La Maison-Guerre – Marie Sizun

Marie Sizun - La Maison-Guerre - Arléa

La Maison-Guerre, c’est le nom que la narratrice donne à la maison familiale de son enfance, à la maison dans laquelle elle a été élevée par des oncles et tantes, sa mère actrice, Véra, ne venant la voir que de temps en temps, quant à son père, Marc, c’est l’éternel absent.

C’est donc à travers des souvenirs et des yeux d’enfant que l’on va découvrir cette maison remplie d’adultes et de non-dits. C’est la période qui veut cela, cette guerre qui fausse tous les actes, cette guerre dont tout le monde veut la protéger, ces mots que tous veulent éviter de prononcer.

C’est un livre typique sur le passé et les souvenirs, les petites choses du quotidien, les petits ou les grands secrets qui retiennent chaque mot, que l’on va découvrir petit à petit au fil des pages.

Le parti pris de faire parler la narratrice adulte, qui se souvient de son enfance, en faisant intervenir parfois le « tu » de la deuxième personne m’a un peu déboussolée, puis je me suis habituée, et j’ai totalement oublié ce choix narratif initialement gênant.

Cette lecture est agréable et cotonneuse, emplie de mélancolie et de douceur. Le manque d’action est remplacé par un style fluide et une histoire incarnée, par cette ambiance très bien rendue du passé poussiéreux et taiseux, des souvenirs dont on ne sait pas toujours s’ils sont douloureux ou joyeux.

Finalement, j’ai retrouvé ce que j’avais adoré chez La Femme de l’Allemand, mais avec un peu moins d’intensité, et si j’ai lu ce livre avec beaucoup de plaisir et en garde un bon souvenir, il s’estompe déjà pour devenir un souvenir un peu flou.

Les premières lignes de La Maison-Guerre :

Quand je suis fatiguée d’ici, des gens et des choses d’ici, c’est là-bas que je retourne. A la maison. C’est maison qui n’existe pas, qui n’existe plus. Cette maison qui ne m’a jamais appartenu.

La présentation de la 4e de couverture par les éditions Arléa :
(ou présentation différente sur le site Arléa :)

Quand je suis fatiguée d’ici, des gens et des choses d’ici, c’est là-bas que je retourne. A la maison. C’est maison qui n’existe pas, qui n’existe plus. C’est un jeu, délicieux et cruel, comme tous les véritables jeux. On peut le pratiquer partout, dans la foule du métro, ou quand, au coeur de la nuit, on se réveille dans l’étonnement triste de sa vie. Alors on s’en va, on retourne à la maison. La sienne. Chacun en a une. Pour moi, c’est la maison-guerre.

Challenge RL 2014Marie SIZUN
La Maison-Guerre
Janvier 2015, Arléa, 268 pages

6 réflexions au sujet de « La Maison-Guerre – Marie Sizun »

  1. Je le lirai certainement. Je suis Marie Sizun depuis ses débuts et je l’ai rencontrée plusieurs fois. Si on retrouve un peu de « la femme de l’allemand » je suis ravie car c’est mon préféré.

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