, et son avis le confirme !

Prix littéraire :
Prix le point du Polar Européen 2019

Tim WILLOCKS, La mort selon Turner
Sonatine, octobre 2018, 384 pages

6 réflexions sur « La mort selon Turner – Tim Willocks »

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