Millénium 4, Ce qui ne me tue pas – David Lagercrantz

David Lagercrantz - Millénium 4 Ce qui ne me tue pas - Actes Sud

Impossible de ne pas lire Millénium 4, de passer à côté du plaisir de retrouver Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander, la tentation était vraiment trop forte. La déception l’est tout autant.

L’intelligence artificielle est au coeur de ce 4e volume qui, rappelons-le, n’est pas écrit par l’auteur des trois précédents volumes, Stieg Larsson décédé en 2004, mais par David Lagercrantz, choisi pour écrire la suite. L’appel au boycott existe et la polémique enfle. Soit, mais le livre en tant que tel ?

Les cent premières pages sont un peu longues, le temps de resituer le contexte du journal Millénium qui a des difficultés financières, de positionner Mikael Blomkvist, en journaliste d’investigation intraitable, d’évoquer très tard la fameuse Lisbeth, hackeuse hors pair, et d’exposer l’intrigue centrée sur les mystères du codage informatique, et sur les dons d’un jeune autiste.

Puis l’action prend son envol, tout se passe en quelques jours, entre le 20 novembre et le 3 décembre. Des poursuites, des méchants avec des armes, Lisbeth en superwoman, Mikael Blomwkvist qui débarque toujours à propos, des surprises dont je ne dirais rien. C’est un livre d’actions plus ou moins crédibles, qui fonctionne, même si le manque de réalisme de certains passages entraîne une lecture un peu en dent de scie, et m’a donné l’impression d’entrer/sortir de l’histoire, selon les passages.

La vraie déception, c’est que Millénium 4 n’est pas la digne suite de Millénium.

Je n’ai pas vraiment retrouvé l’ambiance nordique qui était présente dans les trois précédents volumes, beaucoup plus en intériorité et subtilité. Je n’ai pas retrouvé la sincère conviction de Mikael Blomkvist, ses valeurs intangibles humaines et de confidentialité (il fait des erreurs non dignes de lui). Je n’ai surtout pas retrouvé Lisbeth Salander, ses blessures, ses silences et finesses. On dirait ici une héroïne de Comics, et ses réactions ne m’ont pas toujours paru compatibles avec le personnage de la trilogie.

Finalement, alors que j’avais été totalement avalée par les trois premiers volumes (oui, je suis une grande grande fan), je suis restée ici assez extérieure à l’histoire, n’ai pas été accrochée par les personnages, ni les principaux, si les secondaires et regrette les grosses ficelles de série télévisée à l’américaine. Je salue cependant les explications précises et techniques de l’intrigue qui ne sont pas ennuyeuses, et ce n’était pas gagné.

Les premières lignes :
(ou lire un extrait plus long)

La 4e de couverture des éditions Actes Sud :

Elle est une hackeuse de génie. Une justicière impitoyable qui n’obéit qu’à ses propres lois.
Il est journaliste d’investigation. Un reporter de la vieille école, persuadé qu’on peut changer le monde avec un article. La revue Millénium, c’est toute sa vie. Quand il apprend qu’un chercheur de pointe dans le domaine de l’intelligence artificielle détient peut-être des informations explosives sur les services de renseignements américains, Mikael Blomkvist se dit qu’il tient le scoop dont Millénium et sa carrière ont tant besoin. Au même moment, Lisbeth Salander tente de pénétrer les serveurs de la NSA…
Dix ans après la publication en Suède du premier volume de Millénium, David Lagercrantz livre un thriller d’une actualité brûlante et signe les retrouvailles des personnages cultes créés par Stieg Larsson. La saga continue.

challenge-un-pave-par-moisChallenge RL 2015David LAGERCRANTZ
Millénium 4. Ce qui ne me tue pas
Traduit du suédois par Hege Roel-Rousson
Actes Sud, Août 2015, 496 pages
VO : 2015, Det som inte dödar oss

20 réflexions au sujet de « Millénium 4, Ce qui ne me tue pas – David Lagercrantz »

  1. bonjour j’ai longtemps hésité avant de le lire et j’aurais du me me fier à mes impressions premières car c’est réellemnt très décevant ce qui n’est pas surprenant.

    • Bonsoir Olivier,
      Malheureusement oui, c’est décevant, mais j’ai été un peu surprise quand même, car j’avais mis toute la polémique de côté, et je pensais vraiment retrouver l’ambiance Millénium. J’ai été surprise car je pensais que j’allais marcher…

  2. Je l’ai chez moi et je le lirai. Moi aussi j’ai été une fan, c’est pourquoi je n’ai pu résister tout en me doutant que cela allait être une déception.
    Mais chez Stieg Larsson aussi Lisbeth Salander est une super woman dont les exploits ne sont pas obligatoirement réalistes. Le modèle est Fifi Brin d’acier !

    • Je n’avais pas l’impression que c’était une superwoman dans la trilogie, certes, elle est « super » forte et rapide, mais je la trouvais plus secrète, plus blessée, plus sur la brèche qu’ici. A ma lecture, je ne l’ai pas retrouvée, et ça m’a embêtée. Globalement, je trouve que les personnages de la trilogie avaient un rien de subtilité en plus, mais c’est peut-être mes souvenirs qui sont faussés.

  3. Contrairement à toi, je ne suis pas une grande fan. J’ai lu le premier, que j’ai apprécié, mais pas les deux suivants. Je ne lirai donc pas celui-ci, d’autant que le côté « filon » m’irrite un peu…

  4. J’ai adoré la trilogie et je languissais voir les diverses réactions de la toile. De nombreux fans restent sceptiques face à ce volume 4. Je pense que je tenterai quand même de le lire pour me faire ma propre opinion.

    • Ce n’est clairement pas un mauvais moment de lecture, ce polar a les qualités et les défauts de pleins d’autres policiers. Mais ce qui m’a déçu, c’est que je n’ai pas retrouvé ce que j’avais aimé de la trilogie.

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