Mercy Mary Patty – Lola Lafon

Lola Lafon - Mercy Mary Patty - Actes Sud

Un titre fait de trois prénoms, pour désigner trois filles, Mercy Short, Mary Jamison et Patricia Hearst. C’est autour de cette dernière que Lola Lafon construit son roman. Patricia Hearst a été enlevée par le SLA, un groupe révolutionnaire. Elle se ralliera à leur cause.

Une fois n’est pas coutume, n’hésitez pas à faire un tour sur le net (et pourquoi pas sur Wikipedia, c’est parfois très pratique) si vous voulez en savoir plus sur Patricia Hearst – qui a réellement existé -, le roman ne fournira que les grandes lignes, et vous risquez de rester sur votre faim.

Ce livre est une déception à plusieurs niveaux. Je m’attendais à lire un roman sur le syndrome de Stockholm, à tort, mea culpa, ce n’est pas vraiment ça, et en tout état de cause, ce n’est pas ce concept psychologique qui est développé, mais la transformation de l’idéologie et de la pensée d’une adolescente.

Je n’ai pas réussi à m’habituer au parti pris d’utiliser « vous », pendant plus de la moitié du roman, pour s’adresser (via le lecteur) au personnage principal, qui n’est pas Patricia Hearst, mais Gene Neveva, une universitaire qui doit rédiger un document pour l’avocat de Patricia Hearst (qui ira en prison), et qui va engager Violaine, une jeune assistante pour l’aider.

Je n’ai pas non plus réussi à croire au personnage fantasque de Gene Neveva (même si elle a vraiment existé), ni à m’intéresser à Violaine, pas plus qu’au troisième personnage féminin. Elles représentent trois générations de femmes fascinées par le destin de Patricia Hearst. Le hic, c’est que je n’ai été ni fascinée, ni intéressée par ces personnages, réels ou de fiction. J’allais oublier le dernier « personnage », le chien, qui a une place assez importante dans le récit, sans que je comprenne pourquoi.

Il est vrai que Lola Lafon a réussi à maintenir ma curiosité jusqu’au bout, je voulais en savoir plus, comprendre où cela me menait derrière une présentation parfois brouillonne et confuse, pourquoi j’étais tant perdue dans la narration et le déroulé du roman. J’avoue avoir trouvé la fin plus intéressante que le début, mais cela n’a pas suffit à me faire apprécier ce livre à sa (certaine) juste valeur.

Après s’être intéressée au destin de Nadia Comaneci, dans La petite communiste qui ne souriait jamais, Lola lafon s’est penchée une nouvelle fois sur un destin féminin. Elle explique son intérêt et son projet littéraire sur le site Actes Sud (lien ci-dessous). Cela permet de comprendre qu’elle était son intention.

Prix littéraire :
Sélection Prix Roman FNAC 2017


Les premières lignes :

Vous écrivez les jeunes filles qui disparaissent. Vous écrivez ces absentes qui prennent le large et l’embrassent sans en trier le contenu, élusives, leur esprit fermé aux adultes. Vous interrogez notre désir brutal de les ramener à notre raison.

La présentation des éditions Actes Sud :

En février 1974, Patricia Hearst, petite-fille du célèbre magnat de la presse William Randolph Hearst, est enlevée contre rançon par un groupuscule révolutionnaire dont elle ne tarde pas à épouser la cause, à la stupéfaction générale de l’establishment qui s’empresse de conclure au lavage de cerveau.
Professeure invitée pour un an dans une petite ville des Landes, l’Américaine Gene Neveva se voit chargée de rédiger un rapport pour l’avocat de Patricia Hearst, dont le procès doit bientôt s’ouvrir à San Francisco. Un volumineux dossier sur l’affaire a été confié à Gene. Pour le dépouiller, elle s’assure la collaboration d’une étudiante, la timide Violaine, qui a exactement le même âge que l’accusée et pressent que Patricia n’est pas vraiment la victime manipulée que décrivent ses avocats…
Avec ce roman incandescent sur la rencontre décisive de trois femmes “kidnappées” par la résonance d’un événement mémorable, Lola Lafon s’empare d’une icône paradoxale de la “story” américaine pour tenter de saisir ce point de chavirement où l’on tourne le dos à ses origines. Servi par une écriture incisive, Mercy, Mary, Patty s’attache à l’instant du choix radical et aux procès au parfum d’exorcisme qu’on fait subir à celles qui désertent la route pour la rocaille.


Lola LAFON
Mercy Mary Patty
Actes Sud, Août 2017, 240 pages.

12 réflexions au sujet de « Mercy Mary Patty – Lola Lafon »

  1. Je n’avais déjà pas été super emballée par La petite communiste, alors tout ce que tu dis sur ce nouveau roman ne fait que confirmer que ce n’est pas vraiment une auteure pour moi.

  2. J’ai vu un documentaire il y a plusieurs années sur P.Hearst sur Arte et consacré au syndrome de Stockholm – je crois que je vais rester là-dessus car je l’avais trouvé très complet et intéressant.

    • Tu as raison, l’effet syndrome de Stockholm est un effet psychologique passionnant ; ma déception est à la hauteur de mes attentes. Le livre ne traite pas de ce sujet, et je m’attendais à un traitement plus complet et plus approfondi. Dommage, j’ai raté le documentaire sur Arte.

  3. J’avais adoré La petite communiste, aussi étais-je très curieuse de découvrir ce nouvel opus de l’auteure. J’avoue qu’en le feuilletant, le choix de narrer à la deuxième personne m’a perturbée. Du coup, je ne me suis pas jetée dessus. Je pense que je l’emprunterai en bibliothèque…

    • Ce livre enthousiasme beaucoup de lectrices. Je crois que je ne suis pas vraiment faite pour les histoires centrées autour d’adolescentes, je dois être trop vieille ;)

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