Marie Tudor – Victor Hugo

Victor Hugo - Marie Tudor - Folio Theatre

Dans cette pièce de Victor Hugo de 1833, Marie Tudor a l’image d’une femme fatale, d’une amante insatiable, d’une femme vengeresse, puissante et méchante. C’est bien ce qui fait le charme de cette fable amorale.

La Marie Tudor de l’Histoire (1516-1558), la première fille de Henri VIII et de Catherine d’Aragon, la Marie catholique qui était intransigeante sur la religion, plus connue sous le nom de Bloody Mary pour être à l’origine de la mort de plusieurs protestants, n’a pas grand chose à voir avec celle de Victor Hugo.

Quoique. La Marie Tudor de Victor Hugo est à sa manière à l’origine de nombreuses morts. Des cadavres de beaux jeunes hommes sont régulièrement retrouvés noyés, tous les matins, après des nuits torrides dont (presque) personne ne sait rien …Jusqu’au jour où l’un des cadavres n’est pas celui qu’il devait être.

La pièce de théâtre n’est pas longue. En dire plus serait supprimer la surprise de cet imbroglio amoureux, amical, familial et politique. Victor Hugo ne fait pas dans la finesse de l’histoire. Il en rajoute et en rajoute. Un peu trop peut-être ?

Non, il ne s’agit pas ici de lire une pièce de théâtre crédible, mais une fable romanesque à souhait, avec un amant officiel, Fabiano Fabiano, et des amants cachés, dans laquelle un souvenir ou un serment a plus de valeur qu’une vie ou qu’un engagement présent, où un cœur saigne de désespoir et une trahison est plus impardonnable qu’un crime sanglant.

Découpée en trois journées, cette pièce se lit avec facilité, mais il faut passer quand même le début, dont l’accroche n’est pas des plus prenantes, pour se laisser emporter par la suite dans la tragédie de ces rencontres amoureuses et dangereuses.

Marie Tudor est, dans les yeux de Victor Hugo, la digne fille de son père Henri VIII.

Les premières lignes de Marie Tudor :

Le bord de la Tamise. Une grève déserte. Un vieux parapet en ruine cache le bord de l’eau. A droite, une maison de pauvre apparence. A l’angle de cette maison, une statuette de la Vierge, au pied de laquelle une étoupe brûle dans un treillis de fer.

La 4e de couverture de l’édition Folio Théâtre :
(ou lien direct site Folio ou site Gallimard)

Vie joyeuse! vie joyeuse! Pendant que la reine rit, le peuple pleure. Et le favori est gorgé. Il mange de l’argent et boit de l’or, cet homme!… Et quel tyran que ce tyran qui nous gouverne de son lit! Jamais rien de si dur n’a pesé sur l’Angleterre… C’est une chose affreuse et insupportable de penser qu’un favori napolitain peut tirer autant de billots qu’il en veut de dessous le lit de cette reine!… Ah! ils mènent joyeuse vie, les amoureux, pendant que le coupe-tête à leur porte fait des veuves et des orphelins! Oh! leur guitare italienne est trop accompagnée du bruit des chaînes! Madame la reine! vous faites venir des chanteurs de la chapelle d’Avignon, vous avez tous les jours dans votre palais des comédies, des théâtres, des estrades pleines de musiciens. Pardieu, Madame, moins de joie chez vous, s’il vous plaît, et moins de bourreaux là. Moins de tréteaux à Westminster, et moins d’échafauds à Tyburn!
Première journée, scène I)

Challenge Victor HugoVictor HUGO
Marie Tudor
Edition présentée :
Folio Théâtre, décembre 2013, 330 pages
1ère représentation : 1833
Disponible en ligne (par exemple, Wikisource)

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