Martin Eden – Jack London

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Martin Eden, le livre réputé pour être le plus autobiographique de Jack London, est surtout un excellent roman d’apprentissage sur les débuts d’un jeune et pauvre marin, le fameux Martin Eden, qui découvre l’accès à la culture, à la littérature et décide de devenir écrivain.

Il est envoûtant de découvrir l’apprentissage du jeune « Jack »/Martin. Sa persévérance, son opiniâtreté, ainsi que son caractère personnel et sans concession, son entêtement aussi, en font un personnage extrêmement attachant.

Même si l’on connait le caractère autobiographique de l’oeuvre, c’est surtout un livre extrêmement romanesque, le jeune Martin, bagarreur, sans tenu et miséreux, tombant amoureux de la jeune bourgeoise, Ruth Morse, cultivée et raffinée. Une histoire d’amour impossible, une fiction sur le mode la « riche beauté » et le « pauvre au coeur tendre », une variation de « la belle » et « la bête ». Mais la/le « bête » n’est pas toujours celui que l’on croit.

Ce qui est particulièrement marquant dans ce roman, c’est qu’au fur et à mesure de l’avancé de l’histoire, en même temps que Martin Eden apprend, développe son intellect, sa capacité de penser et de réfléchir, que sa plume s’affine et sa pensée se structure, le roman se développe et prend de la substance en même temps que son personnage. La naïveté du début fait place à des réflexions plus profondes, les phrases se transforment également, elles deviennent plus construites, plus complexes, elles illustrent la prise de recul et de hauteur du personnage.

Parallèlement, la critique de la bourgeoisie se fait plus précise, elle est moins enrobée, le personnage de Ruth – qui la représente dans sa version féminine et qui a le dessus sur Martin Eden au début du roman – perd de son aura, son esprit étriqué se fait plus visible, sa pensée formatée et sans originalité résultant de son milieu social devient de plus en plus fade et sans saveur en comparaison de l’évolution, de l’affirmation de celle de Martin Eden, de son caractère, de sa personnalité.

Un livre où la forme sert avec brio le fond, où la passion de la lecture et de l’écriture prennent une place prépondérante, aux côtés d’une critique sociale, mais également, aux côtés des affres de la création, de la reconnaissance et de la difficulté d’exister comme écrivain, comme un écrivain non seulement qui écrit, mais qui se fait publier. Un livre qui se dévore sans s’essouffler, avec beaucoup d’intérêt et qui donne des clés passionnantes pour entrer dans le monde de l’un des plus grands écrivains américains du XXe siècle.

A ajouter immédiatement à sa liste de lecture, si ce n’est déjà fait !

Lecture commune avec ma chère Béa Comète


Les premières lignes de Martin Eden :

Arthur ouvrit la porte avec son passe-partout et entra, suivi d’un jeune homme qui se découvrit d’un geste gauche. Il portait de grossiers vêtements de marin qui détonnaient singulièrement dans ce hall grandiose. Sa casquette l’embarrassant beaucoup, il allait la glisser dans sa poche, quand Arthur la lui enleva des mains.

La présentation des éditions 10/18 :

Martin Eden, le chef-d’oeuvre de Jack London, passe pour son autobiographie romancée. Il s’en est défendu. Pourtant, entre l’auteur et le héros, il y a plus d’une ressemblance : Martin Eden, bourlingueur et bagarreur issu des bas-fonds, troque l’aventure pour la littérature, par amour et par génie. Mais sa chute sera à la mesure de son ascension vers le succès : vertigineuse et tragique…


JACK LONDON (1876 – 1916)
Martin Eden
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Claude Cendrée
Folio, Février 1997, 448 pages
1ère édition française : 1926
VO : 1909, Martin Eden

22 réflexions au sujet de « Martin Eden – Jack London »

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